27 janv. 2016

The Danish girl





Pour son sujet plutôt singulier, pour la beauté de ses costumes d'époque, pour son affinité artistique et parce que j'aime beaucoup Eddie Redmayne, il me tardait d'aller voir The danish girl.


Et maintenant que c'est chose faite, autant te dire que je suis mitigée.
Il m'a fallu réfléchir longtemps pour comprendre pourquoi The danish girl n'a marché qu'a moitié avec moi.

En sortant de ces 2h de salle obscure, on a clairement la sensation d'avoir vu un bon film et d'avoir passé un bon moment. Outre la beauté de l'histoire, la perfection dans la direction artistique - autant dans les décors que dans les costumes - le propos de fond, complexe, est traité avec beaucoup de finesse et de sensibilité.

Le film s'ouvre avec les premiers succès d'Einar Wagener en tant que peintre qui commence à être reconnu par ses pairs, attisant quelque peu la jalousie de sa femme, Gerda Wagener, également peintre de talent à qui personne ne daigne prêter attention et se finit avec l'opération de changement de sexe d'Einar.

J'ai on a pleuré. Parce que c'est triste. Parce qu'on ressent du fond du coeur la souffrance de Einar/Lili, son mal-être et sa douleur, tout comme on ressent -sinon plus- celle de Gerda, sa femme envers et contre tout.

Seulement voilà, quelque chose cloche.

J'ai eu plus de compassion pour Gerda que pour Lili. Alors que ça aurait du être le contraire.

L'histoire de Lili Elbe, premier homme de l'histoire à savoir tenté une opération de changement de sexe, n'est vue qu'exclusivement du point de vue du couple. Et ça forcément, ça change la donne. On ne s'attarde guerre sur les sensations d'Einar/ Lili. On bascule directement sur les répercussions du couple, au mépris bien souvent du point de vue de Lili en temps que personne individuelle à part entière. 

Du coup, ça dessert complètement la cause Transgenre. C'est horrible, parce qu'on a envie que Lili disparaisse. Et qu'elle nous ramène Einar. Alors que le film aurait du véhiculer l'inverse. Dans son journal Man into woman, Lili Elbe dit se sentir coupable du meurtre d'Einar Wegener.

On a envie de crier à Einar d'arrêter ses simagrées. Parce que c'est à Einar qu'on s'est attachés. C'est pour Einar qu'on a le coeur qui palpite quand il échappe de justesse à l'internement psychiatrique. On tremble presque de voir Lili déambuler dans la pièce. On a envie de hurler quand elle se couche avec sa perruque, dans les bras de sa femme. On sent trop l'horreur, l'angoisse et la détresse dans le regard de Gerda.

Ce qui fait que je n'ai pas réussi à m'attacher à Lili. Genre je n'ai pas réussi à bien aimer le personnage principal. En ça j'y vois un mauvais parti pris dans la réalisation.

Au niveau de la performance des acteurs, c'est pourtant du haut niveau.

J'ai trouvé Eddie Redmayne assez époustouflant. On le savait, qu'il était beau. Avec ces traits fins, ce visage fascinant. Mais après visionnage de ce film, tu le sais d'autant plus que Eddie Redmayne est beau. Dans cette incroyable transformation, ce n'est pas tant ses expressions du visage qui font mouche. C'est plutôt cette coquetterie dans le regard, affriolante, et surtout, surtout : ses gestes. J'ai été bluffée par la féminité de ses gestes, de ses postures.

Alicia Vikander, qui est plutôt du genre à me laisser indifférente,  - elle a pourtant des rôles généralement chouettes, de femme forte à qui il arrive des horreurs ( Testament of youth / Royal affair ), mais non, c'est étrange, j'ai du mal à bien l'aimer - livre une sublime performance et perce autant l'écran qu'Eddie Redmayne, le personnage principal. Je ne serais pas surprise qu'elle rafle l'oscar, cette année.

Cependant, sans me dire déçue, je reste assez perplexe.
Est traité dans ce film le comment. N'est absolument pas traité le pourquoi.
J'ai beau savoir, être consciente qu'une erreur de la nature peut nous attribuer un sexe qui n'est pas le notre, après tant d'années, je me demande toujours pourquoi. Pourquoi certaines personnes écopent de cette mauvaise blague à leur naissance. Pourquoi eux et pas moi.

Beaucoup d'incompréhensions, beaucoup d'interrogations, et avouons-le, beaucoup de craintes jalonnent le film.
On ne comprend pas pourquoi un couple si complice et si épanoui, amoureusement, amicalement, sexuellement, artistiquement n'arrivera pas à tenir la route. 
Je ne comprends pas pourquoi un peintre qui avait de grands rêves et avait choisi d'y consacrer sa vie se retrouve à ne plus vouloir toucher un pinceau (même s'il s'agit d'une histoire vraie). Il change juste de sexe, pas de personnalité.

Au final, ça se sent, qu'une seule partie de la véritable histoire a pris vie face à la caméra. Einar Wagener aura mis plusieurs dizaines d'années pour devenir Lili Elbe. Gerda Wagener aurait quelques tendances lesbiennes. Quant à son mari, au delà du transgenre, on lui aurait prêté une identité intersexuelle.

J'avoue pourtant m'être énormément retrouvée dans la personnalité de Gerda Wagener. Parce comme elle, je pense que l'amour n'est pas figé. Qu'il a plusieurs visages et qu'une fois qu'est tissé ce lien si fort, il ne peut s'évaporer. Parce qu'Einar est la personne la plus proche de sa vie. Et qu'au nom de cela, son amour ne se défera pas. Même lorsqu'il deviendra Lili. Elle comprend lentement qu'elle doit s'effacer, dire adieu à son mari qui ne l'est plus, ce qui ne va pas l'empêcher de faire preuve d'amour et de loyauté jusqu'au bout.

Bref, The danish girl reste une histoire extrêmement touchante. On en ressort avec des impressions, des sensations, des questions, en quantité. Même si tu restes silencieuse et désarçonnée, et même s'il te sort assez rapidement de la tête les jours qui suivent, tu sais que le film t'auras marqué d'une façon ou d'une autre. Et pour ma part, je sais qu'un jour je lirai Man into Woman, le journal relaté de Lili Elbe.

Quant à savoir s'il va parvenir à faire entrer du plomb dans le crâne toucher les homophobes, j'ai bien peur que The danish girl reste une déception pour la cause LGBT.
A en juger par les rires de hyènes des deux meufs (jeunes) derrière moi pendant la scène (un joli moment subtil et sensible) où Einar s'observe dans le miroir, en emprisonnant sa bite entre ses jambes histoire d'avoir l'impression d'avoir un vagin, je me dis que c'est pas gagné.

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En apprendre plus sur la véritable histoire derrière le film The danish girl ici 



18 janv. 2016

Je pleure une icône personnelle



Alan Rickman
(1946-2016)



Il est des gens qui nous inspirent, qui forcent le respect, sans que l'on sache trop pourquoi. Alan Rickman en faisait partie.

J'aimais les traits de son visage, et sa façon de s'en servir. Son nez fuselé, ses tempes marquées, sa bouche pincée et ce regard caverneux. On l'a rarement vu sourire, Alan Rickman. Et pourtant, il le faisait constamment. Avec les yeux.

J'ai toujours été impressionnée. Par ce charisme. Par ce flegme britannique.
Par ce qu'il se dégageait de lui. Quelque chose de chic, de la prestance, de l'élégance.

"Talent is an accident of genes and a responsability."




" I'm the character you are not supposed to like. "


Le classicisme à l'anglaise


Allan Rickman je l'ai surtout aimé/connu en costume drama. Parce qu'il en a fait beaucoup et parce que j'adore les costume drama. Et parce que ça lui va à merveille, les rôles du 19ème. Parce qu'il est brillant dans ces rôles emprunts du poids du passé. Mais ce n'est pas tant son élégance et sa classe à la gentleman anglais qui font de lui un inoubliable monument de cinema.

Peut-être juste ce coté très Shakespearien dans ses rôles.
Alan Rickman c'est toujours de la tenue, un dos bien droit, de la prestance. Un homme discret, plutôt dans la retenue. Quelque chose de ténébreux dans les attitudes.

Je n'ai jamais eu la chance de le voir se produire sur les planches de théâtre. Pourtant, ça m'aurait plu de le voir déclamer les vers de Shakespeare, entre autres.

Un homme inspirant


Alan Rickman n'avait pas spécialement prévu de dédier sa vie à la comédie. Initialement, sa passion, c'était le dessin. Il avait fait ses débuts en tant que graphiste dans une agence de com (high five, mate !) avant de se rendre compte que non, c'était bel et bien autre chose qui le possédait, c'était la scène. Il finit par intégrer la très prestigieuse Royal Shakespeare Company. Il se produit sur les planches, va jusqu'à voir son nom sur l'affiche à Broadway.
Et voici qu'à l'âge de 42 ans, il fait ses débuts dans le cinema. S'en suivra une brillante carrière internationale, depuis laquelle il ne délaissera jamais le théâtre. ll multipliera les rôles, jamais banal, toujours très différents. Deviendra vice-président de la Royal Academy of dramatic art. Grand lecteur, il écrira des scénariis, montera des pièces de théâtre, réalisera des films. Bref, un artiste complet.

" If you judge the character, you can't play it. "


Une belle histoire d'amour


C'est à l'école d'Art qu'il rencontre sa femme, à l'âge de 19 ans. Et c'est douze ans plus tard qu'il entame cette histoire d'amour, qui ne le quittera plus jamais. Ils ont tous les deux lâché le dessin. Il prospère sur les planches, elle est devenue politicienne (Labour party). Ils seront l'unique amour l'un de l'autre toute leur vie. Ils se marient secrètement en 2012, passé la soixantaine. Ils n'eurent jamais d'enfants.



Une impressionnante carrière cinématographique


Le public le retiendra pour ses rôles toujours un peu nonchalents, renfrognés, derrière lesquels finira souvent par percer une grande sensibilité. Il me marquera par ses choix d'incarner des personnages torturés, d'une façon ou d'une autre. Carrière commencée passé la quarantaine, il se fait remarquer dans Die Hard - Piege de cristal où il manque de voler la vedette à Bruce Willis. S'en suivront de grand succès commerciaux comme de timides pellicules.

Personnellement, je retiendrai Sense and Sensibility, Truly Madly Deeply, L'invitée de l'hiver, Love actually, Sweeney Todd, Snowcake, Le parfum, Les jardins du Roi, et bien sûr Harry Potter. 

Et parmis ceux que je n'ai jamais vu, j'irai vers Rasputin, Dark Harbour, Mesmer, Judas Kiss, Gambit, Galaxy quest, An awfully big adventure, Close my eyes, Michael Collins, The limehouse Golem (2016), Eyes in the sky (2016).


" I don't play villains. I play interesting poeple. "


Jusque dans les filets de Tim Burton


Mais ce qu'il m'est arrivé d'admirer le plus souvent chez Rickman, c'est son attrait très marqué pour le sombre et le ténébreux.
Cet amour du mystérieux, et du fantastique capable de le pousser jusque dans un casting de Tim Burton. Et ce, à trois reprises. J'y vois une intelligence et une sensualité rares. Cerise sur le gâteau de ma fascination pour cet acteur. Et de nos points communs.


Le cas de cette voix caverneuse


Ecouter Alan Rickman en V.O, c'est toujours une expérience un peu étrange.  Né avec une malformation de la mâchoire qui l'obligeait à ne jamais trop ouvrir la bouche, Alan Rickman conserve cette manie en grandissant, qui influence le ton de sa voix. Voix qui fut reconnue comme l'une des plus parfaites du répertoire humain, d'un point de vue scientifique. 


Un certain goût pour la lecture et l'écriture


Alan Rickman prêta sa voix de nombreuses fois, la plupart du temps pour des récits fantastiques. De sa voix unique aux accents caverneux, il fait chanter les mots avec le talent du conteur.
De ses dons multiples sort aussi une certaine envie de monter des pièces et de réaliser des films. Tant du côte de la scénarisation que de la réalisation, Alan Rickman fait mouche deux fois, dans le récit de deux histoires sensibles. Et c'est à ses premières partenaires qu'il fera appel pour cela, deux grandes actrices hollywoodiennes qu'il dirigea, Emma Thompson dans L'invitée de l'hiver et Kate Winslet dans Les jardins du roi.


De l'humour, toujours


Quant à sa personnalité même, l'entourage du très discret Alan Rickman le disait doux et encourageant, jamais dépourvu d'humour. Très différent des rôles qu'il incarne à l'écran.


" A film or a book can make a difference. 
It can change the world. "


Les années Severus Rogue



Mais c'est évidemment de son rôle dans la saga Harry Potter que le monde retiendra principalement les performances. Choisi par J.K Rowling elle-même au casting, Alan Rickman campe un personnage délectueusement ambigu année après année, qu'il interprète avec brio, tout en subtilité, à l'image de son personnage.

Outre le talent, ce qui impressionne, c'est la situation dans laquelle s'est trouvé Alan Rickman. Au cours du tout premier opus, alors que la rédaction de ses livres est encore inachevée, J.K Rowling convoque l'acteur pour s'entretenir avec lui : il sera la seule personne à connaitre la clé de la saga Harry Potter en dehors de son auteur. Et il saura se taire de longues années pour ménager le suspense.

Et comme en auront témoignées ses déclarations, il les aura aimées, ces années Severus Rogue. Rowling n'aurait pas pu imaginer trouver meilleur défenseur. Quant à nous, les fans d'Harry Potter, on est heureux. Heureux d'avoir eu Alan Rickman dans les traits de Rogue pour mieux le craindre, le détester, le prendre en pitié puis l'admirer.

" When I'm 80 years old sitting in my rocking chair, I'll be reading Harry Potter. 

And my family will say to me "After all this time ?"

And I will say "Always"."


J'espérai voir ce visage qui ne savait sourire qu'au travers de ses yeux dans toujours plus de films audacieux, réalisés par ses soins peut-être, comme il avait brillamment su le faire avec Les jardins du Roi (2014).

Je pleure une icône personnelle dont la mort m'a profondément affectée. Un flot incessant de larmes ne m'a pas quitté cet après-midi. C'est peut-être une part de ma jeunesse qui s'en va. C'est peut-être un  visage qui rassure, un bout miroitant de la grandeur artistique à l'occidentale qui n'est plus. C'est peut-être un morceau d'une belle époque qui se détache de cette vie.

Quoi qu'il en soit, c'est un grand homme comme un grand artiste (à envergure transgénérationnelle) à saluer pour la diversité de ses choix cinématographiques toujours si surprenants.

Mais surtout, surtout... c'est un ambassadeur puissant de l'esthétique "arbres-morts" qui s'en est allé.

Alors, du fond du coeur Merci. Merci pour toutes ces années.
Merci de m'avoir tant inspirée.



" And it's a human need to be told stories. "

Rest. In. Peace, Alan Rickman.


16 janv. 2016

Diy Pose tes livres



Parce que rien n'est plus affriolant qu'une immense bibliothèque remplie de livres.
Mais qu'on est pas tous propriétaires d'un château comme dans La Belle et la Bête. Caser une billy ikea dans un angle de ton appart ? Pas possible partout. Et surtout pas dans ton 12m2 parisien.

Bon. Alors on fait quoi, on renonce à la lecture ? Non, ça non. Jamais.
Bien mieux : on se design sa propre biblio !
Format Toit-de-maison, pour la touche originale et cosy.

Pour réaliser cette prouesse il te faut :
- du carton plume
- une dizaine d' aiguilles
- du masking tape

Top chrono, moins d'une heure.




Etape 1 : Découper le carton plume selon les gabarits que je t'ai mesuré plus haut à l'aide du cutter et de la bonne vieille planche à découper. Attention, le carton plume c'est fragile, il faut couper franc. Toute la beauté du fini de l'objet réside dans la précision dont tu feras preuve au cours de cette étape.

Etape 2 (facultatif) : Pour un effet design, tu peux parsemer le fond de ta biblio de motifs de ton choix dessinés au posca blanc. Les mêmes motifs que ceux de ton masking tape, pour faire un rappel, par exemple. Moi je suis restée sobre.

Etape 3 : Assembler les pièces. La technique réside dans le croisé des aiguilles. Toujours planter dans chaque angle d'une planche une aiguille. Attention la difficulté réside dans le pliage du toit. Aide-toi d'une règle et applique un poids sur le toit replié, dans un sens, puis dans l'autre, pendant une bonne demi heure, histoire que l'élément prenne le pli.

Etape 4 : Consolider les arrêtes à l'aide du masking tape. Le secret c'est de bien positionner le masking tape de manière à ce qu'il épouse pleinement l'angle de l'arrête.

Et voilà. Effet beuf en deux temps trois mouvements.
Que tu sois du genre j'emprunte à la biblio, ou du genre je me meuble de livres juste pour faire croire que je les lis, ton bonheur tient désormais entre cinq planches de quelques centimètres.

Bon, tu pourras pas caser beaucoup de livres là-dedans. Des formats poches. Six tout au plus. Mais en plus d'être pratique et minimaliste, c'est joli.

Tu peux placer ta maison-biblio sur ta table de chevet, comme le dicte le bon sens, ou innover et l'exhiber dans un coin d'une étagère.

Moi j'ai détourné l'utilisation première, et j'en ai fait l'écrin de mes nombreux carnets. ( Oui, j'adore écrire/ dessiner sur plein de carnets. Et je ne sais jamais où les mettre. Problème résolu. )

Je te souhaite de bonnes lectures !



PS : Ça a la forme d'une maison parce que c'est joli. Mais aussi parce que c'est pratique en cas d'absence de marque page. Tu peux laisser ton livre ouvert sur le toit de la maison. A méditer.

PS 2 : Je te mets en garde contre la longévité du masking tape, qui, au bout de quelques mois, si tu ne l'as pas acheté de qualité, commence à se décoller.

15 janv. 2016

Trois (très) bons documentaires à voir absolument

" Paris, années folles par Fabien Beziat "

Le plus historique

à voir ici



Un très bon documentaire somme toutes assez court, qui raconte les années folles à la manière d'une histoire plus ou moins romancée. Réponse à toutes les questions que tu t'es toujours posé sur le Paris des années 20, et plus encore. 1h30 d'images d'archives, qui explique le pourquoi du comment, notamment la fin de cette décennie-parenthèse avec le crash de 29. Très riche, très bien raconté, rythmé d'un charleston endiablé, le voyage est magnifique, instructif et laisse complètement rêveur. #josephinebakerforever #manraymylove



 " Walt Disney " par Sarah Colt

Le plus hollywoodien

à voir ici

Walt Disney sans fard, avec les aspects les moins reluisants de son oeuvre/sa personnalité. Axé principalement sur le cheminement qui mène Elias Disney depuis son enfance des plus rudes jusqu'au firmament des art.
Trois heures de documents d'archives avec pour fil conducteur le rêve et l'extraordinaire écho que laissa derrière lui le grand Mr. Disney. Moi j'ai bavé d'envie devant les croquis préparatoire de Bambi, j'ai tremblé avec toute l'équipe de prod pour la préparation de Blanche-Neige, j'ai eu quelque chose au coeur à chaque fois que j'ai vu son sourire fixer la caméra. Bref Walt Disney a toujours su faire écho en (nous?) moi, carrément le plus doué pour faire vibrer mon canal lacrimal sans que je comprenne trop pourquoi. Mais maintenant, je sais.  
A été l'inspirateur de mon année 2016. A re-regarder les jours de monotonie où l'on a l'impression d'arriver à rien dans la vie.




 " Les aventuriers de l'art moderne " 

Le plus artistique

à voir ici

Plébicité dans le Beaux-Arts Magazine, et pour cause. Ce documentaire est un vrai bijoux. 
Adapté du roman "Le temps des bohèmes" de Dan Frank, cette production (réalisée par trois françaises) revisite tous les mouvements de l'art début 1900 jusqu'à la libération de 45 : c'est une véritable plongée dans l'histoire de l'art et de la littérature comme si tu y étais. 
Picasso, Braque,Aragon, Soutine, Matisse, Breton, Apollinaire, Dali, entre beaucoup d'autres, pris dans la sphère de leur époque, farouchement marquée par la guerre et le changement.
On parle de leur oeuvre, on parle de leur vie intime, on parle de leurs relations. 

Document en six parties de 6x 50 min c'est un peu plus de cinq heures de visionnage qu'il t'est promis, images d'archives et illustrations à l'appui d'un récit rondement bien mené, ludique, poétique et instructif. 

12 janv. 2016

Le Petit Prince ◆ Saint - Exupéry




Hier soir, j'ai refermé avec émotion les pages d'un livre que je n'avais pas tenu entre mes mains.
Et je ne puis que te conseiller cette fabuleuse expérience : le livre audio.
Media très inhabituel et pourtant si cool, je t'encourage vivement à tenter de te jeter à l'eau, et pourquoi pas avec un très bon bouquin pour commencer.

L'occasion pour moi toi nous de redécouvrir Le Petit Prince. 
L'un des plus beaux récits jamais écrits.
Porté par les inflexions de voix de Bernard Giraudeau, merveilleux conteur, accompagné musicalement d'une mélodie douce et énigmatique, c'est parti pour deux heures de plongée dans un monde onirique et philosophique.

Les thèmes :
l'abandon ◆ la séparation ◆ l'amour ◆ la mélancolie 
◆ la quête  l'appartenance  l'amitié sincère 


Ce qu'il y a d'extraordinaire dans Le Petit Prince c'est l'émotion qu'il suscite, instinctivement.
St-Ex, le narrateur ouvre le conte en nous parlant de ses premiers pas de dessinateurs lorsqu'il était enfant, et de comment tout le monde l'a découragé de poursuivre dans cette voie, et de comment en grandissant, il n'a cessé de se sentir seul et incompris dans son supplément d'âme. Jusqu'à sa rencontre, en plein désert, au beau milieu de nullepart, avec un enfant tombé du ciel, qui lui posait mille questions mais ne répondait jamais aux siennes.


En refermant ces pages, tu sais qu'après, tu vas réfléchir. Que ça va faire son chemin dans ta tête. Un moment.
Longtemps, pour ma part.


C'était merveilleux.


Les deux heures de récits sont enchanteresses. J'ai ressenti une plénitude rare. L'expérience était sensorielle de tous points de vue. J'ai eu des tressaillements dans le coeur. J'ai eu des frissons. J'ai versé une larme.


Je me dis qu'on en parle pas assez, du Petit Prince. Qu'il s'agit ici d'une oeuvre intemporelle dont on ne saisit pas l'ampleur de la lecture, lorsqu'on est enfant. Et qui s'adresse si peu aux enfants, en fin de compte.
A lire absolument, avec tes yeux d'adulte.
A relire aussi je pense, en fonction de tes humeurs, de tes questionnements, du fil de ta vie.


Pour s'ambiancer ce soir, couche-toi tôt.
Munie-toi d'un bon casque audio, le tien, si tu es un bon mélomane, celui de ton mec gamer, le cas échéant ou tout simplement de tes écouteurs lambdas, ceux que tu utilises dans le métro.
Allume une bougie parfumée, ou ton éclairage tamisé préféré. Parfume ton oreiller. Allonge toi. Appuie sur play et laisse-toi aller.
Ça se passe ICI



Maintenant je te propose un exercice.

Dresse sur papier une liste de questions. Des existentielles. Celles qui te taraudent en ce moment.
Et à la lumière de ces questions, le soir avant de te coucher, relis/ ré-écoute Le Petit Prince.

Voici la mienne.
- Qu'est ce que l'amour ?
- Pourquoi l'attachement fait-il mal ?
- Comment surmonter une séparation ?
- Pourquoi faut-il un jour briser les liens qu'on a construit ?
- Comment gérer l'amertume ?
- Pourquoi certaines personnes sont-elles déjà vieilles/fades ?
- C'est quoi, une belle vie ?
- Peut-on avoir prise sur le temps qui passe ?
- Comment avez-vous pu oublier vos rêves ?


Tu verras que d'une façon ou d'une autre, Le Petit Prince saura te répondre.


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A  SAVOIR : Le Petit Prince
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- Second livre le plus édité et le plus vendu au monde après la Bible.
- Ecrit et publié à New York en 1943, en pleine Guerre mondiale. Publié d'abord aux US, puis en France, à titre posthume.
- Disney eut vent du succès du petit prince et envisagea de l'adapter avant de se dire, après sa lecture : "Il n'y a pas de place pour deux génies dans l'entreprise."
- Saint Exupéry, membre de la résistance, disparaît en 1944, au large de Marseille, probablement abattu en vol par un pilote allemand.



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Bernard Giraudeau,
le conteur
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Merveilleux conteur. On se laisse embarquer dans les tons de sa voix, qu'il manie à merveille. Et pour cause, dans la vraie vie, Bernard Giraudeau était acteur. Mais aussi réalisateur, scénariste, producteur et écrivain. Je ne connaissais pas l'acteur, ni sa renommée plutôt de la génération de mes parents.

Dans la liste de ses performances audio, pour enfant et pas pour enfant, tu trouveras des contes, des romans et des documentaires parmi lesquels tu pourras écouter les quatre premiers tomes d'Harry Potter, Le tour du monde en 80 jours, La belle histoire de Leuk le lièvre et même un ouvrage de Méditation, 108 leçons de pleine conscience.

Pour ma part, j'opterai prochainement pour Pierre et le loup de Prokofiev, Le marin à l'ancre et Les dames de nage. 


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Autres adaptations réussies
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Le Petit Prince, 2015
Film d'animation 
Réalisation française, production américaine. Quelque chose d'un peu hollywoodien dans ce Petit Prince contemporain, où l'histoire d'une petite fille et celle du Petit Prince se croise brièvement. Un récit sur l'enfance, de jolis plans très graphiques du monde du conte originel. A voir ici.



Le Petit Prince, 2010
Série télévisée d'animation
Visuellement magnifique, onirique et très proche de l'esprit du conte de St Exupéry, Le Petit Prince reprend les codes et les personnages du conte originel pour plonger le spectateur dans toujours plus d'aventures et de découvertes sur les planètes.
A voir ici.


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La beauté des mots 
de Saint-Exupéry
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"S'il vous plait, dessine moi un mouton."



"Voici mon secret : on ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux."



"Si tu viens, par exemple à quatre heure de l'après midi, dès trois heures, je serai heureux."



"Les enfants doivent être très indulgents envers les grandes personnes."


"Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. Mais peu d'entre elles s'en souviennent."


"Les étoiles sont belles à cause d'une fleur qu'on ne voit pas."


"Tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé."


"Il est plus difficile de se juger soi-même que de juger les autres."


"Mais si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée."


"On risque de pleurer un peu si l'on s'est laissé apprivoiser."


"Et cependant, quelque chose rayonne en silence."


"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante."


"J'y gagne. A cause de la couleur des blés."





10 janv. 2016

Cher pays de notre enfance





Cher pays de notre enfance,

Enquête sur les années de plomb de la République



Il faut toujours écouter les petits libraires. Enclencher un processus de déshabitude de la Fnac. Bannir Amazon à tous jamais. Car ce sont sur les rayonnages des librairies que naissent le succès littéraire des jolies perles de l'édition. J'en tiens une entre mes mains.

Cher pays de notre enfance, c'est une bande dessinée purement politique, née de la collaboration d'un auteur de BD et d'un journaliste. De la génération de nos parents, Etienne Davodeau et Benoît Collombat revisitent ensemble les dossiers très secrets d'une époque peu glorieuse de la Vème République.

Au travers de ces pages, des jugent meurent, des ministres aussi, les truands sont intouchables, le tout sur fond de guerre post-colonialiste. Bienvenue dans l'une des phases les plus sombres années du gaullisme d'après-guerre.

J'ai adoré.
Comme la plupart des moins de 30 ans certainement, je n'avais jamais entendu parler de l'affaire Boulin et du juge Renaud, des scandales liés au S.A.C, sorte de milice parallèle qui n'avait pas grand chose à envier à la Camorra.

Après la lecture de cette BD, outre le fait d'avoir appris des trucs assez ahurissants, j'ai clairement la sensation de désormais mieux comprendre le paysage politique contemporain, tant dans ses choix que dans ses analyses.

Présenté sous forme d'une investigation policière, Etienne et Benoît font se délier les langues, quarante ans plus tard, cheminent de témoins en témoins, épluchent les documents d'archives.

Affaires classées trop tôt, témoins non-entendus, autopsies falsifiées, scandales étouffés... Elle était pas très belle la république gaulliste des 70ies. Elle était même carrément bananière, en fait.

Cher pays de notre enfance, c'est une B.D qui demande de la concentration. Le sujet est sérieux, il faut parfois revenir en arrière sur des dizaines de pages, sous peine de ne rien comprendre.

Les dessins d'Etienne Davodeau sont simple, clairs, limpides, le trait est souple, précis, n'ayant pour but que la mise en valeur du texte. J'ai trouvé la scénarisation, portée par le cadrage, très intelligente, de même que les subtilités et les touches d'humour qui jalonnent les 200 pages de la BD.

Bref, un document exceptionnel, une vraie perle que cette BD.
A mettre entre toutes les mains, surtout celles de ton petit cousin qui aspire à pénétrer les bancs de la République, si toi aussi tu en as un.

On en entendra probablement bientôt reparler, de ces affaires : cet été, le tribunal de Versailles a consenti à la réouverture du dossier Boulin.



8 janv. 2016

Je l'appelle Mr. Bonnard ◆ Joann Sfar




"J'attends avec une anxiété certaine Mr. Bonnard."














Il me l'avait mis entre les mains parce qu'il s'était dit en le voyant sur le rayon qu'il était sûr qu'il allait me plaire.
Et il avait bien raison.

Je l'appelle Mr. Bonnard, c'est le dernier Joann Sfar, un recueuil de croquis colorés issus des nombreuses poses d'une femme dans son bain, en écho aux tableaux de Bonnard. En tourner les pages c'est s'en mettre plein les yeux, et se voir offrir toute une multitude de détails graphiques, de stratégies picturales utilisables dans l'expression du portrait de nu sur papier. Qu'on aime ou qu'on aime moins, la variété de styles et le traité de la couleur valent très largement le détour.

Joann Sfar, c'est l'auteur plutôt connu d'une bande dessinée culte qu'on a longtemps vu sur les rayonnages, Le chat du Rabin. Touche à tout notoire (dessinateur, réalisateur, scénariste, chroniqueur...) c'est tout naturellement à lui que le Musée d'Orsay fait appel pour réaliser une série de peintures inspirées de l'oeuvre du peintre impressionniste à l'occasion de la grande rétrospective Bonnard, peindre l'Acadie.

Mais que faire d'une série de dessins/peintures qu'on aura pas la place d'accrocher, une fois l'expo finie ?
Les éditer dans un livre évidemment.
Et là où Joann Sfar m'impressionne, c'est dans sa riche idée de romancer son recueil de dessins.

Gros coup de coeur.
J'ai adoré.
L'originalité du format. Pas une BD, pas un album, pas un Artbook. Un truc entre tout ça.
Le vocabulaire.
Le ton de l'histoire.
L'ambiance intemporelle.
La chute.

Un album à inviter d'urgence dans sa biblio.


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Je l'appelle Monsieur Bonnard 

Joann Sfar
15€

7 janv. 2016

On chiale toujours, Charlie.






Un an après.
Le sujet est toujours brulant d'actualité.
On chiale toujours, Charlie.

J'essaie de prendre du recul. De mieux me renseigner, de mieux réfléchir, de mieux comprendre.

Et je me dis que j'aime ce pays.

J'aime le voir réagir.

J'aime le voir commencer à se dire que c'est la faute à la bêtise. J'aime le fait qu'il prône la tolérance et l'amour de l'autre. J'aime le fait qu'il n'ait pas la vindicte aveugle.

J'aime le fait qu'il ait la révolte en lui, et que quand il se sent menacé, il sait descendre dans les rues et rejouer les notes de la prise de la Bastille.

J'aime voir qu'il commence à se rendre compte que non, c'était pas que par bêtise.
Qu'il y a bien un ennemi. Qu'il n'est pas que territorial. Qu'il est aussi idéologique.
Et qu'il faut le combattre fermement.
Aux armes, bordel !

J'ai beau lire, je ne comprends pas.
Je ne comprends pas pourquoi l'obscurantisme frappe à nos portes et pourquoi la plupart des gens haussent les épaules comme si ce n'était pas très important finalement. Ce désengagement me sidère.
Je ne comprends pas pourquoi le français moyen n'est pas plus fier de sa propre culture.

C'est incompréhensible, alors je ne comprends pas.

Je me dis que peut-être, l'année prochaine, les tensions auront explosé. Qu'on sera peut-être pris dans un vrai contexte de guerre mondiale.
Ou peut-être que tout sera apaisé, au contraire. Qu'on aura démontré que non, on a pris les leçons du passé et que non, y en aura plus jamais des guerres mondiales.

Plus que jamais, l'avenir est incertain.
Et ce n'est pas vraiment le moment de se désunir.

Tale of Tales



Un film fantastique italien. Tiens, tiens, c'est plutôt rare, ça. Il a l'air d'un joyau, celui-là.

Adaptation d'un recueil d'histoires fantastiques, Il Raconto dei Raconti de Giambatista Basile, dans la lignée de ses contemporains Grimm, Perrault et Andersen, c'est tout un univers de contes européens baroques plutôt inconnus qui s'offre à nous.

Présenté à Cannes en 2015, la critique est sous le charme, comme elle est divisée à mi-chemin entre le waaaaaouh et le what the fuck ?

Ce qui séduit de prime abord, c'est les images, pour le plaisir des sens. Univers graphique noir et romantique, avec des couronnes et des costumes, de l'érotisme et des châteaux.

Magnifique, lyrique et poétique, la qualité est au rendez-vous. Les décors, les costumes ainsi que le physique assez particulier de certains personnages posent une ambiance intrigante.

Trois histoires parallèles qui finissent par se recouper pour la scène finale, où les personnages deviennent victimes de leurs désirs.

Les thèmes abordés sont intéressants : l'obsession, la vanité, le poids du temps, l'abandon. 

Le casting est surprenant. Des visages connus du box office (Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones...) dans des rôles assez déroutants.

Onirique et contemplatif, on s'ennuie parfois. Certaines scènes sont languissantes.

Avec sa petite musique de carillons (Alexandre Desplat, svp...) l'univers reste énigmatique, trouble. On ne sait pas trop où l'histoire veut en venir.

Certaines intrigues ne sont pas résolues ni expliquées, le tout forme une plongée dans l'étrange et la cruauté.

Le film reste tout de même un ersatz dans le paysage cinématographique contemporain (film fantastique qui se veut de grande envergure tourné en anglais mais ne mise pas sur les effets spéciaux et ne développe pas du tout ses personnages).

J'ai aimé l'onirisme et le sublime, le fantastique dans les péripéties traversées par les personnages plus que l'immoralité fatale de ces contes qui me laissent tout de même perplexe dans leur volonté de laisser les choses inexpliquées.

Si toi aussi tu éprouves une irrésistible et terrible attirance pour l'univers des contes fantastiques, tu seras servi. Mais remember, cinema italien. Ça veut dire qu'on est loin du traitement blockbuster US avec dragons et effets spéciaux.

Personnellement, j'ai trouvé ce film aussi fin et savoureux qu'étrange et déroutant. 

Tale of tales se prête parfaitement aux périodes post-fêtes de Noël si tu as 2h à tuer, enroulée dans un plaid avec du thé parfumé.




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