31 oct. 2016

Le crime d'Halloween ◆ Agatha Christie

Le crime d'Halloween Agatha Christie clublectureMS




Pour cette édition du club de lecture Mango and Salt, le choix du mois s'était porté sur Le crime d'Halloween, d'Agatha Christie. Même s'il ne s'agissait pas de mon choix premier, je me suis réjouie de ces retrouvailles avec Agataha Christie, que j'avais déjà rencontrée et adorée dans Les dix petits nègres.




Le pitch : Au cours d'une fête de quartier organisée pour les jeunes dans une petite ville d'Angleterre, un sinistre meurtre vient plonger toute la société de Woodleigh Common en émoi. Il faut dire que la petite victime Joyce, 13 ans, noyée dans le seau du jeu des pommes, venait d'affirmer à tous qu'elle avait été le témoins d'un meurtre, lorsqu'elle était plus jeune... 


Les thèmes : 
 ◆ le meurtre  la confiance ◆ les apparences  l'enfance 





J'ai eu beaucoup de mal avec cette lecture.
Et si j'ai mis beaucoup de mal à rentrer dedans, le temps m'a parut bien long en sa compagnie.
Je ne me suis pas attachée aux personnages, trop peu mis en avant dans le récit.

J'ai parfois décroché, trouvant que certains des noms composés et des fonctions qu'ils occupaient se ressemblaient beaucoup trop.
Je me suis parfois désinteressée de l'intrigue, a cause des personnages, encore et toujours trop balayés à mon sens.

Le thème de l'Halloween n'est qu'anecdotique. Il sert de prétexte à l'intrigue, et rien de spooky ne se
trame vraiment dans ce roman qui ne porte pas l'ombre d'une citrouille hormis une réplique, la seule assez mythique "Je n'ai jamais très bien compris: quelle est la différence entre une citrouille, un potiron et une courge?"

Je n'ai vraiment pas vu le coupable venir, même si j'avais une petite idée selon laquelle sa complice me paraissait plus que louche dans l'affaire.

Bref, c'était une déception.

Peut être est-ce parce qu'il faut lire certains romans d'Agatha Christie comme des romans qui se suivent.
Personnellement c'était la première fois que je rencontrais Hercule Poirot hormis dans son feuilleton sur TMC, et sa fameuse Ariadne Oliver. Introduits en coup de vent, j'ai eu la sensation d'avoir affaire à de parfaits étrangers, sensation qui ne m'a jamais quittée jusqu'au dénouement.

Peut être la difficulté de dater les évenements m'a ennuyée aussi. Les romans d'Agatha Christie, faut il les imaginer en fiacre, en Buick des 20ies ou en Simca 1100 ? D'après les caractères, les moeurs, les manières, j'avais l'impression que nous nous situions au début du siècle alors que le roman fut publié en 1969. Bon...

Agatha Christie ne s'embarrasse pas de descriptions des lieux et des personnages. Seuls comptent l'intrigue et le dénouement. Cet aspect des choses m'a refroidie voire désengagée de la lecture de son roman.

Bref, la sauce n'a pas pris pour moi.





(1890-1976) Agatha Christie, considérée comme l'auteur le plus lu et le plus influent dans le monde anglo saxon après Shakespeare, nommée la Reine du crime, décorée par la reine Commandeur de l'ordre de l'Empire britanique n'était qu'une petite fille timide et renfermée, dont l'éducation se faisait à la maison, et dont les parents trop victoriens cherchaient à tout prix à la marier, non sans l'encourager dans l'écriture. Son premier roman, elle l'écrit suite à un pari avec sa soeur, qui ne la jugeait pas capable d'écrire du policier (dans ta gueule, la soeur). 

Mariée à l'orée de la première mondiale, Agatha participe à l'effort de guerre en tant que chimiste pharmaceutique (idéal pour en apprendre sur les poisons), jusqu'à son divorce. Le succès de ses romans s'étend outre atlantique, et son second mariage avec un archéologue l'entrainera dans des fouilles palpitante en Asie mineure une bonne trentaine d'années (pas mal pour trouver des idées où planter le décor de ses romans). 

Profondément influencée par les personnages de Sherlock Holmes, ses enquêteurs, Hercule Poirot et Miss Marple pour les plus connus, se succèdent dans un bal d'enquêtes qui va durer plus de cinquante ans, et se décliner en plus de 50 ans romans, nouvelles et pièces de théâtre. Parmi les plus connus et les plus adaptés Les dix petits nègres, Le crime de l'Orient Express, Mort sur le Nil.



En format court, heureusement, les tenants et aboutissants de l'enquête d'Hercule Poirot ne m'aura pas emballée des masses, et cette lecture, somme toute assez pénible, m'a hautement déçue. Quelques points positifs tout de même, le fait que le meurtre pour une fois s'articule autour de l'univers de l'enfance, dans toute son horreur, et qu'à coup de meurtre dans un autre meurtre, on a du mal à démasquer le coupable.

Mais bon, on est loin de la patte éblouissante de l'auteur légendaire  et loin des succès policiers british indiscutables comme la série Broad Church. 

Je ne me démonte pourtant pas d'Agatha Christie, fabuleuse auteur qui m'avait subjuguée avec Les dix petit nègres.
Prochaine lecture de l'auteur : Le crime de l'orient express

30 oct. 2016

Diy Halloween bats

DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance




En définitive l'Halloween, ça representerait quoi pour nous, en France ? Carrément rien. Quedalle. Du vide. Nada. Du vent. Alors pourquoi est-ce qu'on en parle autant ? Parce que sans comprendre ce qu'est ce délire exactement,  il faut avouer qu'on les envie vraiment les anglo-saxons pour leurs investissement démesuré dans des fêtes de l'autre monde. 

Alors, en grande amatrice de noir invétérée, j'ai décidé d'assumer mon attrait pour l'ésotérique et de me placer sous le signe de la noirceur et du morbide en organisant ... une Halloween party, la première depuis celle de mes 11 ans ah ah ah... 

Il faut dire qu'habiter dans un appartement Haussmanien, ça s'y prête parfaitement, les fêtes d'Halloween. Y aurait moyen de faire un truc époustouflant, avec un peu de temps, de l'énergie et un bon budget conséquent. Malheureusement dépourvue des trois, je relève quand même le défi de faire quelque chose de bien, avec une algodystrophie de la cheville (traduction : l'obligation d'aller s'asseoir toutes les 5 minutes, et la possibilité de devoir tout lâcher en plein milieu) et un compte en banque à sec. Ben oui, c'est la fin du mois. 

Pour commencer cette série de DIY creepy, je me suis échauffée avec les chauves souris d'Halloween. 
Effet bluffant en deux temps trois mouvements. 




DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance


Matériel nécessaire
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Pour réaliser ce DIY, il faudra... 

- une paire de ciseaux
- un feuille de papier noir (moi j'ai utilisé le quart d'une feuille de papier Vivaldi format raisin de chez cultura : 0,99€)
- une feuille de papier blanc basique (pour faire des test de gabarit)
- un crayon à papier
- du masking tape 

Cout de la fabrication : A peu près 2€… 

DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance


Etape 1
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Esquisser sur du papier blanc la taille désirée de la chauve souris, histoire de pouvoir bien visualiser ce que ça va donner. 
Moi j'ai opté pour deux gabarits différents. Un de 8cm, l'autre de 13cm.

Etape 2
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Plier une feuille blanche en deux.
Dessiner la forme de la chauve-souris en veillant bien à ce que le visage de la chauve-souris se trouve sur le pli. 
Tu peux te servir de ma forme en imprimant mon gabarit, si ça t'aide. 
Découper la chauve-souris. Une fois satisfait de la taille et du résultat, garder précieusement cette chauve souris blanche découpée : on s'en servira  comme gabarit. 

DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance


Etape 3
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Plier son papier noir en deux. Et reporter le gabarit blanc à l'aide du crayon à papier, toujours dans le sens du visage de la chauve souris sur le pli. Pour optimiser l'espace, tu peux rapprocher un maximum les dessins de chauve souris les uns des autres, mais je te déconseille de faire se chevaucher les traits, sous peine de te rendre la tâche particulièrement difficile.
DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance

Etape 4
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Découper les chauves-souris en suivant le tracé au crayon. Les déplier pour leur donner du relief. Tadam ! 


Etape 5
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Se servir de bouts de masking tape pour pour attacher les chauve-souris là où tu le souhaite.
Moi j'ai utilisé deux techniques. L'une où j'étale le masking tape autour de mon support en collant les deux extrêmités au dos des ailes. L'autre ou je roule le morceau de masking tape sur lui même, de sortes que je puisse coller ma chauve souris sur n'importe quelle surface. 


DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance
DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance
DIY Halloween bat chauve-souris papier paper déco ambiance
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Et voilà ! C'est joli, c'est graphique, c'est creepy, ça se décline en plusieurs tailles, ça coûte rien du tout et ça s'insinue partout. 

26 oct. 2016

Harry Potter and the cursed child

Harry Potter dans the cursed child J.K Rowling potterhead



Ô joie.
La suite des aventures d'Harry Potter. On en rêvait tous. Surtout si comme moi, tu avais chialé toutes les larmes de ton corps en refermant le tome 7, et une part de ta jeunesse avec.

Alors en apprenant que l'auteur avait remis le couvert, j'ai eu des palpitations, comme tous les potterheads de France du monde entier.

Harry Potter and the cursed child n'est cependant pas le 8ème tome qu'on attendait tous. Il ne s'agit que d'un script de pièce de théâtre, actuellement jouée à Londres à guichet fermé sur des mois et farouchement gardée par le hashtag #keepthesecret.

Paru en Juillet 2016 outre-manche et sachant qu'il fallait attendre Octobre pour espérer lire la traduction française chez Gallimard, j'ai pour ma part vite renoué avec les bonnes vieilles habitudes que j'avais fomenté depuis le tome 5, et je me suis procuré la version en V.O, pas franchement déterminée à attendre la sortie française ( et peu désireuse de me prendre un spoil en pleine gueule ).

Dans un anglais très accessible, (bon faut quand même pas être le dernier des polyglottes) j'ai avalé les pages sans vraiment faire appel au dictionnaire, et des quelques mots nouveaux que j'ai appris, je me souviendrai toute ma vie de la traduction du mot "spare".





Le pitch : Lord Voldemort est vaincu. La paix s'est installée durablement. Harry Potter est entré dans la légende. Vingt ans ont passés. Mais pour Albus Potter, fils de l'Elu, rien n'est rose : il peine à trouver sa place dans le monde des sorciers. Alors que passé et présent s'entremêlent dangereusement, une nouvelle prophétie plane sur sa tête : celle de l'enfant maudit.  




Les thèmes : 
 ◆ le poids du passé  le fardeau famiial ◆ l'amitié
 le pouvoir  le temps  la nostalgie  la magie







Article garanti sans Spoilers. Chaque fois que me langue fourche vers l'irrémédiable, je te le signale par le mot SPOIL, et si le coeur t'en dit, tu peux surligner la suite pour faire apparaitre les mots.



Au début, j'ai crié au scandale. J'étais prête au Rowling Bashing. 
Les premières pages sont d'un ennui mortel, dans la même lignée du douteux épilogue des Reliques de la Mort.J'avais l'impression de lire une mauvaise fanfiction, et je me disais mon dieu, mon dieu, mon dieu... pourquoi ce massacre ? 
Pas franchement fan de la tendance next gen, je ne voyais pas pas l'intérêt de suivre l'histoire de la descendance des personnages d'Harry Potter. 

Et puis, au détour d'une page, une petite étincelle.
C'est infime et ne se transformera pas en brasier qui t'étreint durant des heures, mais ça te happe un peu et tu as cette sensation chafouine de déterrer un petit quelque chose qui t'avait manqué.

J'ai retrouvé la Magie de J.K Rowling avec SPOIL la scène où la petite vendeuse de bonbons du train devient redoutable, cette règle dans laquelle le fantastique surgit de l'élément dont on s'y attend le moins. L'équation surprise + magie est infaillible, délicieuse et constitue la marque de fabrique qui a assuré le succès de l'auteur. 

L'histoire devient clairement intéressante à partir de l'Acte I, scène 11. 


  • Les personnages


Si j'ai trouvé certains personnages sans substance, (James Potter, Lily Potter, Rose Granger-Weasley: aucun intérêt), Rowling parvient à nous faire nous attacher aux personnages d'Albus et Scorpius SPOIL, deux loosers qui partagent une amitié hors du commun, les personnages centraux du récit, finalement.

Les personnages secondaires, bien que pas si secondaires que ça, sont nos personnages fétiches, Harry Potter, Ron Weasley, Hermione Granger et Drago Malfoy. 

Si Harry et Hermione ont bien mené leur vie et brillent de réussite SPOIL au Ministère de la Magie, Ron, SPOIL bourré à son mariage, travaille au magasin de farces et attrapes, se ridiculise de pages en pages et ne se définit au final que par sa sensibilité et sa gentillesse. Tristement dommage pour lui, qui n'avait déjà que peu confiance en lui et n'a jamais pu s'extraire de cette situation apparemment.

Malfoy est méconnaissable SPOIL presque gentil, un peu carpette, poète maudit papa poule,
et j'ai aimé ce petit quelque chose d'infime et de discret qui le relit au trio infernal, sous une forme complexe et subtilement amicale. 

Harry est maladroit, pas franchement à la hauteur de son rôle de père, beaucoup trop tourné vers le passé et plutôt agaçant.

Ginny est encore et toujours un pot de fleurs, tout va bien, rien ne change. 

Seule Hermione relève le niveau en devenant un super femme de pouvoir épanouie à qui tout réussit, sans jamais prendre le melon et tout en gardant sa gentillesse et son dévouement habituels.

J'ai aimé retrouver quelques bons vieux potes en les personnages de Snape, Hagrid, Dumbledore et Moaning Myrtle. Cette petite pointe de nostalgie m'a fait sourire. McGonnagal pourtant plus présente, est froide et distante, dommage. 

Delphi Diggory, personnage peu réussi, n'est pas franchement très crédible. 


  • Le format pièce de théâtre


Tu l'auras peut être remarqué, il n'y a pas que le nom de Rowling sur la couverture. Ce texte est co-écrit par plusieurs personnes. Deux acolytes exactement. Jack Thorne et John Tiffany.
Et c'est là où le bat blesse. Si certains affirment que J.K. Rowling n'est pas la plume derrière le texte d'Harry Potter and the cursed child, je défend la position que si, elle l'est au moins un minimum, simplement aiguillée par le metteur en scène et le dramaturge, plus habitué aux formats oraux (théâtre, radio, cinéma) que Rowling dont le style ne se prête qu'aux romans.

Les idées, je t'assure, sont d'elle. A mon sens, ça sent vraiment trop la patte Rowling.
Les descriptions en didascalie, probablement aussi, pour la plupart. 

S'il m'est arrivé plusieurs fois de crier "OOC! Harry n'aurait jamais dit ça comme ça !", je me suis aussi sentie terriblement familière avec les façons dont sont amenés les dialogues.

Au début déstabilisé par les successions de dialogues avec didascalies, on se fait très vite au format théâtre qui, s'il n'est pas le plus adapté à un récit du genre (on aurait bien voulu plus de descriptions, nous ) passe quand même crème.

L'histoire d'Harry Potter and the cursed child, s'étalant sur des années, le format théâtre a l'avantage de se prêter aux nombreuses ellipses que requiert le récit. 


  • L'intrigue



Si on ne devine pas rapidement de quoi va traiter cet opus des aventures d'Harry Potter, la quasi moitié du texte se contente de planter l'équilibre entre vieux et nouveaux personnages.

Car le propos central de l'histoire, c'est le temps. J'ai beaucoup aimé la façon dont Rowling l'exprime, le conçoit et l'explore.

Même si cet aspect des choses accuse beaucoup trop de fan service dans si peu de pages. Tout est tellement tourné vers le passé. Clin d'oeil sur clin d'oeil, ça manque parfois d'un peu de subtilité.
De longs passages se situent au cours de l'épisode du Triwizard Tournament avec une certaine obsession pour Cedric Diggory.

Et comme d'habitude, la marque de fabrique Rowling, c'est aussi une trame d'enquête façon polar au sommet de toute cette magie.

Pourtant peu brillante pour deviner les dénouements d'histoires, l'élément suspicieux, je l'ai vu venir de loin cette fois-ci.

Quant à l'enfant maudit, SPOIL la fille de Voldemort et de Bellatrix Lestrange, Lollilol, si j'ai trouvé l'idée intéressante, elle m'a parut peu suffisamment exploitée. L'intrigue aurait gagné à être prolongée de quelques centaines de pages. Bon ok, plusieurs.

J'ai aimé la magie, le corollaire de l'esprit Harry Potter, qui m'  nous avait tant manqué.

J'ai aimé la noirceur, la gravité de ce texte, dans la lignée des derniers tomes Le Prince de sang mêlé et Les Reliques de la mort.

J'ai été émue SPOIL quand Harry est obligé de revivre la mort de ses parents, sous ses yeux cette fois-ci, main dans la main avec sa femme et son fils. 
J'ai été attendrie SPOIL par le profond amour de Ron et Hermione palpable dans toutes les réalités temporelles du texte.

Et j'ai particulièrement adoré la belle histoire d'amitié qui unit contre toute attente Albus et Scorpius, même si désormais du grain sera à moudre dans le monde de la potterfiction, si tu vois ce que je veux dire.



  • A qui s'adresse donc Harry Potter and the cursed child


Les fans de la première heure, qui pourraient être en âge d'avoir des enfants ? 
Les enfants ou les pré-ado de l'âge d'Albus et Scorpius ? 

Honnêtement quand on se trouve entre les deux, on l'a un peu dans l'os. Déception possible au rendez-vous. Intrigues faciles qui se comprennent rapidement, format court, sujets centrés sur la famille, Harry Potter and the cursed child a quand même de sacrés airs de gentille comédie familiale, loin des frissons que nous donnaient les trois ados dans leurs découvertes.  
Sans doute l'effet est-il plus saisissant avec les décors de théâtre.

Alors oui, je serais bien allée voir sur les planches londoniennes se jouer la pièce, même s'il faut raquer £90 pour ça.Quelques incohérences cependant m'empêchent de m'y précipiter. 
Si Harry est châtain, si Hermione est black, et si Ron n'est pas roux, stop, merci arrêtez tout, les hérésies des sagas, ça a tendance à me rebuter plus qu'autre chose. 





Du bon et du moins bon dans Harry Potter and the cursed child. C'est toujours un plaisir assez palpable de retrouver un morceau inédit d'Harry Potter quelque part. Parce qu'on a grandit avec, parce qu'on a passé des heures en compagnie des livres, parce que l'univers magique nous a transporté des années. 

En résumé, il y aurait carrément eu matière à écrire un 8ème roman, tous les potterhead en auraient certainement été ravis : peu d'univers ont su captiver à ce point depuis la fin de la saga, et rarement quelque chose d'aussi vibrant qu'Harry Potter a été fait sur nos pages/écrans depuis. 

J'ai lu la pièce d'un trait, me suis vite habituée au format script de théâtre, et j'ai franchement passé un bon moment. 

Si j'étais sceptique sur l'idée de la pièce de théâtre (mais qu'elle arrête un peu et qu'elle nous refasse des bouquins bordel tout le monde attend que ça), je salue J.K. Rowling qui, professeur avant tout, a dans l'idée de se servir de sa notoriété pour démocratiser art et littératures boudés par la jeunesse. C'est cool que les jeunes se ruent au théâtre et fassent la queue à Covent Garden comme s'ils allaient voir le concert de Muse au Stade de France. 

J.K Rowling pourrait se reposer sur son empire et nous écrire chaque année le nouvel épisode potterien d'une saga fleuve et infinie. Mais non, elle explore des choses nouvelles, n'a pas peur de prendre des risques et de se viander. En ça, elle a toute mon admiration.

Alors s'est-elle viandée avec Harry Potter and the cursed child ? 
La réponse est non pour moi. BIen que lourd de nombreux défauts et déceptions, Harry Potter and the cursed child possède suffisamment de qualités pour être apprécié de son public de potterhead, et, si je te conseille sa lecture, courte et différente de nos habitudes potteriennes, je t'enjoins à ne pas voir Harry Potter and the cursed child comme le 8ème roman qu'on attendait tous, mais comme un super bonus, une jolie parenthèse nostalgique, ouverte sur le monde des sorciers d'aujourd'hui. 

Le mot de la fin : Je mesure le cadeau qui a été fait à ma génération d'avoir grandit avec Harry Potter. C'est un don, celui du rêve et de la magie, c'est une expérience inédite qui nous aura été fait à nous plus qu'à tous les autres, à l'âge où l'on absorbe le mieux les choses. Et en ça, je me sens vraiment reconnaissante d'avoir eu pour contemporain l'auteur J.K. Rowling.

Je te laisse avec une jolie citation de Dumbledore, la plus belle de tout le récit.  


       " There is never perfect answer in this messy, emotional world. Perfection is beyond the reach of human kind, beyond the reach of magic. In every shining moment of happiness is that drop of poison : the knowledge that pain will come again. Be honest to those you love, show your pain. To suffer is as human as to breathe. "


#keepthesecret







20 oct. 2016

Le Lyrica dans la gestion de l'algodystrophie





Parce que la médecine ne sait pas vraiment comment soulager une algodystrophie, le médecin, dans son traitement de fond, a décidé de me prescrire du Lyrica pour la gestion de la douleur. 

Voyant la posologie qui s'étendait sur des mois, je me suis tout de suite méfiée. J'étais à deux doigts de refuser de le prendre. Et puis, j'ai fini par écouter ma Mamie, ancienne infirmière, qui m'a convaincue de faire confiance à la médecine. 

Alors j'ai fermé les yeux, j'ai avalé le premier comprimé, et j'ai pris soin de ne surtout pas lire la notice d'emploi, celle qui t'informe toujours des pires scénarios possibles et qui parvient à te faire hésiter à prendre un doliprane. 

Mal m'en a pris. 
Je regrette d'avoir croisé le chemin du Lyrica, comme j'ai rarement regretté quelque chose. 


Qu'est-ce que le Lyrica ? 



Le lyrica (pregabaline) est un médicament analgésique chimiquement apparenté à une substance présente dans le cerveau, l'acide gamma-amino-butyrique (GABA). Indiqué dans le traitement des douleurs neuropathiques périphériques et centrales chez l'adulte, il est davantage connu pour sa prescription anti-épileptique et également préconisé pour la traite de certains troubles anxieux généralisés. Son action s'exerce sur le cerveau où le médicament freine la libération de substances chimiques responsables de la douleur.
En 2011, le Lyrica faisait partie de la liste des 77 médicaments « sous surveillance » publiée par l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé)



Quatre mois de prise du Lyrica



Mon cousin, étudiant infirmier, m'avait mis au parfum, direct. "Quoi, tu prends du Lyrica ? C'est le truc qu'on donne aux épileptiques. Et aux vieux dans les maisons de retraite." Ahem. 

Je n'ai pas trop cherché à m'appesantir sur la chose, sinon, je savais que j'allais tout de suite couper court au traitement et fausser les diagnostics du médecin.

Au début la posologie était "peu importante", de "seulement" 100g par jour, sachant qu'on peut aller jusqu'à 300. Comme mon corps réagissait au traitement précédant à base d'injection de pamidronate, je m'étais on m'avait mis en tête que j'avais besoin du Lyrica pour affronter cette douleur nouvelle. Et puis, les douleurs ne faiblissaient pas, et j'avais mon échéance à Paris, à ne rater sous aucun prétexte, alors le doc m'a augmenté la dose, 150g par jour. Comme ça m'avait tout l'air de calmer les douleurs, j'ai continué ce train là, sur plusieurs mois. 

D'ordinaire très mauvaise dans ces régularités, je prenais religieusement soin d'ingérer les 150g quotidiennement, le moindre oubli du soir, que je rattrapais le matin même, se ressentait dans la cheville dès le réveil.

J'ai commencé à sentir le piège se refermer sur moi une nuit à l'hôpital, alors que Joseph le très gentil infirmier de nuit (médecin libanais non reconnu par l'Etat, une honte, ce mec était incroyable, un vrai médecin qui s'intéresse à ses patients) m'a dit que mon dieu, des doses si élevées, ohlalalala à mon âge c'était hallucinant. Il m'a dit qu'il dit qu'il fallait absolument que je fasse des mouvements, même allongée, "faites-le, s'il vous plait". J'ai dit oui, sans pouvoir tenir le rythme, parce que ça m'augmentait les douleurs.

Bilan au bout de 4 mois de prise quotidienne : +7kg.
M.E.R.C.I le Lyrica.


Effets secondaires ressentis 



Qui dit traitement de cheval, dit effets secondaires conséquents. 
Parmi cette liste digne d'un roman, j'ai observé sur moi les suivants :

- Grosse, grosse, grosse sensation de fatigue et d'endormissement aux premières heures après la prise. Impressionnant. Sensation de grosse, grosse lutte pour rester éveillée. S'estompe puis disparait au bout du premier mois. 
- Sensations de faim. Constantes. Ne s'estompe et ne disparait jamais. Ah ah. 
- Appétit d'ogre. 
- Brouillard, léger voile devant les yeux.
- Difficultés de concentration.
- Sensation de bouche pâteuse, assoiffée. Constante.
- Dérèglements rénaux
- Lenteur du cerveau et impossibilité de connexion qui dure parfois quelques secondes (rare)
- Empêche la consommation d'alcool (le lendemain matin, t'es encore bourré). #convivial

Notons quand même que sur la notice, est indiqué la possibilité de ressentir des pulsions meurtrières, envers soi même et les autres suite à la prise du Lyrica. #thisisnotajoke

Méthode de sevrage 


Sachant qu'il y a quelque chose d'addictif dans le Lyrica, qui fait qu'on ne peut l'arrêter brutalement. Sinon c'est pas drôle. Le processus de désengagement est le suivant : diviser de moitié de ta dose journalière pendant dix jours, diviser encore (on obtient la dose minimale) pendant 10 jours, puis une dose tous les deux jours pendant 10 jours. 
Sortie du traitement : durée, 1 mois. 

Méthode pour palier à la peur du sevrage 


Moins se servir du membre douloureux. La cheville, dans mon cas. Tenter de se raisonner en se disant que moins on s'en sert, plus vite ça guérira. Paye ta vie de merde en attendant. Oui, je sais. C'est long. Oui, je sais, je sais... C'est tellement long...

Bilan de prise du Lyrica


Je ne reconnais plus mon corps. 
L'inactivité physique (car impossible) couplée à cette putain de molécule a fait des ravages.

Je n'ai jamais pesé aussi lourd sur la balance, de toute ma vie, même dans les pires périodes de prises de poids (le stress de l'école d'art privée) qui m'avait quand même explosé la silhouette. Je vois les répercutions de ce fait sur mon corps, que je ne laisserai jamais s'installer de manière indélébile, mais qui me frustrent encore et toujours davantage. Cellulite, vergetures, des choses que mes cuisses ne connaissait peu voire pas jusque là. C'est plutôt moyen pour la confiance en soi, pour ne pas dire catastrophique. 


L'après Lyrica 


Suite à l'arrêt du Lyrica, je n'ai pas constaté de changement vis à vis de la douleur, ce qui me fait me dire que j'ai pris ce traitement purement et simplement pour rien.
Les effets secondaires se sont effacés et peu à peu, j'ai pu retrouver toute mon acuité mentale et toutes mes facultés de concentration.

Six mois plus tard, je dresse un bilan dont je ne peux dire avec certitude s'il est en conséquences directes de la prise du lyrica ou les cures de pamidronate ou quoi que se soit d'autre, sachant que je n'ai absolument rien ingéré de pharmaceutique depuis la prise de ce traitement.

Mon appétit s'est ouvert. De manière incroyable. Rien de ce que j'affectais de faire contre ne semblait marcher et je ressentais ce besoin d'avaler des choses, de manger, très très très fort. Ce besoin a mis des mois à se tarir.

Il m'est poussé des boutons. Des espèces d'excroissances de chair différentes de l'occasionnelle acné qu'il m'est arrivé de croiser un beau jour sur mon visage. Ceux-ci sont très difficiles à déloger.

Une sensation de soif m'habite continuellement, comme si cette faculté de mon corps s'était déréglée.

Il m'arrive désormais d'avoir mal à la tête, chose qui ne m'arrivait strictement jamais auparavant. C'est peu fréquent, absolument pas aussi fort que ce que subissent les coutumiers du mal de tête et les gens sujets aux migraines, mais c'est tout de même là.

Conclusion 


J'ai l'impression d'avoir pris du Lyrica pour rien. D'avoir ravagé mon corps pour rien. D'avoir endommagé mon cerveau gratuitement. J'aurais aimé que le médecin m'informe des effets secondaires de ce médicament, et me demande mon consentement, au lieu de m'administrer sa saleté comme on administre un traitement à une bête de ferme.

J'attendais qu'il ne me laisse pas trembler sur doctissimo pour glaner les informations qu'il ne me donnait pas, sans pouvoir faire le distingo entre les fables et les exactitudes. Sans compter les probables effets à plus long terme (prendre un truc qui a une action sur tes neurones, c'est pas d'un naturel fou). Donc non, merci bien. Cette saleté, plus jamais dans mon corps. 

Peut être le Lyrica a-t-il pu aider certaines personnes, d'autres corps, d'autres pathologies, d'autres niveaux d'algodystrophie. Dans mon cas il m'est apparut inutile et j'aurais préféré clairement ne jamais avoir croisé sa route.

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Tous les articles dédiés à l'algodystrophie sont regroupés sous le libellé Algodystrofuck


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