20 sept. 2015

The Red ball project






Cette semaine l'art contemporain s'invitait à Marseille, s'y incurvait au détour d'une rue, y insufflant une bouffée d'art éphémère, pour la plus grande surprise des promeneurs.

La red Ball, c'est le joujou préféré de Kurt Perschke, artiste américain plutôt connu, s'étant illustré par cette manie de la trimballer partout avec lui à travers le monde. 

Après Chicago, Sydney, Londres, Abu Dhabi, Toronto, Barcelone, Taipei et Paris, la Red Ball débarque à Marseille où, de quartiers en quartiers, depuis ses cinq mètres de haut, elle aime à se glisser dans les interstices, souligner les vides et les volumes pour un très joli dialogue avec l'architecture de la ville. 

J'ai adoré. L'initiative. L'esthétisme. L'effet sur mes sens de cette anomalie qui saute aux yeux dans le paysage marseillais. 
La flopée créative de photos marseillaises qui déferle sous le hashtag #redballproject.

Indéniablement, la ville accélère. Dans la bonne direction. 
Je suis fan. 

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The red ball projetct

Du 19 au 25 septembre 2015
Mucem 13002/ Palais Longchamps 13004/ place Sadie Carnot 13002/ plage Bargemon, Vieux Port 13002/ place des Pistoles, Le Panier 13002/ rue Vian, La Plaine 13006/ Bougainville 13015

15 sept. 2015

1000 crayons pour la liberté d'expression






Alors voilà. Ça y est.

C'est bon.

On y est.

Respire.

Essaie de le dire.

Sentiment de fierté. Sourire léger. Pommettes saillantes. Satisfaction. Diaphragme ouvert. Vague dans la poitrine. Émotion.

Bref, j'ai été éditée pour la première fois.

"1000 crayons pour la liberté d'expression", c'est un beau projet d'initiative marseillaise lancé suite aux attentats survenus en début d'année. #jesuischarlie avait été notre réplique à la barbarie, et l'émotion avait soulevé les gens de France et d'ailleurs. Le moment, la force, la portée de l'événement... ces jours de Janvier furent historiques.

Pour ne jamais clore le chapitre, pour s'ériger en pilier défenseur, pour ne jamais céder du terrain, pour porter haut les couleurs de nos plus belles valeurs, un appel avait été lancé, relayé par Le Monde, auprès des professionnels de l'image, leur demandant d'imaginer un visuel, de dessiner, comme Cabu, comme Charb, comme Tignous, comme Honoré, comme Wolinski, les contours de ce droit fondamental à la liberté d'expression.

Mon visuel s'affiche donc au fil des pages de ce livre, aux côtés de 999 autres, venus du monde entier. Honneur.

Je me sens particulièrement fière d'avoir pu participer à ce projet, et particulièrement deux fois plus fière d'avoir posé ma pierre sur papier pour une cause si belle, si juste, si grande que celle de la liberté d'expression.

Le livre est actuellement en vente sur le site de l'éditeur et s'apprête à débarquer dans la grande distribution d'ici quelques semaines.
Si tu l'achètes, je ne toucherai pas un centime, non, non. C'est pas le but. L'intégralité des bénéfices de vente sera reversée à Reporters Sans Frontières.  






1000 crayons pour la liberté d'expression
19€ éditions Le bec en l'air

Résumé : Suite à l’attentat survenu à Paris dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, la Friche la Belle de Mai (Marseille) a pris l’initiative de s’associer à la Fête du graphisme (Paris), à la section française de l’Alliance graphique internationale et à l’Alliance française des designers. Ensemble, via leurs sites internet et les réseaux sociaux, ils ont convié graphistes et dessinateurs du monde entier à concevoir une image pour la liberté d’expression. En 10 jours, près de 1000 personnes issues de 43 pays ont répondu à l’appel.
Ce livre, mis en page par l’affichiste Michel Bouvet, qui rassemble la plupart des créations réalisées alors, témoigne de l’immense émotion suscitée par cet événement et de la volonté farouche des auteurs de préserver le droit à l’impertinence et à l’humour. Il est aussi un exemple de la formidable mobilisation que peuvent générer, en temps réel, les nouveaux modes de communication.
Le sociologue Dominique Cardon accompagne cette somme d’images d’un texte qui analyse la diffusion du hashtag #JesuisCharlie et le phénomène récent de déplacement de l’acte militant de terrain vers un activisme numérique, renouvelant les modalités de l’engagement citoyen.

13 sept. 2015

Festival d'Arles 2015



L E  F E S T I V A L  D' A R L E S
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L'évenement photo à ne pas rater l'été, dans le Sud de la France, c'est les rencontres internationales de la photographique d'Arles.

Présenté sous forme d'une chasse au trésor dans toute la ville, de nombreux espaces (églises, friches, musées, monuments) se prêtent à l'installation d'une scénographie autour d'une série de photo le temps d'un été.

Festival d'envergure internationale, les thèmes abordés visuellement abondent de tous les continents dans une ville vitrine réputée pour la qualité de son école photo à l'échelle française.

Emballée par les éditions 2012 et 2013, déçue par l'édition 2014, qu'en est-il de l'édition 2015 ? Mitigée, pour ma part.

Je constate un net recul des choix esthétiques pour aller toujours plus loin vers le conceptuel.
Ce choix ce discute.
Avantage : on dépoussière la logique classique, la production photographique revêt un sens plus profond, on interpelle davantage le spectateur .
Inconvénient : on perd aussi son attention. Le spectateur n'a souvent que peu de temps pour voir beaucoup de choses et prône légitimement une compréhension directe des oeuvres exposées qu'au fil des ans le festival d'Arles lui permet de moins en moins.

Les rencontres photos d'Arles restent tout de même l'assurance d'un festival de qualité, pavé du travail de talents triés sur le volet. Mais si dans la photo tu t'attaches à l'instant poétique façon Chema Madoz, Gilbert Garcin et Arno Rafael Minkkinen, passe ton chemin le festival ne va plus du tout dans ce sens.

On ne comprend pas forcément les changements de choix de communication. Le festival a perdu son traditionnel visage illustratif cette année au profit d'une identité graphique inexistante, qui a pour conséquence une mauvaise visibilité de ses galeries dans la ville. Une faute, à mes yeux.

Mais les Rencontres photo c'est aussi le moyen de passer une bonne journée à l'assaut de la très jolie ville d'Arles, qui sait très bien célébrer la Provence telle qu'elle était portraitisée au siècle d'Alfonse Daudet.




S E L E C T I O N   P E R S O N N E L L E
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- Markus Brunetti Facades
Incroyable travail de reconstitution à partir de retouches de cathédrales et autres monuments religieux à travers le monde. Une très jolie série de tirages.

- Anna Orlowska Leakage
Images glacées et poésie. J'aime.

- Sandro Miller  Malkovich, Malkovich, Malkovich : Homage to photographic masters
Et si on revisitait le travail des grands photographes au travers d'une mise en scène de leur clichés les plus célèbres avec la tête de Malkovich partout à la place ?

- Ambroise Tezenas  I was there, tourisme de la désolation
Reflexion sur le phénomène émergeant du "Dark tourism", alias les hordes de touristes prêts à visiter des lieux qui portent la marque du sordide tels qu'Auchwitz, Sarajevo, Chernobyl ou la mythique route de l'assassinat de Kennedy.

- Paolo Woods & Gabrielle Galimberti The heavens, annual report
Réflexion sur les paradis fiscaux, ces mondes à part, totalement déconnectés de toute réalités, parfois théâtre d'événements insoupçonnés.

- Total Reccords
Grande exposition retraçant l'identité musicale depuis la naissance du vinyle au travers des photographies de ces albums. Fabuleuse épopée très créative.
Mayonero, perle video à voir ici.







C O N S E I L S   P R A T I Q U E S
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A méditer :
 Si possible, se payer le luxe d'un week end sur deux jours. La visite à la journée relève véritablement de la course contre la montre (aberrants, les horaires de fermeture des expos :18h) et ne permet pas de saisir toute la beauté d'Arles dans sa globalité.

Se garer : A l'angle supérieur du boulevard des Lices, là où il se transforme en avenue Victor Hugo, un petit parking gratuit idéalement bien situé pour y abriter ta voiture toute la journée.

S'orienter : les billets s'achètent à l'office du tourisme ou à la billeterie sur la Place de la République. On te remet une carte (qu'il ne faudra pas perdre) et tes billets (à conserver aussi car on te le demandera à l'entrée de chaque expo) et c'est parti pour la chasse au trésor.

Faire des choix : En général les endroits à privilégier dans ce festival c'est toujours le Parc des Ateliers (compter minimum 2h), l'espace Van Gogh (profiter du joli patio qui abritait l'hopital où se faisait soigner Van Gogh), le Palais de l'archevéché et le Musée Réattu.

Le truc à ne pas faire : S'aventurer au festival après le mois d'Aout. Dès fin Aout-Septembre, de nombreux lieux d'expos ferment de sorte qu'au tiers de son cours, le festival ne compte plus que la moitié de son contenu. Pour le même coût d'entrée, évidemment. #arnaque

A éviter : la feria du riz, mi-septembre. La ville entière est balisée, les restaurants affichent complets ou proposent un menu spécial feria constitué de viande uniquement, et à la terrasse des cafés ricanent de nombreuses brochettes de beauf excitées à l'idée d'aller assister à la mise a mort d'un taureau dans quelques heures.

Bonus : Petite adresse pour la pause repas. Le restaurant Cador, 53 rue Voltaire. Ambiance feutrée avec des pages de Voltaire qui tapissent les murs et les Gipsie King en fond sonore, ou jolie petite terrasse cosy ambiance champêtre. Les plats sont fins, le service est bon, le rapport qualité prix très abordable. A deux pas des arènes.

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Les rencontres de la photographie

Du 6 Juillet au 20 septembre 2015
https://www.rencontres-arles.com/

12 sept. 2015

MAMO





Parmi les plus belles réussites de la vague Marseille 2013 capitale de la Culture, celui qu'on place haut sur l'échelle de la coolitude c'est le MAMO.

MAMO, pour Marseille-Modulor, alias un musée toit-terrasse au dernier étage de La Cité Radieuse du Corbusier. Créé par le jeune designer marseillais Ora-ïto, le lieu se veut centre d'art contemporain et accueille ponctuellement les oeuvres d'artistes d'envergures comme le plasticien Xavier Veilhan ou le mythique Daniel Buren, pour les deux éditions précédentes.

Cette année, c'est Dan Graham qui était convié pour habiller le toit de la Cité Radieuse. Assez peu connu du grand public, l'artiste américain sévit pourtant en tant que pointure dans le milieu de l'art contemporain avant-gardiste. Il n'est donc pas très étonnant que sa production ait pour visage quelque chose d'assez conceptuel.

Autant te dire que moi, quand j'ai vu les photos de l'expo, je me suis dit foutage de gueule j'y vais pas. Avec la taille de l'espace à habiller, on nous fout une wtf ridicule petite cabine de douche sous le nez et on doit tous applaudir, quoi. Non. Merci, mais non merci.

Et puis je me suis dit, bon, aller, tu n'es pas si sectaire vas quand même y jeter un coup d'oeil, ne serait-ce que pour pouvoir cracher sur Dan Graham en connaissance de cause à l'avenir. Et sur les choix d'Ora-ïto aussi.

Et ben... J'ai ravalé tous mes a prioris.

Le travail de Dan Graham, à des kilomètres de ses prédécesseurs, n'est pas accessible au premier coup d'oeil. Conceptuel, mathématique, minimaliste... Tout ce qui d'ordinaire a tendance à m'irriter la rétine.

Et pourtant.

Comme tout le monde, j'ai été happée par la force de l'oeuvre. Deux cabines s'offrent en spectacle sur le toit.

Le principe ? A priori faire preuve de patience et d'observation. C'est vrai qu'il est beau le design de ses "pavillons" de verre, d'inox et de bois. Epuré, sensuel...

On les pénètre, on en ressort, on en fait le tour, on éloigne son point de vue, puis l'on s'en re-rapproche. Autant te dire que les installations de Dan Graham sont carrément captivantes, contre toute attente. Des reflets, le tien, celui des autres gens, se superposent, se croisent et s'échappent, dans un balais de couleurs et de formes éblouissant, en résonance complète avec la beauté naturelle du site, à cheval entre la mer et les collines.

A ce stade là, tu as bien compris que le titre de l'expo "Observatory/playground" prend tout son sens. A l'intérieur de l'espace à résidence permanente, une rétrospective des oeuvres phares de Danny en maquettes de plastique.

Un peu gâchée qu'en ce jour de grand vent et de ciel assombri, je n'ai pu que peu profiter de l'ampleur de l'oeuvre comme en témoignent mes pauvres photos. Je m'étais dit que j'allais y revenir un jour de beau temps. Et puis... justement le temps m'a manqué.

Notons tout de même qu'à l'heure où j'écris cet article, une des deux installations fait route pour Paris, où elle sera déployée sur la place Vendôme en Octobre, le temps de la FIAC hors les murs, comme le fut son prédécesseur de l'an dernier, le plug anal de Paul McCarthy.

Remercions donc Dan Graham et Ora-ïto pour nous avoir donné une sacré leçon sur les a priori du regard à l'encontre de l'Art Contemporain.

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Observatory/Playground, Dan Graham

MAMO- Centre d'art de la Cité Radieuse
280 boulevard Michelet, 13008 Marseille
Du 14 Juin au 20 septembre 2015


3 sept. 2015

Futurs, de la ville aux étoiles. Matisse, Miró, Calder...






Futurs, c'était l'expo de l'été à Marseille, dans la traditionnelle lignée des temporaires de la Vieille charité.

Attention, le titre est assez racoleur. Si tu t'attends à te plonger dans une série de tableaux de Matisse et Miro, pour une aprem à l'esthétique fauviste, c'est mort. Car ce n'est pas du tout le propos de l'expo.

Futurs rassemble une série de productions artistiques (tableaux, scultpures, installations) qui donne à voir au spectateur un panel général d'une vision disparate, parfois drôle ou parfois sombre, que portaient les artistes sur les possibilité du Futur, au siècle où les progrès des sciences et techniques bouleversent les codes et les attentes de la société.

L'expo se divise en trois parties distinctes, incarnées par des noms de films équivoques : Metropolis, La guerre des mondes, L'odyssée de l'espace et quelques grands noms de l'art contemporain (Mondrian, Raysse, Malevitch, Klein... pour ne citer qu'eux) s'exposent au fil des courants artistiques qu'ils incarnent.

Personnellement j'ai trouvé cette expo atypique. Il est rare qu'on s'intéresse aux données du futur dans l'art présenté au grand public, traditionnellement plutôt dirigé vers le passé avec la mise en scène de nombreuses rétrospectives.

Quelques oeuvres m'ont interpellées, le B52 de Wolf Vostell, les mobiles de Calder, les Twin towers d'Ivan Navarro.

Et j'ai tout particulièrement adoré l'oeuvre phare de L'Odyssée de l'espace, dans la chapelle : l'incroyable balle miroir respirante de Bruno Peinado. Je serais restée des heures à la ressentir, à la contempler.

Bref, la visite vaut le coup, ne serait-ce que pour la traversée des courant artistiques (c'est fou ce que j'aime pas le pop art et le fauvisme) et la réflexion globale sur le Futur, en plus de l'exceptionnel prêt L'or de l'Azur de Miro directement venu du Montjuic de Barcelone.

Bonus : des gens qui ont pris de très belles photos de cette expo : ici & ici.

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Futurs, de la ville aux étoiles. Matisse, Miro, Calder...

Centre de la vieille charité
2, rue de la charité 13002 Marseille
Du 22 mai au 27 septembre 2015

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