29 août 2015

Paréidolie


Nouveau né artistique et culturel dans le paysage marseillais, Paréidolie, alias le Salon International du Dessin Contemporain revient pour sa seconde édition secouer la dynamique provençale à grand renfort de son partenaire Art-O-Rama (friche de la Belle de Mai), auquel elle s'allie pour une petite manifestation artistique en l'honneur de la fin de l'été.

Paréidolie fait donc la part belle aux galeristes, invités pour l'occasion à s'afficher le temps d'un week-end. Parisiennes, espagnoles, suisses, slovaques et marocaines seront présentes pour cette édition.

Au programme cette année, 11 invités.

 Galerie Analix forever Genève
 Galerie Anne Barrault Paris
 Galerie Kulte Rabat
 Galerie Sémiose Paris
 Galerie XPO Gallery Paris
 Galerie Gandy Gallery Bratislava
 Galerie Martine Aboucaya & Untilthen Paris
 Galerie Betts Project Londres
 Galerie Claudine Papillon Paris
 Galerie Eva Hobber Paris
 Galerie Ethall Barcelone


Personnellement j'ai trouvé la manifestation de qualité, dans un esprit "j'aime l'art" mettant les performances que peut prendre le trait crayonné, hachuré, épaissi, suggéré, sous les projecteurs, avec quelques pépites à glaner comme "Souffle" le court métrage de la coréenne Hye Jin Kim.

Les locaux du Château de Sevrières, parfaitement aménagés pour l'occasion proposent une scénographie claire et minimaliste, caractérisée par le contact central des galeristes avec le public. Un espace restauration avec vue sur jardin est prévu pour une pause gourmande, et si tu es plutôt fortuné, tu peux même te payer le luxe de passer dans la catégorie achat d'art, si le travail d'un artiste a su te séduire.

Bref une jolie bouffée d'art éphémère.
La visite, gratuite, mérite d'y faire un saut, et plus si affinités.



Pareidolie : Salon International du Dessin Contemporain 

Château de Sevrières, 19, boulevard Boisson, 13004 Marseille
Du 28 au 30 Aôut 2015
http://www.pareidolie.net/

20 août 2015

Mal de pierres ◆ Milena Agus



Mal de Pierres, plutôt mystérieux de par ce titre évocateur, c'est le genre de bouquin prenant dans lequel on se plonge facilement, et dont le dernier chapitre, comme un coup de big bang explosif, remet en cause tout le sens du roman.




Les thèmes : 
l'amour ◆ l'art ◆ l'écriture 
 ◆ la cruauté ◆ la famille ◆ la Sardaigne
◆ le Mezzogiorno ◆ la guerre ◆ la folie 


Le pitch  C'est l'histoire de ma grand-mère. Libre, éprise d'art, incomprise. On lui avait appris à ne jamais montrer de joie. Elle n'aspirait qu'à mordre la vie, qu'à croquer dans l'amour. Et pourtant, ce qui l'attend, c'est ce mariage arrangé, sans amour, et la vie qui en découlera. Trouvera-t-elle consolation dans ce monde où lui est refusé la découverte de l'amour, et où le sort l'accable du Mal de pierre, la maladie des calculs dans les reins, ceux qui brisent à chaque fois tous ses espoirs de grossesse ? Au fond, sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-on ?




J'ai aimé.

L'histoire. Boulversante. De cette femme, juste une "créature que Dieu avait faite à un moment où il n'avait pas envie des femmes habituelles en série, il avait eu une inspiration poétique et il l'avait créee" qui toute sa vie ne comprendra jamais "pourquoi Dieu poussait l'injustice à jusqu'à lui refuser de connaître l'amour, qui est la chose la plus belle et la seule qui vale la peine". 

Le récit à la première personne et ses absences de noms. La narratrice ne se présente pas, et "ma grand-mère", "mon grand père", "mon père" sont les seuls patronymes attribués aux personnages. Original, audacieux.

Le style d'écriture. Précis, court, droit au but et pourtant très subtil. Richesse des mots, richesse dans la description des émotions. Avec quelques termes en italiens, qu'on ne prend pas même pas peine de traduire, pour la magie.

Le décor. Italie, Sardaigne. Les grandes plages, la vie rurale et la montagne, les produits de la ferme. L'extrême pauvreté de la première vague d'immigration sarde à Milan. Clivages à l'italienne en plein contexte d'après-guerre.

Les personnages. Epais, plein de substance.
La grand-mère, dite la folle, celle qui éprouvait intensément, toujours en quête de sensations, dont personne ne nourrissait jamais les attentes en répondant "tout s'est passé normalement". Mais ça veut dire quoi normalement , ça veut rien dire normalement, tu as bien du ressentir des choses, il y avait forcément des détails, c'était comment, parle moi de tes sensations ! Sourde oreille.
Le grand-père, gentil bougre un peu trop brut de décoffrage, qui aurait pourtant aspiré au bonheur, lui aussi ( particulièrement été marquée par les passages des Jeux sexuels des grands-parents, entre outrage, curiosité et plaisir).
Le Rescapé, passionné, passionnant, homme d'éducation, homme sensible, homme sensuel.
Le père, esthète, virtuose, qui n'avait pas levé les yeux de ses partitions le jour où Armstrong avait marché sur la lune et que le monde entier s'accrochait à son téléviseur.
La belle-grand-mère, rejetée par sa richissime famille pour avoir fait naître un enfant hors mariage, qui partait montrer à son enfant l'enceinte des murs luxueux de son sang, en lui répétant que jamais au grand jamais elle ne regrettait son choix.

La richesse des descriptions. Je n'ai jamais mis les pieds en Sardaigne. Et pourtant, je m'y croirais. L'auteur sait parfaitement trouver les mots pour rendre compte d'une atmosphère, et j'ai même appris des noms de plantes que j'ai croisé tous les jours dans mon paysage méditerranéen sans pouvoir les nommer.

La tristesse / mélancolie / nostalgie ambiante. A grand renforts de retours en arrière et d'ellipses, de réflexions entrecroisées, de morceaux de vie de générations différentes d'une famille italienne. Très réussi.

Et la fin. La fin ? Mais la fin... En quelques mots, ce roman prend un sens complètement différent à la dernière page. J'ai le coeur qui s'est serré, le souffle qui m'a manqué, et je crois que j'ai pleuré.

L'auteur, Milena Agus, soixantenaire italienne, prof d'histoire et d'italien, se découvre une passion pour l'écriture sur le tard et ne rencontrera le succès qu'avec Mal de Pierre, lauréat de nombreux prix en France comme en Italie. Connue pour ses aptitudes à faire chanter son amour pour la Sardaigne dans tous ses romans, c'est depuis la maison familiale de sa grand mère où elle vit toujours actuellement que ses romans prennent forment.




Un récit sensible, un roman bouleversant, injuste, avec le poids du temps qui ne guérit jamais les cicatrices. Ça résonne, c'est beau, c'est triste, c'est envoutant. J'ai vraiment aimé.

En bonus, quelques pages où l'auteur se confie sur son rapport à l'écriture et sa manière de l'aborder.





◆ Et la nostalgie, c'est de la tristesse, mais c'est aussi un peu de bonheur.

◆ Toutes ces pierres dans nos corps.

◆ D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.

17 août 2015

F.





Petit charadesign pour un projet d'illustration. Recherches et mise en mouvement d'un petit personnage, F., qui n'avait que sept ans, plein de boucles rousses et de grosses lunettes rondes.  

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◆ Attention ce personnage m'appartient. Mes images ne sont pas libres de droit. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation. 

12 août 2015

Aux tableaux !





Aux Tableaux ! c'était un peu l'expo phénomène de l'été à ne pas rater.

Evénement assez inédit à Marseille, c'est sous l'impulsion de l'atelier Juxtapoz que cette bouffée d'art déjà ventée par les médias parisiens s'installe entre le Cours Julien et la Préfecture. Paris qui nous envie de l'art ? Y a vraiment de la nouveauté dans l'air !

Nichée dans une élégante bastide du XVIIIème, autrefois appelée "Flotte de la Buzine", classée monuments historiques depuis peu, l'exposition s'empare des 4500m2 qu'offre l'édifice, anciennement aménagée en école, que certains avaient pu connaître sous le nom d'Ecole St Thomas d'Aquin.

Ecole avec son préau, sa cours de récréation, ses nombreuses salles de classe, désormais fermés depuis quelques années.

Repéré comme, le bâtiment poursuit sa 3ème reconversion cet été.

40 artistes et plasticiens, venus d'ici et d'ailleurs, investissent les lieux pour cette résidence éphémère. C'est autour de leur vision de l'école et des symboles qu'elle leur évoque qu'il est demandé aux artistes de créer.

Parmis tous la liste de tous les créatifs présents, dont peu de locaux, on peut citer le petit Neuröne, dont j'ai partagé la formation en Art ces dernières années.
Mais visuellement, Stephane Parrain {Onde de formes} et Olivia de Bona {L'heure de sieste} resteront mes ultra préférés.

Comme la plupart d'entre nous, j'ai particulièrement adoré cet après midi entre les murs d'Aux tableaux !

On déambule dans les salles, la curiosité piquée à chaque fois. Certaines installations sont excellentes, certaines le sont moins : la surprise est au rendez-vous derrière chaque porte.

Pour ne rien gâcher, un espace bar/ restauration se tient dans une cours ombragée. Le chill avec café ou les tablées avec amis s'y prêtent parfaitement.
Le mercredi soir, c'est happening. Attention, c'est full. Noir de monde. Une longue file d'attente qui n'avance pas peut venir à bout de tes nerfs.

Le principe est simple, une adhésion pour la modique somme de 2€, et tu peux revenir sur les lieux de l'expo autant de fois qu'il te plaira. Autant te dire que ça vaut largement le coup, ne serait-ce que pour revenir profiter du resto/bar/salon de thé à l'ombre des figuiers et des manifestations nocturnes que nous servent les artistes.

On ignore quelles seront les ambitions futures du lieu. Mais vu le succès retentissent de l'expo, il y a fort à espérer que l'ancienne école St Thomas d'Aquin fasse reparler d'elle. On l'espère dans la lignée de la Villa Alliv, nouvel espace cosy susceptible de s'aménager en centre d'art ponctuel.

Bref, expo à ne pas manquer !

Ici, quelqu'un qui en parle très bien.

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Aux tableaux !

Ecole Saint Thomas d'Aquin, 23 rue Dieudé, 13006 Marseille
Du 10 Juin au 10 Octobre 2015

10 août 2015

Expo 58 ◆ Jonathan Coe

jonathan coe expo 58 exposition universelle

Tomber par hasard sur un roman qui traite des coulisses d'une Exposition Universelle. Improbable, tellement c'est d'actualité brulante pour moi, fraichement de retour de l'expo de Milan.



Les thèmes : 
 ◆ la politique ◆ le désamour ◆ la différence 
◆ l'ennui ◆ l'international ◆ la guerre 
◆ les années 50 ◆ l'espionnage ◆ le progrès 


Le pitch  1958. Cette année c'est à Bruxelles que se tient l'Exposition Universelle. Et si les belges s'en réjouissent, fiers d'exhiber leur puissance dans la construction de l'Atomium, le monde occidental, toujours plongé en pleine guerre froide, redoute les éclats de force. Il faut dire que pour ne rien arranger, l'organisation belge a l'humour de placer côte à côte les pavillons des blocs soviétique et américain. 
C'est donc dans ce contexte tendu du milieu du siècle que débarque Thomas Foley, petit homme rangé, étonnamment nommé à la tête de la délégation pour superviser la bon fonctionnement du pavillon britannique.
Très vite, Thomas Foley oublie femme et enfant dans ce tourbillon d'amusements que procure ce lieu d'exception, où chaque nationalité fraternise le temps de quelques mois. Mais derrière le sourire du scientifique anglais, de l'actrice américaine, du journaliste soviétique et de l'hôtesse belge, ne se jouerait-t-il pas une partie que personne ne peut soupçonner ? 




J'ai aimé.
Le contexte. Cette expo 58, avec ses pavillons, ses tensions, ses remarques géo-politiques, ses petites réflexions d'époque (une femme qui a des opinions prend le risque de déplaire aux hommes !) , ses imperméables beiges, ses chapeaux, ses hôtesses, ses gens qui fument tout le temps, ses indigènes et ses dîner mondains. 

Le style d'écriture. Qui passe crème. Comme une lettre à la poste. Avec du bon vocabulaire, des tournures bien construites. Roman très bien traduit, d'ailleurs (en même temps, traduit par la traductrice française de Philip Roth, quoi).

Les dialogues. Justes fabuleux. Bourrés d'esprit et d'humour.

Les personnages. Hauts en couleur, épais comme je les aime.

Le rythme. Lisse, avec des accalmies. Plus dans la réflexion de fond, l'envie de prendre du recul. Enfin un roman dont on n'est pas esclave. Je peux le poser sur ma table de nuit et prendre plaisir à le retrouver le soir, sans me sentir mal toute la journée parce que je ne peux pas penser à autre chose. Le suspens est pourtant au rendez-vous, et j'ai très envie de savoir la suite. J'aime. 

Les fantômes de la guerre. La guerre en cours. La guerre de 14-18. La guerre de 45. Toutes ses séquelles encore très présentes dans l'histoire des européens modernes.

La british touch. Ce petit flegme anglais, cette auto-derision, cette façon de glisser sur les problèmes comme sur les nuages.

J'ai ri.
Les querelles avec le voisin Sparks. L'insupportable con bien trop présent qui menace de faire basculer l'histoire en vaudeville.

La parodie du roman d'espionnage. Tel OSS117, Foley qui se voit pour mission de séduire une femme, tout excité dans son entreprise de James Bond d'opérette.

L'échange de lettres entre la femme délaissée et le mari qui s'amuse, savoureuses et parfaitement utilisées pour faire avancer l'histoire. 

Je suis restée songeuse.
Sur le propos de fond. Le naufrage. Le désamour, l'euphorie, l'excitation. 
J'y ai senti cette impression, si bien traitée dans Le grand Meaulnes. Ce coté si fortement éprouvé d'une joie éphémère qui va marquer les esprit au point de vouloir revivre le moment, même des décennies plus tard.

L'auteur, Jonathan Coe, c'est un petit auteur britannique discret, célèbre, issu de la classe ouvrière, désormais cinquentenaire. De notoriété internationale depuis Testament à l'anglaise, son roman coup d'éclat vingt ans plus tôt, l'écrivain prolifique, traduit dans de nombreuses langues, rencontre son public, année après année, pour ne jamais déchoir.


Bref, un récit de qualité, parfaitement documenté, écrit avec humour et intelligence. En refermant sa dernière page, j'ai eu la sensation d'avoir voyagé, et dans le passé et dans l'espace. Et j'aurais donné cher pour y avoir travaillé moi aussi, à cette Expo 58. Je recommande !


9 août 2015

24h rush to l'Expo Universelle de Milan







































C'était ma première exposition universelle. J'étais sur-excitée. Depuis son coup d’envoi de Mai, je n’avais personnellement qu’une envie : m’y rendre au plus vite.

L'expo universelle, c'est cette rencontre entre cultures du monde entier organisée depuis plus d'un siècle, dans l'idée de mise en avant les puissances culturelles, commerciales et technologiques de chaque pays du globe dans un esprit très Festival de Cannes version urbanisme.



L'Exposition Universelle, une tradition oubliée



Au 19ème, ça représentait carrément quelque chose. La plupart des gens n'avaient pas les moyens de voyager, aussi, voir des objets, des costumes, des visions venues du monde entier, il y avait de quoi avoir la tête qui tourne.

Le concept de l’exposition universelle, (qui, il faut l’avouer, n’est pas très clair) c’est un peu le truc par excellence qui aurait donné son visage actuel à la ville de Paris, avec par exemple pour ne citer qu’elles, la construction de la Tour Eiffel, du Grand Palais et du métro parisien, érigés pour l’occasion ! Rien que ça !

Très prisées, effervescentes sous la seconde moitié du 19ème siècle, où elles vivent les temps du pic de leur apogée, l’exposition universelle s’était perpétuée les décennies suivantes, traversant ce siècle de guerre, de manière si peu impactante (non régulière, désorganisée, arbitraire) que tout le monde avait finit par oublier son existence et qu’elle n’enthousiasmait plus grand monde, au point où j’avais carrément cru que le concept s’était arrêté et qu’il renaissait de ses cendres avec Milan 2015, après 100 ans d’oubli. Tout faux, ma petite.

Bref, l’histoire de l’Exposition Universelle, complexe et compliquée, agrée, non agrée, qui subventionne, on en sait rien, se déroule quand, pas la moindre idée on verra bien, ça reste un peu chaotique. Aussi, quand on a la chance d'en avoir une pas très loin de chez soi, on hésite pas, on fonce ! 

Bim. 5h de route de Marseille jusqu'à Milan. 



L'Exposition Universelle de Milan (2015)


L’expo universelle, c’est un peu comme une grande foire, un grand salon, où chaque petit pays de cette planète (ou presque) a envoyé un émissaire représenter sa nation aux yeux du visiteur venu des quatre coin du globe pour l’occasion.


Cette année, le thème c'était l'enjeu mondial de l'alimentation, verbalisé sous les mots "Nourrir la planète, l'énergie pour la vie."

Ce qu’on aime dans les Expositions Universelles, c’est tous les moyens mis en scène pour y aller dans le tape-à-l’œil. Tu veux t’en prendre plein les yeux ? Rdv là-bas. Architectes, urbanistes et paysagistes se sont débrouillés pour faire jaillir une ville entière du sol où la ballade à la journée ne te suffira pas pour en arpenter la moitié.

Bref, c’est du plaisir. Et de la découverte à chaque mètres.

Comme le temps nous est compté, qu’il y a beaucoup de monde, qu’il faut souvent faire la queue (2h de queue pour le Pavillon du Japon…), la sélection des pavillons à visiter se fait un peu au petit bonheur la chance, en fonction de ce que tu croises sur ton chemin.

L’astuce pour se repérer ? Lever les yeux au ciel sous le hangar, les drapeaux t’indiquent le pays qui arrive. Evidemment il faut un peu s’y connaître en drapeaux. 


Petit tour d'horizon des quelques pavillons 

qui m'ont le plus marquée



-       Le Pavillon du Montenegro

Coup de cœur esthétique, conceptuel et idéologique. « Small contry, big possibilites », comme le pays l’inscrit sur son bois mural.
Le Pavillon du Monténégro ne paye pas de mine de l’extérieur, enserré autour de la hanse des petits pays de la Méditerranée, mais franchement, la scénographie intérieure est magnifique. Un plafond de matière laineuse descend vers le visiteur, à la manière d’un pan de stalactites, et se reflète dans un sol de miroirs pour un effet des plus grandioses.
Un bijou. A couper le souffle. A la pointe de la technologie, du design d’espace et du design graphique. J’ai adoré. Plus de belles photos ici


-       Le Pavillon de la France

Sans chauvinisme primaire, c’était pour moi le plus réussi. Le design du bâtiment, assez incroyable, évoque les massifs tout en volume de notre pays. Tout de bois construit, le lieu se fait l'alliage de la tradition culinaire française avec le modernisme de sa recherche, le tout saupoudré d'un esprit développement durable qui en font franchement une belle réussite. Le pavillon répond parfaitement à la problématique tout en représentant parfaitement le pays.  


-       Le Pavillon de l’Autriche

C’est carrément une forêt. Que j’ai malheureusement arpenté sous la pluie. Frustration maximale. C’était beau, c’était super design. J'en ai eu la machoire qui s'est décrochée. Un de mes préférés ! Je pense à toutes les photos de folie que j’aurais pu faire là dedans et j’ai envie de pleurer. Pavillon très très très inspirant.


      -       
Le Pavillon du Royaume Uni

Le pavillon anglais, c'était une ruche. On a pas pu le voir de très près, car trop de monde envisageait la même ruée vers la ruche. Mais de loin, l'architecture moderniste et minimale de cette ruche m'avait beaucoup impressionnée. L'artiste a voulu symboliser le travail des abeilles anglaises, à l'oeuvre 1400km plus haut, en incluant des bruits de bourdonnement dans son bâtiment.


-       Le Pavillon du Qatar

Accueil princier, par les hologrammes de la riche et puissante famille à la tête de la Nation. Le pavillon du Qatar met en avant son mode de vie rural, traditionnel, avec de pauvres mecs d’un certain âge en train d’œuvrer à leurs tissages et coupages façon animal de foire sous les yeux des touristes ébahis. Un grand pivot luminescent autour duquel s’organise une descente des escaliers vertigineuse, pour symboliser la force et la puissance technologique du pays.


-       Le Pavillon de la Russie

Grand pavillon sympa. Un bar luminescent qui propose des dégustations, les affiches graphiques de propagande fermière, et un salon de thé aménagé en Transibérien, idéal pour se poser dans cette course folle. Riche instant de luxe pour se reposer les pieds, à tester absolument ! La gueule de Poutine au passage, ancrée dans une poupée russe.


-       Le Pavillon du Maroc

Beaucoup aimé la scénographie intérieure. La cascade de fleurs, la technologie dans les figuiers, l’importance de l’oranger, les ventilateurs pour simuler l’air du désert. De la poésie à l'état pur.


-       Le Pavillon du Viet Nam

Beau. Avec sa forêt moderne à l'entrée. J'ai bien aimé cet aspect créatif. On se demande quelles sont ses formes, on les imaginerait bien dans son salon. L'intérieur on en a pourtant vite fait le tour. Mais son entrée m'a franchement bluffée. 


-       Le Pavillon du Chili

Plutôt joli. Un animateur nous escorte de salle en salle. D’abord, des mises en scène artistiques de ses travailleurs de la terre. Puis des recettes interactives sur écran, puis de l’art comestible en mouvement. Qualité des interactions disparate. Mais j’ai aimé y passer du temps. J’aurais volontiers gouté quelques spécialités dans le grand espace restaurant sous le pavillon.


-       Le Pavillon de la Slovaquie

J’ai ri. Le pavillon le plus décalé de l’expo. Une mise en situation de la culture traditionnelle slovaque à l’entrée. Flûtes en bois, œufs de paques, arbres de vie. Puis une video des slovaques en train de faire les cons sur Happy de Farell Williams en combinaison de ski et un labyrinthe de mannequins en plastique. Wtf ?


      -       
Le Pavillon du Népal

On plonge dans le spirituel, le religieux. Une reconstitution d'un monastère bouddhique, avec tout son folklore au rendez-vous. Les statues, les lames de bois, les petits drapeaux, les bols chantants... Très réussi, on s'y croirait...


-       Le Pavillon du sultanat d’Oman

Accueil caliente par un homme en costume traditionnel, paupières maquillées, au sourire à tomber. (un italien ? un omanien ?)
Le Sultanat d’Oman met l’accent sur son mode de vie traditionnel, un peu comme le Qatar, avec de nombreuses mises en scène de mannequins qui tissent des paniers, distillent de l’eau de rose. L’architecture extérieure est magnifique, royale.


-       Le Pavillon de la Chine (Vanke)

Alors ok, Vanke c’est qu’une agence immobilière en Chine. Ok ça en envoie plein les yeux dans l’architecture (batiment ecaillé, écrans sur des bambous, bancs près de l’eau)et la mise en scène, mais au niveau du contenu, c’est assez pauvre.


-       Le Pavillon de la Suisse

 Une catastrophe. Désorganisé, mal foutu. Visitable que si tu présentes un ticket gratuit, que tu ne peux pécho qu’à certains horaires. Et si tu essayes d’aller y manger, saches que tu te feras refouler (en italien) parce que c’est une fête privée. Cool. Bref, ça ressemble assez à l'esprit Suisse.

-       Le Pavillon des USA

Si tu avais des doutes sur le fait que les USA se foutent du reste de la planète, n’en aies plus. Un pavillon si pauvre pour un pays si riche, ça nous prouve vraiment, mais vraiment qu’ils en ont rien à foutre de l’Exposition Universelle. Là où toutes les nations mobilisent leurs meilleurs talents, eux nous servent trois videos, dont un accueil par un speech de Barack Obama, en jugeant que cet honneur allait nous suffire.




Mes regrets 


Le fait de ne pas tout pouvoir voir, évidemment. Pris par le temps, l'expérience n'est parfois pas rendue possible en raison de la foule que brasse l'exposition, qui bloque parfois l'accès à certaines activités. Les pavillons ratés à cause de la queue mais qui étaient trop bien, c’est sur :  le Japon / la Corée du Sud / l’Allemagne / le Brésil / la Thaïlande / la Chine.


Ce qui frustre aussi, c’est que tout te met en appétit, et que c’est pas possible de hiérarchiser ses envies. Tu prendrais bien un petit encas en Equateur, mais franchement découvrir la nourriture de l’Angola ce serait sympa aussi, puis les Kürtoskalàcs hongrois, tu crois que ça aurait le goût à quoi ? Frustration.

Absolument pas eu le temps d’aller jeter un œil du coté des pavillons indépendants des nationalités. Le district food, par exemple.
J’aurais été curieuse de voir la mise en scène du Supermarché du futur et de l’aile du régime alimentaire végétarien.



Conclusion


Bref. Donc oui. Oui, oui, oui ça vaut le coup d’y aller à l’Expo Universelle de Milan, malgré son petit côté Disneyland, sois sûr que le côté émerveillement/découverte sera au Rendez-vous. J'ai franchement pris de sacrés cours de scénographie en une seule et même journée !

J'ai adoré le modernisme du lieu, éblouissant, à la pointe de ce qui se fait en terme de design. Très créative, l'Exposition Universelle parvient à se servir du faste de son support pour interroger les peuples quant à l'enjeu international de l'alimentation des hommes, sur une planète dont l'avenir n'est pas des plus ensoleillés.

Oui ça vaut le déplacement. Oui ça vaut les 5h de route la nuit. Oui les 35€ d’entrée on ne regrette pas de s’en être délestés. Clairement. Oui l’Exposition Universelle de Milan est réellement une réussite. 

Préférer 2 jours complets pour en profiter un maximum, par contre. Sur tous les plans, l'Exposition Universelle recèle d'une richesse incroyable de choses à voir, à essayer, à manger, à photographier. Une seule journée ce n'est clairement pas suffisant. 

Tout ça donnerait presque envie d’aller faire un tour à la subsidiaire de 2017 au Kazakstan et de se faire la prochaine Expo Universelle à Dubaï en 2020.




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