27 juin 2016

Le chant de la mer

le chant de la mer song of the sea
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Un beau jour, je suis tombée sur une perle. Et ceci n'a rien à voir avec le fait que Chapo me tanne pour le regarder depuis cayenne. Ni avec le fait que je me suis farcie beaucoup trop d'épisodes de Puffin Rock pour m'inspirer graphiquement ces derniers temps.

Une perle graphique, poétique, onirique. Un coup de foudre visuel. Made in les studios irlandais "Cartoon Saloon".

Le pitch : Ben a toujours vécu dans un phare au bord d'une falaise, avec ses parents et son fidèle chien (un gros berger britannique, tu sais, comme dans la petite sirène). Mais depuis la mort de sa mère, morte en couche, Ben peine à prendre en sympathie sa petite soeur. Petite soeur qui se refuse à parler, qui plus est. Terrifié par l'océan, quand elle semble y être attirée comme un aimant, les deux enfants n'ont décidément rien en commun. Résolument inquiète pour le bien de sa famille, la grand-mère décide de prendre la tutelle des enfants et de les amener vivre en ville. Il faudra cette cassure pour faire comprendre à Ben que sa vie, comme celle de sa soeur, ne peut se situer loin de la mer. 


Les thèmes : 
 ◆ le deuil  l'Irlande ◆ l'amour la Selkie 
◆la solitude  l'aventure  la mer  grandir   


Loin, loin, très, très, loin des dessin animés d'aujourd'hui quasi automatiquement en parti pris graphique 3D (parfois outrancière, disons-le) dont on nous abreuve, (perso, j'arrive à saturation) Le chant de la mer se démarque et frappe la rétine davantage que n'importe quelle Rebelle disney (mais quel ratage, ce disney-là), puisqu'on est dans le même registre de teintes irlandaises.

C'est avec poésie, douceur et délicatesse que Le chant de la mer s'enrobe de folklore celte et s'enroule autour du mythe de la selkie, cette femme qui se transforme en phoque à l'appel des profondeurs de l'océan.

Immense coup de coeur évidemment pour le travail visuel... Média traditionnel avec pourtant cette touche très moderne. J'ai sans doute particulièrement été sensible aux couleurs. L'équilibre est parfait, pour ce mélange mélancolique, plein de douceur et de poésie.

La musique, aussi délicate que le soin apporté aux détails visuels est franchement savoureuse. En gaélique, en plus. Le voyage est total.

Les personnages sont attachants. Le papa triste, la petite clairvoyante, le fils malheureux, la grand-mère insupportable, la sorcière hystérique...

J'ai pleuré à peu près non stop. Oui, ça me fait souvent ça, les dessin-animés réussis. Et ceci n'a rien à voir avec le fait que je l'ai visionné à l'hôpital dans le noir de ma chambre au 5ème étage, service "centre anti-douleur", avec l'adorable infirmier libanais Joseph qui me regardait bizarrement, à la limite de l'envie d'aller m'administrer un calmant parce que "c'est pas normal d'aimer regarder des choses tristes". Comment t'expliquer Joseph ? #arbremort.

Bref, tout ça pour dire que c'est un sans faute pour Le chant de la mer et qu'avec les studios Cartoon Saloon, primés pour leur travail, on a juste l'impression de renouer avec l'essence de ce qui nous me plaisait dans les films d'animation, à savoir le dessin pur, dans toute sa créativité et sa finesse.

A la direction artistique de ce film, un petit frenchie, Adrien Merigeau, qui doit avoir mon âge, le corniaud,  ainsi qu'une fine équipe de dessinateurs incroyables comme Steve McCarthy, Ciaran Duffy, Vincent Nghiem, Alice Dieudonné (encore une frenchie !).

Tu m'étonnes qu'au studio Cartoon Saloon ils soient squatté par les Gobelins croulent sous les CV des jeunes dessinateurs de toute l'Europe. Evidemment que non, traverser la manche ne serait pas un obstacle et que oui putain, j'irais on irait bien les poser mes nos valises à Kilkenny.

Ahem. Je m'égarre.
Tout ça pour dire que...

J'ai tout bonnement adoré le travail graphique, les thèmes, la narration, la douceur, la poésie et la mélancolie qui se dégagent de ce magnifique bijou, cette perle d'animation.

Et je conclurai mon article par la critique parfaite, celle du Twitch : "A timeless delight for all ages !"
Version frenchie pour les nuls en anglais : "Un délice intemporel pour tous les âges !"

A voir absolument.




9 juin 2016

Les Jolies Plumes ◆ Juin



Les Jolies plumes : Un atelier d'écriture pour bloggers. Un thème par mois. Une ode à ton imagination. Un huit clos entre toi, tes clavier et tes mots. Le tout à partager sans modération.


J'inaugure ma première participation à l'atelier des Jolies Plumes. 
Ce mois-ci, le thème c'était : "Toc Toc. Est-ce le facteur avec un colis, un ancien amour, un nouveau voisin qui vient d’arriver, un autre qui souhaiterait des oeufs, un admirateur secret qui a laissé quelque chose sur la palier ? Que se passe-t-il sur le pas de votre porte?"


Mécomptes de Minuit

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Toc, toc.
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J’ai le sourire désabusé, la main qui tremble un peu.
C’est mon nom qui s’affiche à l’écran. Oui, encore moi. Encore et toujours moi.

Je le devine, ton sourire en coin. Je sais qu’au fond, tu es ravie de le voir, ce petit nom en deux syllabes.

Ne me balaye pas du doigt. Ne me glisse pas dans tes spams. Ne me voue pas au néant du silence.
Je suis là. De retour. Un peu fébrile, peut-être aussi encore épris de toi.

Il est tard, je sais. Je t’écris tard. Je t’écris toujours tard.

Mais ne fais pas semblant.
Ne fais pas celle qui n’a pas lu, celle qui s’en fout.

Parce que je rends les armes.

Cette fois-ci t’as gagné, pas vrai ?

Cette bataille, cette joute, quoi que tu veuilles l’appeler.
Je me mets à nu. Juste un café. Juste une fois. Qu’on puisse parler, quoi. Je veux te voir. J’ai tellement de choses à te raconter.

Aller, au nom de l’amitié qu’on partage depuis tant d’années. Arrête de m’envoyer sur les roses. 
Remets-moi dans ta vie. S’il te plait.

Sois vraie, sois toi, sois franche.
Enlève ce masque de l’indifférence.

Non ? Très bien.
Il était beau mon message, pourtant. Littéraire, comme tu les aimes. J’ai dit des jolis trucs. Ça t’a pas suffit. 
Tant pis.

J’irai pas plus loin. Ça s’arrête là. Stop. Basta.
Et ça, ça t’angoisse. Je suis sûr que ça t’angoisse.
T’attends un geste.

Alors ok, je m’incline. Je vais le faire, ce geste. Pour toi.

Oh, et puis non.
En fait, je suis déçu. De tout. Et je suis lassé. Avec toi c’est toujours trop compliqué. Je replie mes troupes et ma bonne volonté. Je t’offre mon silence, ma fermeture, mon fuck à gorge déployée. Ouais, sans repentance. 
Je t’emmerde.

Tu m’emmerdes aussi, ça tombe sous le sens.
Aller, sans rancune. Accepte ma dominance. 

J’ai les yeux ailleurs, maintenant.
Bien fait pour toi. Je t’abandonne. Bannie. Ecrasée. Oubliée.


__________
Toc, toc.
__________

Tu me manques. C’est drôle, quand t’es pas là, tu laisses un vide. Pourtant ça défile, autour de moi. Je me les fais toutes. Ça devrait me suffire. Mais non. Je me sens seul. Je me sens con.

Ça m’apprendra. A être aussi con.

Aller reviens, s’il te plait. Rapproche-toi. Encore. Plus près.
Rejouons ce chapitre. Pour la énième fois…

Non ? Ce que tu peux être butée, comme fille. Je sais vraiment pas ce que je te trouve. Tu me soules.

T’as un mec, c’est ça ? Un autre mec ? Ouais, à tous les coups c’est ça, un autre mec... Ou non. Si ça se trouve, non, même pas.

Mais m’ignore pas, putain... Tu peux pas faire ça. J’ai peur… T’as pas le droit…
Puis de toutes façons tu sais pas faire. Tu sais pas m’ignorer. Ah, voilà. Je t’ai touchée. Je t’ai encore touchée. Bien.

Tu t’ouvres un peu. C’est cool. Mais c’est bon, maintenant. Je voulais juste voir si t’allais répondre. Non, non. Tu t’emballes. Mais je veux rien, moi.

Enfin, si. Je veux que tu me regardes. Tout le temps, toujours. Je veux ton attention braquée sur moi. Voilà, c’était qu’une piqure de rappel. J’ai pas l’intention de palabrer des heures. Maintenant laisse moi tranquille.

Puis tu me fais peur, aussi. T’es vraie, t’es frontale, t’es indomptable. C’est sexy. C’est bandant. J’adore.

Mais non. Ça te donne du pouvoir. Tu vas m’engloutir. T’es plus forte que moi. Tu rayonnes. T’es le chat, je suis la souris. C’est trop flippant. Non, non, c’est mieux comme ça. Aller viens, je te dépose au fond des oubliettes. 
A double tour dans les cachots. Je t’ai bloqué, ma belle. Je te veux plus.

Je suis parti.

T’es plus là.


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Toc, toc.
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Bon. De toutes façons, il faudra bien qu’on se reparle un jour.
J’ai besoin de savoir ce que tu deviens. Où tu es, ce que tu fais…

Ça me rend triste. Ça me rend triste ce que c’est devenu. Je te connais depuis que je suis ado. Tous ces moments gâchés… Je sais pas prendre soin des gens, moi. Fallait me montrer, fallait m’apprendre. Pourquoi tu l’as pas fait ?

Et puis c’est toujours pareil avec toi. Faut toujours que ce soit moi qui revienne. Je me traine à tes pieds, et toi , toi tu fais ta princesse !  

Tu veux des excuses, pas vrai ? T’en auras pas. Enrage. Vas-y, enrage bien. Rugis pour moi. 

Je t’ai touchée, je t’ai coulée.
Ce serait pas l’heure du sauvetage ? J’ai envie de m’approcher. Envie de te toucher. 
De te frustrer comme tu me frustres.

Mais pfff, je sais pas… Je sais plus. Je sais plus quoi faire de toi. Non, c’est bon. Laisse tomber. Je suis lassé. Je me retire. Tu m’effraies. Tu m’effraies beaucoup trop. Je veux pas devenir ta chose.

Alors voilà.

Toi et moi jusqu’à toujours, dans la tourmente et le désamour.
Non, tu ne gagneras pas. J’organise la riposte. Je planifie le retrait. Je te laisse encore. 
Je te laisse toute seule, tu sais ? A pas de velours. Je m’en vais.

Encore une fois, je t’abandonne.


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Toc, toc.
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Pourquoi je perds toujours au bras de fer ?
Je veux plus jouer. Je joue plus. Joue toute seule.
Comment ça j’ai pas vu que toi non plus tu jouais plus ?


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Toc, toc.
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Y a qu’avec toi, ça, tu sais ?
Cette forme de magie. Ce certain goût d’inédit.

Cette sensation étrange, lancinante et enveloppante qui me dit qu’au fond, j’arrêterai pas. J’arrêterai pas de venir taper à ta porte. Tant que tu ne me l’ouvriras pas.





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