18 nov. 2014

A mi me gusta Barcelona !






Parce que la ville d’Espagne la plus pavoisée, la plus convoitée, la plus louvoyée, c’est pas Madrid. C’est… Barcelona !

Poser ses valises à Barcelone, c’est relever un défi : celui de se laisser séduire, de s’offrir en deux jours et demi au gouffre sensorial de frénésies qu’est la ville la plus visitée d’Espagne.

BARCELONE, C'EST GRAND

Barcelone, c’est grand.
Plus grand que Paris, plus grand que Rome. (mais moins grand que Berlin).
Il me parait clair que pour saisir l’âme de cette ville, il faut y habiter.
Trois fois que je l’arpente, et je n’ai toujours pas l’impression de la connaitre, je n’ai pas réussi à me l’approprier, comme si Barcelone se voulait insaisissable, farouche, prude et mystérieuse aux yeux du visiteur.

Ici les gens viennent pour la fiesta car Barcelone n’est que havre d’espace et de temps consacré au monde de la nuit.

Mais pour ma part je ne pourrait malheureusement pas te parler de cet aspect là de la ville que je n’ai pas vraiment expérimenté (pourtant ce n’est pas faute de l’avoir voulu).

LE BON MOMENT VS LA MERCE

Si  comme moi tu décides d’y aller en Septembre, je ne saurais que te conseiller sur les dates. Moi j’y ai été quelques jours avant et la frénésie se faisait déjà sentir, mais sache que chaque année, le 24 Septembre et pour une durée de trois jours, c’est la Mercè, la plus grande fête annuelle de Barcelone. La Mercè, c’est la fête de la Vierge. Pourquoi on honore la Vierge à Barcelone ? Parce que naguère, en des temps plus reculés, Barcelone subit une invasion de sauterelles (non mais l’angoisse, quoi). Et que pour s’en dépêtrer, les barcelonais ont prié très fort la Vierge qui leur accorda le départ du fléau insecto-anxiogène. Du coup la Mercè, c’est la grosse teuf.

La ville est en ébullition, de nombreuses scènes sont installées partout, dès le 19 c’est répétition générale, on exhibe de grands personnages aux costumes orientaux (on dirait les rois mages et leurs femmes), et au programme; des bains de foule, des concerts, du théâtre et des spectacles de rue.

Du coup +30% sur le prix des hotels, tout à tendance à être full et les touristes encombrent ta vue de leurs têtes absolument partout. Bon… à toi de voir.
Moi je suis partisane pour l'idée de visiter Barcelone au printemps. Moins de chaleur, moins de touristes. Les mois de Juin et de Mai : le compromis parfait.

DANS L'AMBIANCE 

Mais en attendant, en amont de ta visite, pour la préparer, tu peux te plonger dans les influences suivantes :
-       L’auberge espagnole, ou l’erasmus selon Klapisch
-       Vicky Cristina Barcelona, l’hommage à Barcelone de Woody Allen
-       Le travail d’Antoni Gaudi, ambassadeur catalan de l’Art Nouveau
-       La trame artistique de Salvador Dali, le plus connu et salué des surréalistes

 LE TRAJET 

Pour y aller, c’est plutôt easy : tu trouves du low coast en avion, du low coast en train, du low coast en car. Tout le monde veut poser ses valises à Barcelone.

Au départ de Marseille, je ne saurais que trop te conseiller la voiture. Parce que ce n’est qu’à 5h de route, parce que tu peux te charger en victuailles, alcools et tabac détaxés à la frontière –et aller aux putes éventuellement, si tu es un gros beauf qui me lit- et que monts et merveilles sont à découvrir en chemin.

LE LOGEMENT 

Pour loger, tu n’as que l’embarras du choix. Mais ne fais pas l’erreur de te retrouver loin du centre, la ville est vraiment grande. Nous, on nous a prêté un appart, à deux pas du stade Camp Nou, dans le quartier Les Corts.
Central et bien desservi par les métros, je recommande le quartier qui, bien qu’un peu populaire, se dote d’un charme à l’espagnole des plus romanesques.

Ne doute pas une seule seconde que tu souffriras de la chaleur. Ici c’est caliente, même aux heures de l’été tardif. Ce que tu dépenses en bouteille d’eau s’évapore tout de suite par tes pores. N’en sois pas trop frustré.

Les appartements en Espagne, c’est la gestion de l’espace tout en longueur. Ils s’organisent le long d’un long couloir étroit où il n’est pas gênant que le salon jouxte la salle de bain et les chambres, alors que la cuisine gravite au milieu de tout ce bazar sans logique. La disposition offre beaucoup d’intimité aux pièces tant elles sont petites et même le regard plein d’aprioris, on finit par s’y habituer et même à y trouver du charme.

 BARCELONE & LES TOURISTES 

Mais parlons de l’indomptable Barcelone.
Ici les touristes se pressent en masse sur les ramblas et les parvis des monuments. Tu entendras beaucoup parler français, aussi bien dans la bouche des visiteurs que dans celle des commerçants (et tu ne seras pas toujours fier de tes compatriotes, avouons-le).

Investis dans une carte de métro.
Pour 10,20€,  elle t’offre dix trajets, ce qui n’est relativement pas trop cher quand on connait le cout d’un ticket solo (2,10€).

Quoi que tu fasses, arme toi de patience, il y aura toujours une file de touristes devant toi. Tu peux réserver tes visites en entrant dans le schéma “je nais, je me marie, j’enfante et je programme la date de ma mort” et ainsi te priver de la beauté du monde spontané si tu n’as pas peur de voyager déshumanisé, mais dis-toi bien qu’il y aura forcément des têtes de cons sur tes photos ratées car c’est comme ça en 2014, les gens voyagent, et n’importe quel bourricot se force à se planter devant une toile de Dali qu’il fait semblant d’apprécier pour se dire que sa vie s’est dotée d’une minute culturelle qu’il n’ose pas décrier, critiquer, remettre en question par peur de passer pour un con auprès de son entourage car il est de bon ton de ne pas s’avouer en flagrant déli d’inculture, alors que ses yeux, son dos, la position de ses coudes le crient, qu’il n’en a rien à foutre, de l’art et de la culture. (Sens-tu la frustration dans ces lignes ? Fuck le tourisme de masse.)









Difficile d'enchainer la visite acharnée après les 5h de route + l'heure pour trouver une place où se garer. Alors, on y va plutôt mollo.

LE PASSEIG DE GRACIA 

Nous on a commencé par le Passeig de Gràcia. Quartier branché, quartier d’art et de design, il porte les traces des premiers exploits de Gaudi, comme tu peux l’observer sur les luminaires qui bordent la rue, estampillés de son génie créatif.

Si les grandes enseignes shopping habillent les trottoirs, je te suggère vivement de t’arrêter chez Vinçon. Haut lieu du shopping design de Barcelone, tu peux venir y chiner les nouvelles tendances home et prendre un bain d’originalité. Tout ce qui s’y vend est plutôt frais, ingénieux, et se réparti sur deux étages. Vraie caverne d’ali baba, même si bon, les prix, c’est du solide.

Mais sa renommée, le Passeig de Gràcia le doit à sa Manzana de la Discordia. Trois maisons côte à cote, qui ayant fait beaucoup parler d’elles à l’époque, se posent aujourd’hui en figures de proue du modernisme catalan.

Trois architectes, trois bâtisses modernistes mitoyennes érigées au début du siècle, c’est à qui se distinguera le plus des deux autres. C’est à qui séduira le plus, et décrochera des prix. Pendant des années, c’est la grosse compet. Et cent ans plus tard, l’une d’elle éclipse les deux autres, classée patrimoine mondial de l’UNESCO : la Casa Batllo.

Considérée comme la plus grande réussite architecturale de Gaudi après la Sagrada Familia, la Casa Battlo se pare d’une belle façade art nouveau extrêmement diverse en richesses picturales qui te pousse à te planter longuement devant, comme la plupart des gens au niveau de tes alentours. Si tu t’armes de courage et de patience, tu peux aller visiter l’intérieur, sinon, l’observer finement constitue déjà en soi un spectacle des plus réjouissants.

Sa voisine, la Casa Amatller, se laisse admirer plus humblement, et si tu as la chance de trouver sa porte ouverte, je te suggère de t’y engouffrer pour faire de belles photos.
Les troisièmes murs mitoyens, sont ceux de la casa Lléo Morera, magnifique bâtisse à faux airs gothiques, transfigurée en magasin de luxe pour les besoins de la marque Loewe.

Non loin de là tu devrais trouver la Pedrera se dresser fièrement sur ton chemin. Hôtel particulier construit par Gaudi peu après la Casa Battlo, la Pedrera, dans un style moins alambiqué que sa soeur la Casa Battlo, témoigne à triple reprises du génie créatif de l’homme, que tu pourras constater si tu choisis d’attendre au bout de la file de touristes venus l’admirer.
Bon, moi je l’ai pas visité, puis j’ai trouvé la Pedrera enrobée d’échafaudages. Double frustration.

Si t'es opé pour du shopping là, maintenant, tout de suite, tout au bas du Passeig de Gràcia, Plaça de Catalunya, c'est le début d'une artère jalonnée de petites rues adjacentes où les magasins font loi. El cortinglès, les galeries Lafayette à l'espagnole valent la peine de se faire découvrir, et toutes les enseignes espagnoles de fringues (Zara, Bershka, Mango, Pull and Bear, etc...) sont regroupés par là-bas. Ai-je besoin de mentionner que vu qu'on est en Espagne, les vêtement espagnols, ceux-là, les mêmes que tu trouves dans les mêmes boutiques en France sont moins chères ici ? Razia de vêtements, quoi.
MANGER !

Ce n’est pas les endroits pour manger/boire un verre qui manquent dans le quartier de Gràcia. Tu peux trouver facilement quelques pépites, si tu n’as pas peur de t’engager dans les petites rues. Nous on à cédé aux appels de la chaine basque « Txapela » que j’avais déjà expérimenté à Bilbao l’année dernière. Installés au comptoir, on a trouvé les tapas “montaditos” plutôt bons, et les verres de sangria énormes. Mais  pour le charme et l’authenticité, on repassera. Tout le monde a l’air de plébiciter le Tapas 24. On a voulu tester, mais il y avait trop de monde, il fallait réserver (tiens, cette litanie m’est vaguement familière).














LA SAGRADA FAMILIA  

Evidemment, tu sais que tu ne peux pas partir sans avoir visité la Sagrada Familia. A part si tu aimes à te lever pour 6h du mat ou si ta patience est d’or, tu peux faire une croix sur l’idée de t’y poser au grès de tes envies pour la visiter en dilettante. Non, pour le coup, réserve ta visite. Même moi, je m’y suis mise. Peine perdue, c’était complet pour toute la semaine. Je t’épargne ma tirade sur les méfaits du tourisme de masse et des stressés de la vie qui réservent à tout va. En plus des “oh, c’est dommage, cette année elle était enfin finie, l’intérieur était réellement visitable”, impossible de se consoler par des photos. Il y a des échafaudages partout. J’adore les échafaudages. Fuck you all.

L'EIXAMPLE 

Déambuler dans les alentours se veut un exercice charmant, nous on a marché dans l’Eixample, à la recherché de la Casa Valvet, l’un des premiers édifices de Gaudi, transformé en restaurant. Tu peux essayer de rentrer admirer les architectures au culot, mais sache que tu ne seras pas très bien reçu et qu’on te demandera de rester dans l’entrée. N’hésite pas à rentrer dans les passages dérobés, nous on est tombés sur un petit marché couvert bien cool et moins touristique que celui de la Boqueria, on s’est pris des petits jus frais et on a été à deux doigts de s’acheter des plantes carnivores.

EL BARRI GOTIC 

Le but, c’était de rejoindre la Rambla, mais avant il fallait arpenter El barri gotic.
Meilleur quartier de Barcelone à mes yeux, tout n’est que beauté dans ses formes et son cachet. Je te suggère de t’offrir un verre à “Le cercle” (Carrer del arcs, 5), petite terrasse en hauteur qui sent bon la bonne humeur. L’entrée se fait par une cours intérieure pleine de charme, qui abrite également un restaurant et une galerie, mais si tu suis bien mon raisonnement depuis tout à l’heure, tu te doutes de ce qui va suivre, alors entonne la litanie avec moi : “il fallait réserver” !

En tombant sur la cathédrale, il peut toujours te prendre l’envie d’aller la visiter. Etant profondément ancrée dans ma tradition française, j’ai du mal à me dire qu’il faut payer 6€ pour rentrer dans une église, donc je te laisse apprécier ce que je n’ai pas vu, en revanche, je te suggère de te faufiler dans la Carrer del Bisbe Irurita qui regorge de jolies choses à percevoir si tu ouvres l’oeil.

Au hasard des portes cochères et des grillages, tu peux tomber sur des lieux à couper le souffle, d’une volupté incandescente. Moi je me suis pâmée dans la cours intérieure de la Casa del arcadiacono aux faux airs de l’alhambra de Grenade.

Si tu as quelques notions d’espagnol, tu seras vite déstabilisé. Ici, on parle plutot catalan. Plaza ça donne plaça, España ça donne Espanya et nación ça donne nació. Indépendance, indépendance !

MANGER ! 
La petite adresse design : la Rasoterra.

Dans un lieu plutôt cosy au design minimaliste, on cuisine au kilomètre. Carte originale, plutôt orientée bio-végétarienne- slow food, tu peux choisir de commander des plats a la mesure de tes convictions (ou de ton je m’en foutisme) dans un espace agréable et joli, plein de cachet. La cuisine est très bonne. Moi, j’aurais pu y passer largement la journée. Adresse coup de Coeur !

LA RAMBLA 

Au fil de tes pas, tu vas finir par te retrouver sur la Rambla, et si tu te débrouilles bien, tu auras vu entre temps la Plaça Reial.

D’après l’écrivain William Somerset Maugham, la Rambla compta parmi les plus belles avenues du monde.

Le charme est sans doute un peu éteint maintenant qu’il n’y a que des milliers de touristes qui descendent la Rambla au grès des petits marchands d’objets griffés I <3 Barcelona sans cachet. Mais l’agitation est quand même agréable à sentir, et si tu aimes bien les cactus, tu peux en trouver des mignons, moi je m’en suis attifée d’un blanc, en attendant de tomber sur la partie basse de la rue, où tu peux admirer les prouesses maquillages des hommes et femmes pantomimes pour impressionner le touriste.
Sous les années Franco, Eugénie et surement toutes les femmes de son époque, main dans la main, aimaient à se promener en couple, dans des habits élégants, s’éventant lors des grosses chaleurs. Et plus tôt dans le siècle, au London bar (carrer Nou de la Rambla, 34), avaient coutume de venir se poser tranquillement Dali, Picasso, ou encore Hemingway. Et moi, personnellement, je les kiffe tous les trois.

En bas de la Rambla, tu tombes sur la colonne Christophe Colomb, qui abrite également l’office du tourisme de la ville. Pour 4,5€, on te propose de monter voir la vue depuis le panorama de la statue. Naïvement, j’ai dit oui. Mais quelle erreur. Si tu as des tendances plutôt claustrophobes comme moi, tu vas te sentir très mal dans cet ascenseur de l’an 40 grand comme un cercueil où 7 personnes s’entassent gaiment. Arrivée en haut, non, non c’est toujours pas la délivrance. Dans cette superficie très étroite se baladent 4 personnes au mètre carré, tu ne profiteras que très peu du panorama, il fait beaucoup trop chaud, le sol est légèrement en pente, et soyons francs, ça chancelle et ça bouge légèrement. Je n’ai pourtant pas le vertige. Mais j’ai frôlé le malaise vagal.

Une petite balade sur le port s’impose. Mais j’ai rapidement trouvé ça sans intérêt, coincée entre les centres commerciaux et les bateaux amarrés semblables à ceux qu’on pourrait trouver sur le vieux port de Marseille.

LE PARC GUELL 

Nous avons donc migré vers le Parc Guell.
Pour le coucher du soleil, c’est mieux. Les couleurs sont plus chatoyantes.

Alors attention, deux entrées possibles pour le parc Guell. Je te suggère de faire les choses à l’envers. Métro Vallcarca. Il faut marcher un peu, et grimper beaucoup. Heureusement, nature peinture dans la rue comme ça, tu vas trouver des escalators, parfait pour l’économie de souffle et d’eau des grosses chaleurs.

La vue sur Barcelone est plutôt saisissante, et la balade –très- agréable. A ne manquer sous aucun prétexte.
Depuis l’an dernier, la partie la plus jolie a été rendue payante. La polémique a enflé au sein des barcelonais, car désormais, il te faut débourser 8€ et te plier à des horaires d’entrée fixes pour avoir le privilège de visiter les jardins modernistes de Gaudi.
Ce coup-ci je te conseille vivement de faire la queue, si tu tiens à ta jolie photo sur le banc coloré avec les maisons de pain d’épices en contrebas.

C’est un peu le fight car nombreux sont les touristes qui veulent faire de même. Mais avec un peu de patience et d’ingéniosité, tu devrais pouvoir y arriver sans problèmes. Attention, méfie toi du soleil déclinant. L'exposition est telle qu' après 18h, tu peux dire au revoir à la beauté de la lumière.

Ne crois pas que tu arriveras à prendre des photos exemptées de têtes de touristes, c’est peine perdue dans les parties basses. Mais tu peux toujours méditer sur l’esprit de l’homme qui a imaginé tant d’angles alambiqués dans ses constructions, et sur l’éclat des trencadis (ces petits bouts de mosaïque assemblés) catalanes.

Visiter la tour du gardien ne t’apportera pas grand chose, mais tu ne peux que retenir du parc Guell une agréable balade suspendue le temps d’un morceau de féerie.


PETIT POINT DE GASTRONOMIE CATALANE

A Barcelone, on trouve de nombreuses échoppes alimentaires, de la petite cantine indépendante au restaurant avec serveurs affairés, mais globalement, l’art de la table espagnol n’a rien à voir avec le français. L’espagnol prend le repas plus à la légère que le français, et ne s’attable pas très longtemps, car il a prévu de faire la tournée des bars après son repas.

Ici plus que chez nous, le végétarien, a le vent en poupe. (ça m’arrange bien !)

Au niveau des horaires, on a plutôt tendance à manger tard, 14h et 22h étant les pics de fréquentation les plus hauts des restaurants.

Parmi le large choix proposé dans les rues de Barcelone, sont à fuir les “restaurants/cafés” sur les ramblas. En revanche tu peux (et tu dois !) collectionner les petites échoppes cosy, design, dotées d’un concept et d’une esthétique recherchée.

 Evidemment, il faut tenter les incontournables tapas. Parce que les tapas, c’est la vie, même si globalement ça te revient assez cher, et qu’il te faudra plusieurs séances à la salle de sport pour éliminer tout ça, avec un bon verre de sangria, tu te sens le roi du monde. Il y en a pour tous les gouts, au poisson, a la viande, aux légumes, avec ou sans pain, sans oublier les tortillaaas et les patatas bravas, de la tuerie gastronomique.

On te fait plutôt confiance dans le nombre de tapas que tu commandes, et on se dit qu’au nombre de pics que tu rends dans ton assiette, on parvient à deviner le montant de ton addition, appelée quand même en espagnol “la dolorosa”, la douloureuse, il faut le souligner.

Sinon, outre les concepts tapas y montaditos qui font légion à Barcelone, tu peux trouver des plats entiers dans des assiettes (si, si!).

Nous on a souvent observé la formule suivante : Pour dix euros tout ronds, Barcelone la généreuse te sert trois plats.

Le premier plat, une petite entrée.
Le second, une seconde entrée.
Le troisième, un plat de résistance.

Et selon la générosité du lieu, un dessert en prime.  Les quantités ne sont pas immenses, et soyons francs, même si tu as les yeux plus gros que le ventre, tu sais bien que deux plats te suffiraient. Mais la variété est au rendez-vous et parmi les jolies découvertes culinaires de ce séjour, je retiens l’ajoblanco, soupe froide espagnole typique de la région andalouse à base d’amande, de lait, de pain, de vinaigre et d’ail, à cheval entre des saveurs plutôt contradictoires, une vraie curiosité pour les papilles.

Typiquement catalane, cette sauce qui accompagnait souvent les plats : le sofregit. Dans la paella, dans le taboulé, dans le quinoa… Valeur ajoutée +100.

Conclusion : tu rentres en France en ayant pris des kilos, c’est statistique. Mais gustativement parlant, tu t’en es donné à coeur joie.











Bon, c’est la pression, c’est ton dernier jour et tu as l’impression de n’avoir rien vu de Barcelone. Je te rassure, c’est normal. La ville, dans son amplitude, s’affiche tellement éparse qu’il te sera difficile de réellement l’avoir dans ta poche un jour.

Mais il faut essayer.

EL MERCAT DE LA BOQUERIA

Nous on a commencé la journée par une virée au marché de la Boqueria. Bon ok c’est touristique. Ok, t’as envie d’empaler les gens et tu entends beaucoup trop parler français, et moins deux, on te marche quatre fois sur les pieds par quart d’heure. Mais c’est tellement beau ! Cette farandole d’étalages de couleurs, de textures, de saveurs. N’hésite pas à gouter des trucs. Nous, on a embarqué des olives (les olives espagnooooles…) et bien évidemment on s’est pris les jus de fruits, le produit phare de l’année 2014 on dirait bien. De toutes les couleurs, de toutes les saveurs, pour 2 petits euros, tu déambules dans les rues avec ton jus frais à la main. Mure coco, mangue orange, papaye framboise, banane fraise (le meilleur)…

EL RAVAL 

Après, moi j’ai voulu explorer un peu El Raval, le quartier le plus contrasté de la ville.
A commencer par son grand musée d’art contemporain, le MACBA. Neuf, design et élégant, le MACBA honore l’art contemporain sur trois étages.
Parmis les expositions temporaires, j’ai beaucoup aimé :
La Forma Abierta (forme ouverte) d’Oskar Hansen.
La Herencia immaterial (l’héritage immatériel).

Se balader dans les rues d’El Raval c’est un peu se sentir plus ou moins projeté dans la série Un, dos, tres, petits artistes au look travaillé sous la chaleur, jeunes skateurs, et vieux murs, gentil concierge et étudiants en arts qui se cotoient le long des petites rues étroites parfois un peu coupe gorge. L’insécurité, on l’a sentie que là bas, mais en même temps, on y a trouvé les plus jolies devantures de shop et de restos.

Deux petits lieux où poser ses jambes fatiguées :

-       Pintxos Anardi,  carrer del parlament 48
Design épuré,  belles lignes, montaditos chatoyants , une simple photo à l’arrache et tu t’improvises styliste culinaire tant tout est déjà très beau à voir. Le lieu se distingue dans la confection de montaditos sucré-salés.


-       Café cometa, carrer del parlament 20
Dans les moindres détails, depuis les cadres accrochés aux murs, jusque dans la poignée de porte en passant par le revers de la tasse et la couleur de la chaise, tout est fait pour créer une ambiance hautement artistique dans ce petit café –trop- prisé qui ne peut pas te donner envie de le quitter, surtout si tu te sens quelques affinités avec le monde du graphisme.

MONTJUIC 

Après ça, moi j’ai voulu aller voir ce qu’il se passait du côté de Montjuïc. Si tu es téméraire, tu peux prendre le téléphérique qui t’y conduira depuis le ciel, sinon le metro te dépose sur la très belle Plaça d’espanya, depuis laquelle tu peux avoir un beau panorama sur le magnifique Palau Nacional. Petite ascension des marches, pour un bel effet. La nuit, la grande fontaine devient la fontaine lumineuse, et resplendit de mille couleurs. Le palais abrite le musée national d’art catalan, où se cotoient renaissance italienne et modernisme catalan, que je n’ai pu visiter par manque de temps.

Il faut dire que niveau art dans la région de Barcelone, parmi les enfants du pays, on compte quand même du lourd : Antoni Gaudi, Joan Miro, Salvador Dali et Pablo Picasso. Rien que ça.  

Déambuler dans les jardins de Montjuïc n’est qu’une vaste déception. A part croiser la fondation Joan Miro et une roulotte de vente de crêpes, il ne t’arrivera rien de bien et tu te feras ronger la peau par les moustiques. Aucun panorama, beaucoup de déception et de montées interminables. Tu ferais bien de quitter l’endroit par le téléphérique, si tu prévois de passer la soirée sur le port, sinon tu peux observer l’appréhension des passants lorsqu’ils pénètrent l’objet volant identifié.

Mais un peu de curiosité te vaudra une découverte franchement insolite : la piscine municipale de Montjuïc. Bien cachée derrière un grillage opaque et sous ses airs de vieil édifice datant des années franquistes, la piscine plein air de Montjuïc surplombe la ville et t’offre un panorama à couper le souffle. Tu la vois d’ici, la photo que tu aurais pu prendre de toi, suspendue dans le ciel en plongée sur la Sagrada Familia, pour 5,50€ de droit d’entrée… Kylie Minogue avait été moins conne, elle. Elle y avait tourné son clip “slow” en 2003.

Conclusion :  Je te déconseille les jardins de Montjuïc, à part si tu prévois d’aller tester la merveilleuse piscine municipale. Si tu veux du jardin, va faire un tour du côté de la Horta et de son labyrinthe, ou du côté du parc de la Ciutadella que je n’ai pas testés mais qui avaient l’air pittoresques d’après les photos.

LE POBLE SEC 

Pour manger, les rues adjacentes du Poble Sec offrent de larges possibilités. Nous on l’a fait à l’espagnole, on s’est enchainé les bars à tapas, un verre ici et deux tapas par ici, trois verres là et quatre tapas par là,  encore un verre chez lui et deux tapas parce qu’il fait encore faim, et dans le lot, on a retenu la cave à vin/ tapas de Celler del Marino (carrer de Margarit, 54) parce que le personnel était cool, la rue escarpée, les tapas authentiques et la deco vintage.

Pour ta dernière soirée, les possibilités sont multiples. Moi j’ai bavé d’envie d’aller faire un tour au Razzmatazz. Donc, meme si c’est un peu trop excentré, je te suggère d’aller faire un tour au Razzmatazz et de me decrire l’ambiance de fou dans les cinq salles du lieu que j’ai raté, histoire que je maronne bien fort et que ça te fasse bien tripper.

Mais rassure toi, le voyage n’est pas fini, que neni.





C’est le jour où tu fais de la route. Cinq petites heures pour rentrer au bercail. Aller, sur le chemin, on va s’arrêter plein de fois.

FIGUERAS 

Premier arrêt, je te le donne en mile : Figueras.
Pourquoi Figueras ? Parce que tu es fan de Dali. Et que même si en vrai tu détestes Dali, faut quand même aller voir le musée qui lui est consacré, juste par amour de l’absurde.
12€ l’entrée, et ta carte bleue est débitée à l’ancienne, sans besoin d’entrer le code. Moi, j’aime pas trop ça.

A seulement 11h du matin, le musée Dali est déjà surchargé de touristes, dont la plupart ne comprennent rien à l’art et restent totalement dubitatifs devant les facéties de Dali. En même temps, on peut les comprendre. La collection Dali du musée Dali c’est… Fouilli, farfelu, mal éclairé, ça n’a pas de sens, pas de fil conducteur, c’est posé là, comme ça, un peu n’importe comment et on se dit souvent, “mais pourquoi ?”
Certes.
Mais faut aller plus loin, mec. Joue avec ta culture, avec ses codes, réfléchis. Pourquoi un homard sur le téléphone ? Pourquoi des tiroirs dans le ventre de la Venus de Milo ?

Dali plus que tout autre artiste, porte à réfléchir. Provocateur, impulsif et sans queue ni tête, impossible de s’ennuyer devant ses délires picturaux.

Alors pourquoi mec, explique moi pourquoi ton regard bovin de cinquentenaire bedonnant se plante un demi heure devant le tableau que je veux voir, pendant que rien ne t’atteint et que tu penses à autre chose ? Parce que tu t’en fous, si, si, si, ne fais pas genre, tu t’en fous, et à cause de tous les mecs comme toi (et vous êtes nombreux), il faut attendre au bout d’une file de minimum 30 min pour pouvoir monter sur le panorama six secondes prendre une photo de Mae West. A bas le tourisme de masse. A bas les regards bovins et les commentaires affligeants qu’on entend dans toutes les langues.

Néanmoins,

A ne pas manquer dans le musée :  
-       Mae West (mais pour la photo, c’est peine perdue)
-       Leda atomica (oh, Gala complètement à poil !)
-       Le lit dans la foret observable depuis le trou derrière l’oeil droit de Mae West
-       Dali de dos peignant Gala de dos
-       Galatée aux spheres
-       Autoportrait mou avec lard grillé
-       Galarina (oh, Gala encore à poil !)


Ne pas oublier de faire le tour du batiment pour visiter la galerie consacrée aux bijoux de Dali. Multi-tâche, l’homme s’est improvisé designer, orfèvre, ingénieur et technicien, certains de ses bijoux étant articulés. (A ne rater sous aucun prétexte : Le Coeur battant de rubis, spectaculaire petite merveille à admirer.) Dans le genre touche à tout de génie…

DALI SUITE ET FIN

Si tu es un puriste de Dali, ou tout simplement si tu es curieux et que tu as du temps devant toi, tu peux faire un petit crochet de quelques heures vers le littoral pour te retrouver à Cadaquès et à Port Lligat.

Cadaquès c’était le petit village de plaisance, le St Trop des années 30 à 50, qui sous l’influence de Dali, était plutôt fréquemment fréquentée par l’élite intellectuelle de l’époque, comme Picasso, Garcia Lorca, Duchamp, Magritte. Rien que ça.
A deux kilomètres de là, tu tombes sur Port Lligat, un encore plus petit village, où Dali a élu domicile avec Gala dans les années 30. Tu peux visiter sa maison, la casa Dali, mais eh, toi même tu le sais, il faut sans doute réserver.

Bon, moi j’ai pas eu le temps de voir tout ça, mais j’y suis allée quand j’avais 5 ans. Et j’ai plein de photos et il paraît que c’était troooop bien !

SHOPPING A LA FRONTIERE 

Ensuite, tu peux dire adios à l’Espagne en passant par La Jonquera. Alors la Jonquera, c’est Le Perthus, mais côté Espagne. Progressivement, tu vas trouver sur ta route d’abord des maisons closes, avec les putes en train d’essayer de te racoler en plein jour sur le bas côté. Puis des magasins de plantes, d’alcool, et de produits régionaux. Puis ça s’épaissit et ça commence à ressembler à une zone industrielle. Et là des magasins, en veux-tu en voilà, tu vas en trouver. Nous on te conseille de rester select, et de mettre le cap sur la Tortuga, le magasin le plus retiré de l’agglutinement commercial.

La Tortuga c’est comme à côté, mais c’est un peu moins moins cher. Tu peux y trouver du Loreal à moitié prix, du ricard, de la redbull, de la vodka, du whisky soldés, des produits made in Spain et des cartouches de cig à ramener. 

Moi je me suis chargée en… olives. Aux amandes, aux poivrons, au roquefort, sans noyaux, avec noyaux, noires, vertes, rouges, avec des fèves, avec de l’ail, avec des câpres. C’est la folie.

Puis parce qu’il le faut bien, en quelques minutes, tu repasses en territoire français, personne ne te contrôle, la frontière ne possède même plus de douane, pas de péage, rien (contrairement à la côte atlantique). En fait tu peux y passer trois jours sans passeport ni pièce d’identité. Easy. C’est beau, l’espace Shengen.

Et tandis que l’Espagne s’éloigne dans ton dos, tu te sens bien chanceuse, mais tellement frustrée, de t’en être enivrée ces trois derniers jours, et d’avoir mis les pieds dans l’histoire d’une famille qui n’est pas la tienne, mais qui te tenait tant à cœur.

Gracias, Barcelona.
Dans pas longtemps, on remet ça.








Pimp my recyclage

Parce que je crois profondément en les vertus du recyclage (et que je roule pas sur l’or et que c’était les soldes chez Cultura), j’ai raclé mes fonds de tiroirs pour offrir une touche moderne à mon quotidien visuel.

Alors voilà, faire du neuf avec une bourse de pauvre de la vieille matière, c’est easy.
Il te faut :
  • du carton plume noir.
  • des bouts de formes en carton contreplaqué dans le rayon des trucs dont plus personne ne veut soldes, ici des chaises de bureau.
  • de la peinture acrylique si tu veux appliquer un fond uniforme sur tes formes.
  • trois Posca de couleurs différentes.
  • un vieux tableau offert en 2007 par tes copines, plus vraiment au gout du jour le tableau, mais les copines si, c’est pourquoi elles ne s’en apercevront même pas ne se froisseront pas de cet affront que je leur fais.
  • un Koutaro, à comprendre, un cutter. Le mien porte un surnom en souvenir des nombreuses  épreuves vécues ensemble en école d’art lors du péril de la Marie-Louise. 
  • une planche à découper, pour ne pas découper ton bureau, parce que Koutaro, il fait plutôt bien son travail.
  • un Té à dessin, pour tracer et couper des traits bien droits.
  • du scotch double face au cas où au bout de deux semaines tu veuilles de nouveau changer la déco.
La recette est genre très basique, et tient en trois lignes :
Tu prends tes poscas, tu dessines ce que tu veux sur tes chaises en prenant garde à ce qu’il y ait quand même une unité graphique (moi j’ai choisi l’axe géométrique) entre les trois, tu découpes la forme intérieure de ton cadre dans ton carton plume, tu la placardes au fond du cadre et tu scotches tes petites chaises dessus de manière harmonieuse, et tadaaaaa, en moins de deux heures et pour moins de 10€, t’as quelque chose de pas trop dégueu à te mettre sous les yeux dans les périodes les plus funky de ton vague à l’âme. Enjoy.

Corpace Joaillerie Night



Par pur hasard hasardeux, un soir de Novembre,
j'ai fini par me retrouver sur la liste des invités de la soirée de lancement de la toute jeune marque Corpace Joaillerie. 

Sommum du privilège, la présence de Rudy Ricciotti, l'architecte du MUCEM, venu soutenir l'entreprenariat de la région, sur fond de défilé prestige articulé autour du thème des 7 pêchers capitaux.  
Pur instant de luxe et de volupté.

Plus d'information sur la Maison Corpace : http://www.corpacejoaillerie.com/

Ô Toulouse !


Si comme moi tu connais plutôt mal les quatre coins de la France, si tu ne sais pas placer le Tarn et la Picardie sur une carte, et si toi aussi tu offres un sourire d’excuse à celui qui te dit venir de Limoges ou avoir fait ses études à Cahors, nous nous comprenons forcément.
Mais ce n’est pas une fatalité. Ton ignorance, tu peux la soigner, si, si. Des moyens sont possibles en 2014 pour cela. D’ailleurs, l’un d’eux surpasse les autres.
Ce moyen s’appelle la SNCF.
Quelques petites heures en intercités et te voilà gare Mathabiau, aux portes de la cité gasconne. Le nom du département ? Haute Garonne. De la région ? Midi-Pyrénées. Ca y est je me sens déjà un peu plus savante.


Toulouse, c’est une ville étudiante. Tu ne croiseras qu’une minorité de gens matures, la ville appartient aux jeunes, délibérément. Ils sont là pour le prestige des pôles théologiques, économiques mais surtout scientifiques, notamment pour SUPAERO et ENSICA, parce que Toulouse, c’est la vitrine spatiale de la France.
Toulouse c’est une ville riche. Mais genre vraiment. Multitude d’hôtels particuliers, grandes bâtisses, luxueuses façades… Ici plus qu’ailleurs, on y célèbre l’art et la culture. Tu croiseras toujours quelqu’un avec une pochette d’arts appliqués, un étui à violoncelle, un livre d’histoire ou un reflexe canon entre les mains.
On la dit ville rose mais en fait, elle est plutôt orange. Pourquoi cette appellation ? A cause de ses briques, dont l’utilisation fut imposée à partir de la Renaissance, en raison de nombreux incendies ayant défigurés la ville originellement bâtie de bois et de chaume. Mais bon, les briques elles sont oranges et pas roses, alors pourquoi la ville rose ? Mystère rétinien.
Toulouse tire sa richesse successive de ses transports fluviaux, principalement grâce au Canal du midi qui lui permit d’entreprendre le transit de ses pastels (plantes médicinales notamment utilisées comme pigments au moyen âge pour l’introduction de couleurs dans les façades architecturales d’Europe), puis, lors du déclin du pastel au profit de l’émergence de nouvelles couleurs et colorants, du commerce de céréales avec les autres régions de France. Aujourd’hui la ville vit des profits de son élite intellectuelle et estudiantine.
Toulouse, c’est quand même pas très grand. Tu peux donc tout faire à pieds, ce qui constitue un véritable plus pour visiter une ville. Architecturalement parlant, c’est un vrai choc de cultures. Rarement vu autant de mélanges d’influences.
Tu sens la brique rouge caractéristique, le travail de la pierre Renaissance, les colombages médiévaux, l’influence mauresque, à l’époque où l’orientalisme était très en vogue, l’influence basque, très présente, le fer forgé des façades espagnoles/catalanes, et ça et là quelques bouts de rue art déco, pour ceux que je suis capable de reconnaître.
Toulouse c’est un petit Lyon, un Bordeaux non atlantique, un grand Aix-en-Provence, un Montpellier plus sombre.
Petit panorama des choses à voir à Toulouse.

  • Le Capitole :





  • Les quais de la Grave :
Rive gauche, une charmante promenade est aménagée pour les piétons : les quais de la Grave. Mitoyens à l’hôpital St Joseph de la Grave, bel édifice originellement bâti pour officier le Grand renfermement des pauvres (suite à l’afflux de nombreux miséreux à Toulouse, l’Etat les y enfermait pour les soigner, les nourrir et les instruire afin de pouvoir les insérer dans la société), il servit de catharsis pour endiguer l’épidémie de peste du XVIème siècle. Il côtoie aujourd’hui le jardin Raymond IV et offre de beaux spots sympas pour se poser dans l’herbe face aux mini-cascades de la Garonne. Si tu as un peu de chance, un musicien viendra jouer du saxophone près de toi.
Moi j’ai adoré me caler sur les abords sauvage de ce quai, les pieds dans l’herbe et presque dans l’eau, à observer l’agitation paisible de la ville couleurs d’automne, les rayons de soleil de l’été indien, et les cormorans (si, si, je t’assure) sortir des profondeurs de la Garonne. Instant fameux de Dolce Vita.
Vachement plus plaisant que la plus commune et fréquentée prairie des filtres. A mes yeux, en tous cas.

  • Le couvent des Jacobins :
On la repère de loin, l’église des Jacobins. On s’y dirige même tout naturellement, tellement ça titille notre intérêt, ce haut clocher et cette architecture flamboyante gothique méridional. Ce qui frappe en entrant, c’est sa taille. Le plafond culmine à plus de 22m sur une voute étoilée en ogive. Un long pilier dit « palmier » la soutient lourdement et par le biais d’un jeu de miroirs, le visiteur peut mesurer de la profondeur des édifices bâtis au nom de la foi.
Consacrée à St Thomas d’Aquin, dont elle abrite les reliques, l’église des jacobins, autrefois couvent des frères prêcheurs de l’ordre Dominicain, se compose également d’un cloître, de l’ancien réfectoire et d’une chapelle, que tu ne découvriras jamais si tu n’as pas la curiosité de pousser un peu plus loin ta visite de ce qui t’es donné à voir.
Aucune idée d’où se trouve l’accès à tout ça, je les ai tout bonnement ratés. Ce que tu vas forcément rater aussi, c’est le mausolée disparu de St Thomas d’Aquin (qui avait l’air magnifique), mais qui a été défoncé par les affres de la Révolution française.



  • Le cloître des chartreux :
Petite arnaque toulousaine. Tu mets du temps à le chercher, et tu crois ne jamais le trouver, alors que tu viens juste de passer devant. C’est juste que tous les étudiants y ont pris leurs quartiers et s’y sont adossés, aux murs de briques rouges du cloître. Du coup ben, à part si tu aimes bien te lever à 6h du mat, tu ne pourras jamais vraiment l’admirer, ce cloître des chartreux. Ca avait l’air joli, pourtant.

  • Le musée Saint-Raymond :
Le musée des Antiquités de Toulouse regroupe, comme son nom l’indique, les vestiges les plus anciens de la ville sur trois niveaux. Nécropole en sous-sol, une riche collection de sarcophages joliement ornés bâties sur les lieux réels de l’ancienne nécropole (200 ap J-C). Chiragan au premier étage, du nom d’une villa romaine, issue d’un village voisin, dont de nombreux vestiges ont été inhumés, à commencer par la galerie des bustes impériaux, la plus importante en France après celle du Louvre. Tolosa au second niveau, ou l’émergeance des débuts de la cité gasconne, aux carrefours entre les influences romaines, gauloises et celtes.
Le contemporain s’invite cet automne au milieu des vestiges antiques, sous le nom de festival des jardins assymétriques. Cocktail surprenant non dépouvru d’intérêt. Puis si tes pieds te traitent de bourreaux, tu peux toujours t’arrêter prendre un verre à l’ombre des micocouliers, dans le charmant salon de thé intimiste de la cours intérieure du musée.




  • La basilique Saint-Sernin :
Imposante et magnifique basilique de par son architecture extérieure, St Sernin est en fait la plus grande église romane parfaitement conservée d’Europe, et l’exemple parfait du style roman méridional.
Ancien arrêt fréquent pour les pèlerins sur la route de St Jaques de Compostelle qui venaient honorer le martyr St Saturnin dont la foi s’était opposée aux païens, ce qui lui valut d’être trainé au sol par un taureau rue de Taur jusqu’à ce que mort s’en suive, la basilique fut agrandie au fil des siècles, par constructions successives, honorant toujours la mémoire de St Sernin, premier évêque de Toulouse (250 ap JC) où sont actuellement gardées ses reliques.
Uniques en leur genre, sa porte Miègeville, roman flamboyant, ainsi que son clocher octogonal se dressent fièrement sur la place St Sernin où se laissait à voir le cloître, détruit peu après la Révolution française.



  • La chapelle Carmélite :
Petite chapelle bien planquée dans une ruelle étudiante, elle passerait plutôt complètement inaperçue. Mais il faut prendre l’habitude de se faufiler entre les portes ouvertes pour saisir parfois la beauté du monde. Vestige du couvent des Carmélites (religieuses issues de l’Ordre de Carmel), détruit lors de la Révolution française, la chapelle évoque sur ses murs peints d’influence Renaissance l’histoire de l’ordre de Carmel.
L’interêt cette fois-ci c’était le mélange des airs du temps, l’apport d’une œuvre contemporaine entre les murs classiques et le poids de la religion, réalisé par la contribution d’Emilie Faïf au festival Jardins Synthétiques. Clairement, moi j’ai adoré cet endroit, ce moment. L’accueil est chaleureux : on m’a incité à ne pas avoir peur de faire le tour du sanctuaire et on a même baissé les lumières pour que je puisse prendre une photo. O, joie de l’altruïsme !
L’œuvre de plastique s’abaisse et se soulève, volupteuse, poétique, au fil des aléas électriques des ventilateurs, tels un nuage, souple et vaporeux. Grand moment d’art.


  • Les deux percées Haussmaniennes :
 Petite particularité toulousaine : l’absence des grands boulevards haussmaniens, communs pourtant à toutes les grandes villes de France. L’architecture haussmanienne peut s’admirer rue de Metz et rue d’Alsace Lorraine.
  • La rue Pargaminières :
Petite rue piétonnière souvent empruntée qui relie le centre ville au quai de la Garonne. Du chic dans les pavés, du chic dans les bars, les restos et les shops. Beaucoup de charme.
  • La Halle aux Grains :
A l’origine conçue pour accueillir les céréales acheminées par bateau depuis le Canal du midi sous forme de marché couvert, la halle aux grains, stupéfiant édifice hexagonal de briques rouges, transformée dans les années 50 en salle de spectacle, se célèbre aujourd’hui pour son acoustique et tous les concerts qui s’y jouent, du groupe de rock en vogue à l’orchestre national du Capitole.


  • Le Canal du Midi :
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le canal du midi, haut témoins des belles heures du transport fluvial en Europe, se creuse depuis le bras de la Garonne pour rejoindre la Méditerranée, ce qui trace sur les cartes de France un accès direct de l’Atlantique à la Méditerranée, par voie fluviale. A lui tout seul, il constitua la richesse de Toulouse, lui apportant successivement au fil des siècles l’el dorado de son commerce de pastels puis de céréales.
Allées bordées de saules et de platanes, la lumière, filtrée au travers des branches est magnifique aux abords du Canal du Midi. Tu peux t’y promener tranquillement, les lieux sont paisibles. Rayon de soleil, douce brise, bruit du vent dans les arbres… Magnifique en automne.
Le Canal entoure la ville au Nord et à l’Est. Si tu descends à François Verdier, en marchant un peu, tu devrais tomber sur la meilleure partie du Canal, le long du boulevard Monplaisir.
Mais la meilleure option reste sans doute le vélo. Une promenade en vélo le long du Canal du Midi : instant fameux de Dolce Vita. Je plussoie. Moi, je ne m’y suis malheureusement pas attardée. Mais j’aurais du.





  • Le musée Georges Labit :
Petit musée situé en bordure du Canal du midi, la collection Georges Labit se compose d’une multitude d’objets d’arts asiatiques et égyptiens. A l’origine de ses murs neo-mauresques, une volonté orientaliste issue du XIXème siècle de donner à voir à l’ellite occidentale quelques fragments de l’esthétique culturelle extrême orientale. Grand voyageur, ethnologue et passionné d’histoire de l’art, Georges Labit se lance dans une collection qui deviendra l’une des plus belles de France, après celle du musée Guimet de Paris et de l’Asiatica musée de Biarritz.
Boddhisatva, estampes, lion thaï, stuppas, sarcophages, et hiéroglyphes au programme de ce musée plein de charme et de curiosités. Moi, j’ai adoré. Et en plus je me suis fait une pote. Elle s’appelle In-Inmen et elle a 3814 ans. Bon, elle est pas très bavarde…





  • Le jardin des plantes
Elégant jardin tracé le long de plusieurs allées de terre, il constitue une balade agréable et reposante, mitoyen du grand Museum d’histoire naturelle de Toulouse, et de ses serres botaniques d’Henri Gaussen.
Parce que Toulouse aime à célébrer la culture partout, le jardin se jalonne de quelques explications telles que celles de mythes, comme celui du Cyprès, illustrés de manière classique et contemporaine par un artiste peintre, photographe ou illustrateur.

  • Le quartier des Carmes :
Richesse architecturale, petites rues étroites, shops sympas, affluence animée. J’ai adoré m’y ballader. Contempler les façades de l’hotel particulier de Bagis (aussi appelé hotel de pierre)rue Dalbade, passer la tête au travers des portes cochères et oser s’y aventurer le temps d’une photo, pénétrer les petits shops, chercher de quoi se restaurer rue Pharaon… Chaque choix de rue est un bon choix, à toi de te perdre pour mieux te retrouver.


  • Le Pont Neuf :
Le pont neuf, contrairement à ce que son nom indique, est plus le vieux pont de la ville. Alors forcément, c’est un peu lui le pont le plus hype de tous les ponts de Toulouse. Bâti au commencement de 1544 grâce au financement de François Ier lui même, il faut attendre un bon petit siècle pour le voir terminé (eh oui, les guerres de religions sont passées par là). Inauguré par Louis XIV en personne (que des stars à Toulouse…), son génie réside dans l’ajout de dégueuloirs (si, si, ces orifices arondis dans la pierre on appelle ça des dégueuloirs), permettant de résister aux nombreuses crues de la Garonne qui avaient eu raison de tous les ponts précédents.


  • La galerie du Château d’eau :

Entre les murs de l’ancien château d’eau de la ville se tient depuis les années 70, sous les efforts de Jean Dieuzaide son créateur, le premier espace dédié à l’art photographique de France, art qui du attendre de longues années avant d’être reconnu comme majeur dans la culture de l’image.
La galerie expose régulièrement des artistes de renom, tels Doisneau, Brassaï, Cartier Bresson, pour ne citer que les français, célébrés entre beaucoup d’autres par de nombreuses et prestigieuses expositions au cours de l’année. La bibliothèque affiche des recueils photographiques de grande qualité (si toi qui lit ses lignes te sens l’âme bien généreuse et a envie de m’offrir « Filles » de Fabrice Mabillot, je t’en prie, procède, je te vénèrerai) et si tu aimes l’image, tu peux y flâner facilement des heures sans nécessairement t’en rendre compte.
L’exposition de l’automne, c’était « Doisneau/Dieuzaide, une amitié heureuse ». Parce que Dieuzaide et Doisneau étaient de grands amis (bien que l’un ait récolté plus de gloire que l’autre) l’exposition met en corrélation leurs travaux à la même époque, qui ne manquent pas de ressembler, sans que l’un n’ait forcément connaissance des clichés de l’autre.




  • Les Abattoirs :
La FRAC de Toulouse, installée dans les anciens abattoirs de la ville, profite de beaux murs pour afficher ses supports permanents et temporaires aux yeux du public.
Plutôt blasée des FRAC qui ne justifient jusqu’ici jamais du tarif de leurs entrées à mes yeux, je ne me suis, au vue de la programmation automnale, pas aventurée plus loin que la boutique, qui, très bien faite, regorgeant d’ouvrages très variés, m’a amplement suffit et a comblé mes minutes d’art contemporain de qualité.
  • Le Musée des Augustins :
Installé entre les murs gothiques-méridionaux du couvent des augustins depuis déjà deux siècles, le Musée des Beaux Arts de la ville de Toulouse peut se targuer d’être un des plus vieux musées de France, ouvert peu de temps après le Louvre. Au programme de ce lieu riche en merveilles architecturales (ooohhh le cloître, ooooh le jardin, ooooh la petite cour intérieure cachée, ooooh l’église attenante…), une collection permanente essentiellement très classique (sculptures romanes, gothiques, renaissance, tableaux primitifs, renaissance, XVII-XIXème, épigraphie médiévale), beaucoup d’anonymes et là dedans parfois quelques grands noms (comme Ingres, Rodin, Corot, Courbet, Rubens, Toulouse Lautrec, Manet, Delacroix, Vigée-Lebrun, Guardi) ainsi qu’une exposition temporaire (Benjamin Constant : Merveilles et mirages de l’orientalisme, ce coup-ci).
Bon, aller, il faut le dire. Ce serait stupide de repartir de Toulouse sans avoir posé le pied au musée des augustins, d’abord parce que les murs sont magnifiques, puis parce que la collection, bien qu’un peu poussiéreuse car très classique te réserve quelques jolies surprises au détour de l’académisme : moi j’ai adoré les natures mortes de Louise Moillon. Par pur radinisme j’ai raté l’expo temporaire mais l’ai regretté aussitôt car de ce que j’ai pu entre-apercevoir au travers des cloisons les tableaux avaient l’air bien sympas. Bref, tu peux y aller de jour et ramener de très belles photos de l’endroit, ou opter pour la solution j’aime me faire peur la nuit en pénétrant les murs lors des nocturnes du mercredi.




  • La cathédrale Saint-Etienne :
Gros coup de cœur pour ce monument.
La cathédrale St Etienne, malgré ses proportions ne paye pas de mine de l’extérieur, véhiculant quelque chose de plutôt austère dans son architecture massive vaguement romane, vaguement gothique, un peu désordonnée.
Mais ne rate surtout pas l’intérieur. Je n’ai pas les mots pour décrire cette sensation de puissance, de richesse et d’immensité qui se dégage des plafonds de la Cathédrale St Etienne, la plus belle cathédrale qu’il m’ait été donné de voir à ce jour.
Je me suis sentie comme frappée par quelque chose. Non, non, rien de mystique. Mais tout était magnifique. Du gothique, du roman, du baroque, du rococo. Un mélange des genres d’une ampleur immense.
La lumière tamisée filtrée par les vitraux, le bois travaillé, la pierre sculptée, l’écho des couleurs, la finesse des tissus, le gigantisme de l’orgue, des orgues, car il y en a plusieurs, la richesse sculpturale des petites chapelles habillées, les ornements des ferronneries et des stèles, la variété des chaires… Tout est fait pour te faire sentir petit être de poussière face à l’immensité de Dieu/ de ce que peut faire l’humanité au nom de la foi, selon tes croyances.
Je me suis sentie un peu floue, un peu flottante, au sein d’un impressionnant mélange des genres, de lieux, de temps, qui font de cette cathédrale un lieu puissant et insolite.







  • Le quartier des Antiquaires et la rue des Arts :
Sublime petit quartier aux alentours de la cathédrale St Etienne. De petites ruelles étroites jalonnées de flamboyantes demeures architecturalement riches, construites par la noblesse toulousaine. Un panel d’enseignes s’étalant de marques bien connues des galeries Lafayette (Comptoir de famille) jusqu’au petit spécialiste indépendant du baroque italien, tu trouveras de quoi ravir ta curiosité si tant est que tu aimes bien chiner les merveilles de l’univers brocante. Bon, dans les petites échoppes on ne te recevra pas forcément très bien si les largesses de ton compte en banque ne sont pas gravées sur ton front, mais tes yeux te diront que le mépris vaut bien l’orgasme visuel qu’ils sont en train de se prendre.

  • Le musée Paul Dupuy :
Musée des arts décoratifs et graphiques de la ville. N’ai pu le visiter pour cause de mouvement social et syndical. Très, très moyen, tout ça.

  • Basilique de la Daurade :
 Rien de flamboyant ni de très particulier dans cette basilique dite mineure, si ce n’est sa vierge noire. Bon, pourquoi est-elle noire, la Vierge ? Concrètement, on en sait rien. Certains l’associent à la fertilité, de la femme et de la terre (trop cool, le parallèle), vestige subsistant d’un ancien culte païen. On en saura pas plus, mais les gens viennent la prier en grand nombre, la vierge noire. Puis on aime bien l’habiller. Ben oui, parce qu’elle mesure quand même 2m, et que ses vieilles fringues s’effilochaient. Alors on lui a lancé un appel. Mais un appel haute couture, s’il vous plait. Du coup, maintenant, pour le mois de mai, pour le carême, (pour la Noël ?) la vierge noire elle change souvent de robe. Castelbajac, Lacroix… Bon, pas trop dur la vie d’une vierge noire.


  • La fondation Bemberg :
Installée entre les murs de l’hotel d’Assézat, (hôtel particulier érigé au XVIème siècle par Nicolas Bachelier, époque Renaissance, grand architecte toulousain contributeur de nombreuses merveilles du paysage toulousain actuel) la collection privée de Georges Bemberg, (riche diplômé de littérature comparée anglais français de l’académie d’Harvard dont la famille allemande, ayant fait fortune en Argentine dans l’industrie de la bière, lui permit de se poser conquérant dans le marché de l’art, puis de se développer collectionneur et mécène en France, non sans avoir au préalable été compositeur pianiste et romancier tandis que certaines de ses pièces de théâtres se jouent aux Etats-Unis sous les meilleurs hospices de la critique internationale. Bref, un homme éclairé, quoi), se donne à voir sur deux étages.
Introduction à la peinture vénitienne, reconstitutions d’intérieurs Louis XVI, expositions d’objets (mobilier, faïences, boiseries et toutes sortes de curiosités) et galerie de portraits royaux constituent la richesse classique de la collection Bemberg.
Quand à son patrimoine moderne, il s’énonce autours des noms tels que Monet, Pissaro, Boudin, Gauguin, Fantin-Latour, Toulouse Lautrec, Picasso, Degas, Vuillard et Modigliani, ( ça va, quoi !) avec une grande admiration pour le fauvisme en particulier et pour les toiles de Bonnard, dont une trentaine se déploient sous les yeux du visiteur. De nombreuses toiles sont prêtées à l’échelle nationale et internationale pour compléter les expositions temporaires d’envergure et la collection Bemberg s’étoffe au fil des ans, même après la mort de l’homme qui consacra sa vie toute entière à la recherche artistique.
Bref, une collection à voir, donc. Seul petit bémol, l’angoissante interdiction de prendre des photos. Moi, ça me frustre toujours. Place d’Assezat (à mi-chemin entre la Garonne et Esquirol, c’est dur à trouver)


  • La fondation Ecureuil :
Située précisément en plein sur la place du Capitole, la fondation écureuil, siège d’art contemporain après les abattoirs dans la ville, doit ses capitaux à… la caisse d’épargne écureuil. Ce qui ne l’empeche pas d’être un lieu de qualité où s’exposait cette fois ci une artiste de (grande !) qualité : Emilie Faïf.
Beaucoup de poésie et d’imagination dans les œuvres d’Emilie Faïf, le tout saupoudré d’un soucis esthétique qui me rend très réceptive à son travail. Artiste coup de coeur. Très belle découverte.



  •  Le Jardin Japonais
Compas Cafarelli, un joli parc public, avec son jardin japonais attenant. S’y balader c’est venir prendre une dose de sérénité à respirer à pleins poumons. S’y poser pour le repas du midi constitue un luxe d’une volupté assez extraordinaire. Très beau moment de calme et de plénitude. Zen.


Les bonnes adresses 


  • La réserve : petit restaurant aux tarifs très convenables qui empiète sur la rue, dans un joli mouvement de chaises et d’oliviers rétro-éclairés. L’intérieur, très design, donne un effet soigné à ce petit restaurant où les plats le sont également. Tu peux manger dehors, sous les étoiles, ou sous la bienveillance rougeoyante des regards d’E.T et de Goldorak, au choix.  ◆ 8 Rue Jean Suau

  • Au jardin des thés : niché dans un angle de la guillerette place St Georges, venir prendre un thé au Jardin des thés ce n’est pas, comme son nom l’indique, se retrouver dans un jardin pour prendre le thé, mais au cœur d’un très bel établissement richement décoré où se pressent les étudiants à l’heure de sortie des cours. Quand le temps s’y prête, la dégustation se fait en terrasse, sur chaise ou coussin. La carte des thés te noie dans le choix, et tout t’est servi dans un merveilleux petit service baroque aux motifs floraux, rose, boutons de rose & épines. Pour les petites faims, la carte des patisseries est conséquente. Thé aux épices et cheesecake, un instant bonheur.  ◆ 16 Place Saint-Georges

  • Le café des artistes : posés sur la place de la Daurade, au soleil, vue sur la Garonne, on est bien. En plus, on est trop swag : c’est l’un des (si ce n’est pas le) cafés les plus branchés de la ville. ◆ 13 Place de la Daurade



Bref.
Viens poser ton vague à l’âme à Toulouse. Il en ressortira rétrécit.
Le truc à ramener, c’était de la violette. Spécialité de la ville, la violette se décline en thé, liqueur, savon, confit, bonbons et fleurs à croquer aux senteurs paradisiaques. Mais bon, ça coûte un bras, le petit échantillon de violette.
Je n’attendais pas tant de ce séjour. Mais je suis surprise d’en voir autant eu de ta part, petite Toulouse.
Alors merci l’automne, et merci la cité gasconne pour ces quelques jours si lumineux.
Je reviendrai. Parce que j’ai pas fait la cité de l’espace.
Merci Toulouse.



Read More »