8 déc. 2014

London Christmas














Working days in London. Fashion design. Christmas time.

Bon à savoir : si tu veux prendre un bon shoot de Noël pour les fêtes de Noël, sans hésiter, va faire un tour dans un pays anglo-saxon. On prend pas les choses à coeur de la même façon, là-bas. Moi, je crois que je vais vouloir me le refaire chaque année...

Kensington. Notting Hill. Hammersmith. Richmond.

C'était tellement parfait.

Can't wait to be there again.
See you soon, London.


- Le Roofgarden 
We want to partyyyy ! Sur le toit d'un building, comme son nom l'indique. Christmas Party Mascarade. Avec un patio, des gens masqués et des Père-Noël. Le thème change à chaque fois, bien sûr.
99 Kensington High Street, London W8 5SA

- Le BBB
We want to partyyyy ! et en plus on connait le serveur, c'est le coloc. Ambiance Versailles dans du cosy anglais. Du beau monde. Un très beau décor. De la bonne musique. On adore.
45 Ledbury Rd, Notting Hill

- Portobello 
You'll love what you see. Parce que c'est beau, parce que c'est design, parce que c'est hyper agréable comme balade, et que tu en prends plein les yeux. Portobello avec un p comme Parfait.

- Richmond park 
Oh my deer ! En périphérie de la ville, accessible en bus. Vaut franchement le détour. A mi-chemin entre un tableau de Turner et un décor du Seigneur des Anneaux, on se croirait dans l'Angleterre profonde, sauvage, celle des terres reculées. Des biches en liberté circulent en troupeau dans ce parc juste immense. Observables de très près. Nous, ça nous a carrément sciées, impressionnées, boulversées.

- Westfield : 
Shopping time. Genre le Grand littoral, les Terrasses du port, le Forum des halles, et Créteil Soleil c'est rien, à côté du Westfield. A découvrir, c'est renversant.
Ariel Way, London W12 7GF

18 nov. 2014

A mi me gusta Barcelona !






Parce que la ville d’Espagne la plus pavoisée, la plus convoitée, la plus louvoyée, c’est pas Madrid. C’est… Barcelona !

Poser ses valises à Barcelone, c’est relever un défi : celui de se laisser séduire, de s’offrir en deux jours et demi au gouffre sensorial de frénésies qu’est la ville la plus visitée d’Espagne.

BARCELONE, C'EST GRAND

Barcelone, c’est grand.
Plus grand que Paris, plus grand que Rome. (mais moins grand que Berlin).
Il me parait clair que pour saisir l’âme de cette ville, il faut y habiter.
Trois fois que je l’arpente, et je n’ai toujours pas l’impression de la connaitre, je n’ai pas réussi à me l’approprier, comme si Barcelone se voulait insaisissable, farouche, prude et mystérieuse aux yeux du visiteur.

Ici les gens viennent pour la fiesta car Barcelone n’est que havre d’espace et de temps consacré au monde de la nuit.

Mais pour ma part je ne pourrait malheureusement pas te parler de cet aspect là de la ville que je n’ai pas vraiment expérimenté (pourtant ce n’est pas faute de l’avoir voulu).

LE BON MOMENT VS LA MERCE

Si  comme moi tu décides d’y aller en Septembre, je ne saurais que te conseiller sur les dates. Moi j’y ai été quelques jours avant et la frénésie se faisait déjà sentir, mais sache que chaque année, le 24 Septembre et pour une durée de trois jours, c’est la Mercè, la plus grande fête annuelle de Barcelone. La Mercè, c’est la fête de la Vierge. Pourquoi on honore la Vierge à Barcelone ? Parce que naguère, en des temps plus reculés, Barcelone subit une invasion de sauterelles (non mais l’angoisse, quoi). Et que pour s’en dépêtrer, les barcelonais ont prié très fort la Vierge qui leur accorda le départ du fléau insecto-anxiogène. Du coup la Mercè, c’est la grosse teuf.

La ville est en ébullition, de nombreuses scènes sont installées partout, dès le 19 c’est répétition générale, on exhibe de grands personnages aux costumes orientaux (on dirait les rois mages et leurs femmes), et au programme; des bains de foule, des concerts, du théâtre et des spectacles de rue.

Du coup +30% sur le prix des hotels, tout à tendance à être full et les touristes encombrent ta vue de leurs têtes absolument partout. Bon… à toi de voir.
Moi je suis partisane pour l'idée de visiter Barcelone au printemps. Moins de chaleur, moins de touristes. Les mois de Juin et de Mai : le compromis parfait.

DANS L'AMBIANCE 

Mais en attendant, en amont de ta visite, pour la préparer, tu peux te plonger dans les influences suivantes :
-       L’auberge espagnole, ou l’erasmus selon Klapisch
-       Vicky Cristina Barcelona, l’hommage à Barcelone de Woody Allen
-       Le travail d’Antoni Gaudi, ambassadeur catalan de l’Art Nouveau
-       La trame artistique de Salvador Dali, le plus connu et salué des surréalistes

 LE TRAJET 

Pour y aller, c’est plutôt easy : tu trouves du low coast en avion, du low coast en train, du low coast en car. Tout le monde veut poser ses valises à Barcelone.

Au départ de Marseille, je ne saurais que trop te conseiller la voiture. Parce que ce n’est qu’à 5h de route, parce que tu peux te charger en victuailles, alcools et tabac détaxés à la frontière –et aller aux putes éventuellement, si tu es un gros beauf qui me lit- et que monts et merveilles sont à découvrir en chemin.

LE LOGEMENT 

Pour loger, tu n’as que l’embarras du choix. Mais ne fais pas l’erreur de te retrouver loin du centre, la ville est vraiment grande. Nous, on nous a prêté un appart, à deux pas du stade Camp Nou, dans le quartier Les Corts.
Central et bien desservi par les métros, je recommande le quartier qui, bien qu’un peu populaire, se dote d’un charme à l’espagnole des plus romanesques.

Ne doute pas une seule seconde que tu souffriras de la chaleur. Ici c’est caliente, même aux heures de l’été tardif. Ce que tu dépenses en bouteille d’eau s’évapore tout de suite par tes pores. N’en sois pas trop frustré.

Les appartements en Espagne, c’est la gestion de l’espace tout en longueur. Ils s’organisent le long d’un long couloir étroit où il n’est pas gênant que le salon jouxte la salle de bain et les chambres, alors que la cuisine gravite au milieu de tout ce bazar sans logique. La disposition offre beaucoup d’intimité aux pièces tant elles sont petites et même le regard plein d’aprioris, on finit par s’y habituer et même à y trouver du charme.

 BARCELONE & LES TOURISTES 

Mais parlons de l’indomptable Barcelone.
Ici les touristes se pressent en masse sur les ramblas et les parvis des monuments. Tu entendras beaucoup parler français, aussi bien dans la bouche des visiteurs que dans celle des commerçants (et tu ne seras pas toujours fier de tes compatriotes, avouons-le).

Investis dans une carte de métro.
Pour 10,20€,  elle t’offre dix trajets, ce qui n’est relativement pas trop cher quand on connait le cout d’un ticket solo (2,10€).

Quoi que tu fasses, arme toi de patience, il y aura toujours une file de touristes devant toi. Tu peux réserver tes visites en entrant dans le schéma “je nais, je me marie, j’enfante et je programme la date de ma mort” et ainsi te priver de la beauté du monde spontané si tu n’as pas peur de voyager déshumanisé, mais dis-toi bien qu’il y aura forcément des têtes de cons sur tes photos ratées car c’est comme ça en 2014, les gens voyagent, et n’importe quel bourricot se force à se planter devant une toile de Dali qu’il fait semblant d’apprécier pour se dire que sa vie s’est dotée d’une minute culturelle qu’il n’ose pas décrier, critiquer, remettre en question par peur de passer pour un con auprès de son entourage car il est de bon ton de ne pas s’avouer en flagrant déli d’inculture, alors que ses yeux, son dos, la position de ses coudes le crient, qu’il n’en a rien à foutre, de l’art et de la culture. (Sens-tu la frustration dans ces lignes ? Fuck le tourisme de masse.)









Difficile d'enchainer la visite acharnée après les 5h de route + l'heure pour trouver une place où se garer. Alors, on y va plutôt mollo.

LE PASSEIG DE GRACIA 

Nous on a commencé par le Passeig de Gràcia. Quartier branché, quartier d’art et de design, il porte les traces des premiers exploits de Gaudi, comme tu peux l’observer sur les luminaires qui bordent la rue, estampillés de son génie créatif.

Si les grandes enseignes shopping habillent les trottoirs, je te suggère vivement de t’arrêter chez Vinçon. Haut lieu du shopping design de Barcelone, tu peux venir y chiner les nouvelles tendances home et prendre un bain d’originalité. Tout ce qui s’y vend est plutôt frais, ingénieux, et se réparti sur deux étages. Vraie caverne d’ali baba, même si bon, les prix, c’est du solide.

Mais sa renommée, le Passeig de Gràcia le doit à sa Manzana de la Discordia. Trois maisons côte à cote, qui ayant fait beaucoup parler d’elles à l’époque, se posent aujourd’hui en figures de proue du modernisme catalan.

Trois architectes, trois bâtisses modernistes mitoyennes érigées au début du siècle, c’est à qui se distinguera le plus des deux autres. C’est à qui séduira le plus, et décrochera des prix. Pendant des années, c’est la grosse compet. Et cent ans plus tard, l’une d’elle éclipse les deux autres, classée patrimoine mondial de l’UNESCO : la Casa Batllo.

Considérée comme la plus grande réussite architecturale de Gaudi après la Sagrada Familia, la Casa Battlo se pare d’une belle façade art nouveau extrêmement diverse en richesses picturales qui te pousse à te planter longuement devant, comme la plupart des gens au niveau de tes alentours. Si tu t’armes de courage et de patience, tu peux aller visiter l’intérieur, sinon, l’observer finement constitue déjà en soi un spectacle des plus réjouissants.

Sa voisine, la Casa Amatller, se laisse admirer plus humblement, et si tu as la chance de trouver sa porte ouverte, je te suggère de t’y engouffrer pour faire de belles photos.
Les troisièmes murs mitoyens, sont ceux de la casa Lléo Morera, magnifique bâtisse à faux airs gothiques, transfigurée en magasin de luxe pour les besoins de la marque Loewe.

Non loin de là tu devrais trouver la Pedrera se dresser fièrement sur ton chemin. Hôtel particulier construit par Gaudi peu après la Casa Battlo, la Pedrera, dans un style moins alambiqué que sa soeur la Casa Battlo, témoigne à triple reprises du génie créatif de l’homme, que tu pourras constater si tu choisis d’attendre au bout de la file de touristes venus l’admirer.
Bon, moi je l’ai pas visité, puis j’ai trouvé la Pedrera enrobée d’échafaudages. Double frustration.

Si t'es opé pour du shopping là, maintenant, tout de suite, tout au bas du Passeig de Gràcia, Plaça de Catalunya, c'est le début d'une artère jalonnée de petites rues adjacentes où les magasins font loi. El cortinglès, les galeries Lafayette à l'espagnole valent la peine de se faire découvrir, et toutes les enseignes espagnoles de fringues (Zara, Bershka, Mango, Pull and Bear, etc...) sont regroupés par là-bas. Ai-je besoin de mentionner que vu qu'on est en Espagne, les vêtement espagnols, ceux-là, les mêmes que tu trouves dans les mêmes boutiques en France sont moins chères ici ? Razia de vêtements, quoi.
MANGER !

Ce n’est pas les endroits pour manger/boire un verre qui manquent dans le quartier de Gràcia. Tu peux trouver facilement quelques pépites, si tu n’as pas peur de t’engager dans les petites rues. Nous on à cédé aux appels de la chaine basque « Txapela » que j’avais déjà expérimenté à Bilbao l’année dernière. Installés au comptoir, on a trouvé les tapas “montaditos” plutôt bons, et les verres de sangria énormes. Mais  pour le charme et l’authenticité, on repassera. Tout le monde a l’air de plébiciter le Tapas 24. On a voulu tester, mais il y avait trop de monde, il fallait réserver (tiens, cette litanie m’est vaguement familière).














LA SAGRADA FAMILIA  

Evidemment, tu sais que tu ne peux pas partir sans avoir visité la Sagrada Familia. A part si tu aimes à te lever pour 6h du mat ou si ta patience est d’or, tu peux faire une croix sur l’idée de t’y poser au grès de tes envies pour la visiter en dilettante. Non, pour le coup, réserve ta visite. Même moi, je m’y suis mise. Peine perdue, c’était complet pour toute la semaine. Je t’épargne ma tirade sur les méfaits du tourisme de masse et des stressés de la vie qui réservent à tout va. En plus des “oh, c’est dommage, cette année elle était enfin finie, l’intérieur était réellement visitable”, impossible de se consoler par des photos. Il y a des échafaudages partout. J’adore les échafaudages. Fuck you all.

L'EIXAMPLE 

Déambuler dans les alentours se veut un exercice charmant, nous on a marché dans l’Eixample, à la recherché de la Casa Valvet, l’un des premiers édifices de Gaudi, transformé en restaurant. Tu peux essayer de rentrer admirer les architectures au culot, mais sache que tu ne seras pas très bien reçu et qu’on te demandera de rester dans l’entrée. N’hésite pas à rentrer dans les passages dérobés, nous on est tombés sur un petit marché couvert bien cool et moins touristique que celui de la Boqueria, on s’est pris des petits jus frais et on a été à deux doigts de s’acheter des plantes carnivores.

EL BARRI GOTIC 

Le but, c’était de rejoindre la Rambla, mais avant il fallait arpenter El barri gotic.
Meilleur quartier de Barcelone à mes yeux, tout n’est que beauté dans ses formes et son cachet. Je te suggère de t’offrir un verre à “Le cercle” (Carrer del arcs, 5), petite terrasse en hauteur qui sent bon la bonne humeur. L’entrée se fait par une cours intérieure pleine de charme, qui abrite également un restaurant et une galerie, mais si tu suis bien mon raisonnement depuis tout à l’heure, tu te doutes de ce qui va suivre, alors entonne la litanie avec moi : “il fallait réserver” !

En tombant sur la cathédrale, il peut toujours te prendre l’envie d’aller la visiter. Etant profondément ancrée dans ma tradition française, j’ai du mal à me dire qu’il faut payer 6€ pour rentrer dans une église, donc je te laisse apprécier ce que je n’ai pas vu, en revanche, je te suggère de te faufiler dans la Carrer del Bisbe Irurita qui regorge de jolies choses à percevoir si tu ouvres l’oeil.

Au hasard des portes cochères et des grillages, tu peux tomber sur des lieux à couper le souffle, d’une volupté incandescente. Moi je me suis pâmée dans la cours intérieure de la Casa del arcadiacono aux faux airs de l’alhambra de Grenade.

Si tu as quelques notions d’espagnol, tu seras vite déstabilisé. Ici, on parle plutot catalan. Plaza ça donne plaça, España ça donne Espanya et nación ça donne nació. Indépendance, indépendance !

MANGER ! 
La petite adresse design : la Rasoterra.

Dans un lieu plutôt cosy au design minimaliste, on cuisine au kilomètre. Carte originale, plutôt orientée bio-végétarienne- slow food, tu peux choisir de commander des plats a la mesure de tes convictions (ou de ton je m’en foutisme) dans un espace agréable et joli, plein de cachet. La cuisine est très bonne. Moi, j’aurais pu y passer largement la journée. Adresse coup de Coeur !

LA RAMBLA 

Au fil de tes pas, tu vas finir par te retrouver sur la Rambla, et si tu te débrouilles bien, tu auras vu entre temps la Plaça Reial.

D’après l’écrivain William Somerset Maugham, la Rambla compta parmi les plus belles avenues du monde.

Le charme est sans doute un peu éteint maintenant qu’il n’y a que des milliers de touristes qui descendent la Rambla au grès des petits marchands d’objets griffés I <3 Barcelona sans cachet. Mais l’agitation est quand même agréable à sentir, et si tu aimes bien les cactus, tu peux en trouver des mignons, moi je m’en suis attifée d’un blanc, en attendant de tomber sur la partie basse de la rue, où tu peux admirer les prouesses maquillages des hommes et femmes pantomimes pour impressionner le touriste.
Sous les années Franco, Eugénie et surement toutes les femmes de son époque, main dans la main, aimaient à se promener en couple, dans des habits élégants, s’éventant lors des grosses chaleurs. Et plus tôt dans le siècle, au London bar (carrer Nou de la Rambla, 34), avaient coutume de venir se poser tranquillement Dali, Picasso, ou encore Hemingway. Et moi, personnellement, je les kiffe tous les trois.

En bas de la Rambla, tu tombes sur la colonne Christophe Colomb, qui abrite également l’office du tourisme de la ville. Pour 4,5€, on te propose de monter voir la vue depuis le panorama de la statue. Naïvement, j’ai dit oui. Mais quelle erreur. Si tu as des tendances plutôt claustrophobes comme moi, tu vas te sentir très mal dans cet ascenseur de l’an 40 grand comme un cercueil où 7 personnes s’entassent gaiment. Arrivée en haut, non, non c’est toujours pas la délivrance. Dans cette superficie très étroite se baladent 4 personnes au mètre carré, tu ne profiteras que très peu du panorama, il fait beaucoup trop chaud, le sol est légèrement en pente, et soyons francs, ça chancelle et ça bouge légèrement. Je n’ai pourtant pas le vertige. Mais j’ai frôlé le malaise vagal.

Une petite balade sur le port s’impose. Mais j’ai rapidement trouvé ça sans intérêt, coincée entre les centres commerciaux et les bateaux amarrés semblables à ceux qu’on pourrait trouver sur le vieux port de Marseille.

LE PARC GUELL 

Nous avons donc migré vers le Parc Guell.
Pour le coucher du soleil, c’est mieux. Les couleurs sont plus chatoyantes.

Alors attention, deux entrées possibles pour le parc Guell. Je te suggère de faire les choses à l’envers. Métro Vallcarca. Il faut marcher un peu, et grimper beaucoup. Heureusement, nature peinture dans la rue comme ça, tu vas trouver des escalators, parfait pour l’économie de souffle et d’eau des grosses chaleurs.

La vue sur Barcelone est plutôt saisissante, et la balade –très- agréable. A ne manquer sous aucun prétexte.
Depuis l’an dernier, la partie la plus jolie a été rendue payante. La polémique a enflé au sein des barcelonais, car désormais, il te faut débourser 8€ et te plier à des horaires d’entrée fixes pour avoir le privilège de visiter les jardins modernistes de Gaudi.
Ce coup-ci je te conseille vivement de faire la queue, si tu tiens à ta jolie photo sur le banc coloré avec les maisons de pain d’épices en contrebas.

C’est un peu le fight car nombreux sont les touristes qui veulent faire de même. Mais avec un peu de patience et d’ingéniosité, tu devrais pouvoir y arriver sans problèmes. Attention, méfie toi du soleil déclinant. L'exposition est telle qu' après 18h, tu peux dire au revoir à la beauté de la lumière.

Ne crois pas que tu arriveras à prendre des photos exemptées de têtes de touristes, c’est peine perdue dans les parties basses. Mais tu peux toujours méditer sur l’esprit de l’homme qui a imaginé tant d’angles alambiqués dans ses constructions, et sur l’éclat des trencadis (ces petits bouts de mosaïque assemblés) catalanes.

Visiter la tour du gardien ne t’apportera pas grand chose, mais tu ne peux que retenir du parc Guell une agréable balade suspendue le temps d’un morceau de féerie.


PETIT POINT DE GASTRONOMIE CATALANE

A Barcelone, on trouve de nombreuses échoppes alimentaires, de la petite cantine indépendante au restaurant avec serveurs affairés, mais globalement, l’art de la table espagnol n’a rien à voir avec le français. L’espagnol prend le repas plus à la légère que le français, et ne s’attable pas très longtemps, car il a prévu de faire la tournée des bars après son repas.

Ici plus que chez nous, le végétarien, a le vent en poupe. (ça m’arrange bien !)

Au niveau des horaires, on a plutôt tendance à manger tard, 14h et 22h étant les pics de fréquentation les plus hauts des restaurants.

Parmi le large choix proposé dans les rues de Barcelone, sont à fuir les “restaurants/cafés” sur les ramblas. En revanche tu peux (et tu dois !) collectionner les petites échoppes cosy, design, dotées d’un concept et d’une esthétique recherchée.

 Evidemment, il faut tenter les incontournables tapas. Parce que les tapas, c’est la vie, même si globalement ça te revient assez cher, et qu’il te faudra plusieurs séances à la salle de sport pour éliminer tout ça, avec un bon verre de sangria, tu te sens le roi du monde. Il y en a pour tous les gouts, au poisson, a la viande, aux légumes, avec ou sans pain, sans oublier les tortillaaas et les patatas bravas, de la tuerie gastronomique.

On te fait plutôt confiance dans le nombre de tapas que tu commandes, et on se dit qu’au nombre de pics que tu rends dans ton assiette, on parvient à deviner le montant de ton addition, appelée quand même en espagnol “la dolorosa”, la douloureuse, il faut le souligner.

Sinon, outre les concepts tapas y montaditos qui font légion à Barcelone, tu peux trouver des plats entiers dans des assiettes (si, si!).

Nous on a souvent observé la formule suivante : Pour dix euros tout ronds, Barcelone la généreuse te sert trois plats.

Le premier plat, une petite entrée.
Le second, une seconde entrée.
Le troisième, un plat de résistance.

Et selon la générosité du lieu, un dessert en prime.  Les quantités ne sont pas immenses, et soyons francs, même si tu as les yeux plus gros que le ventre, tu sais bien que deux plats te suffiraient. Mais la variété est au rendez-vous et parmi les jolies découvertes culinaires de ce séjour, je retiens l’ajoblanco, soupe froide espagnole typique de la région andalouse à base d’amande, de lait, de pain, de vinaigre et d’ail, à cheval entre des saveurs plutôt contradictoires, une vraie curiosité pour les papilles.

Typiquement catalane, cette sauce qui accompagnait souvent les plats : le sofregit. Dans la paella, dans le taboulé, dans le quinoa… Valeur ajoutée +100.

Conclusion : tu rentres en France en ayant pris des kilos, c’est statistique. Mais gustativement parlant, tu t’en es donné à coeur joie.











Bon, c’est la pression, c’est ton dernier jour et tu as l’impression de n’avoir rien vu de Barcelone. Je te rassure, c’est normal. La ville, dans son amplitude, s’affiche tellement éparse qu’il te sera difficile de réellement l’avoir dans ta poche un jour.

Mais il faut essayer.

EL MERCAT DE LA BOQUERIA

Nous on a commencé la journée par une virée au marché de la Boqueria. Bon ok c’est touristique. Ok, t’as envie d’empaler les gens et tu entends beaucoup trop parler français, et moins deux, on te marche quatre fois sur les pieds par quart d’heure. Mais c’est tellement beau ! Cette farandole d’étalages de couleurs, de textures, de saveurs. N’hésite pas à gouter des trucs. Nous, on a embarqué des olives (les olives espagnooooles…) et bien évidemment on s’est pris les jus de fruits, le produit phare de l’année 2014 on dirait bien. De toutes les couleurs, de toutes les saveurs, pour 2 petits euros, tu déambules dans les rues avec ton jus frais à la main. Mure coco, mangue orange, papaye framboise, banane fraise (le meilleur)…

EL RAVAL 

Après, moi j’ai voulu explorer un peu El Raval, le quartier le plus contrasté de la ville.
A commencer par son grand musée d’art contemporain, le MACBA. Neuf, design et élégant, le MACBA honore l’art contemporain sur trois étages.
Parmis les expositions temporaires, j’ai beaucoup aimé :
La Forma Abierta (forme ouverte) d’Oskar Hansen.
La Herencia immaterial (l’héritage immatériel).

Se balader dans les rues d’El Raval c’est un peu se sentir plus ou moins projeté dans la série Un, dos, tres, petits artistes au look travaillé sous la chaleur, jeunes skateurs, et vieux murs, gentil concierge et étudiants en arts qui se cotoient le long des petites rues étroites parfois un peu coupe gorge. L’insécurité, on l’a sentie que là bas, mais en même temps, on y a trouvé les plus jolies devantures de shop et de restos.

Deux petits lieux où poser ses jambes fatiguées :

-       Pintxos Anardi,  carrer del parlament 48
Design épuré,  belles lignes, montaditos chatoyants , une simple photo à l’arrache et tu t’improvises styliste culinaire tant tout est déjà très beau à voir. Le lieu se distingue dans la confection de montaditos sucré-salés.


-       Café cometa, carrer del parlament 20
Dans les moindres détails, depuis les cadres accrochés aux murs, jusque dans la poignée de porte en passant par le revers de la tasse et la couleur de la chaise, tout est fait pour créer une ambiance hautement artistique dans ce petit café –trop- prisé qui ne peut pas te donner envie de le quitter, surtout si tu te sens quelques affinités avec le monde du graphisme.

MONTJUIC 

Après ça, moi j’ai voulu aller voir ce qu’il se passait du côté de Montjuïc. Si tu es téméraire, tu peux prendre le téléphérique qui t’y conduira depuis le ciel, sinon le metro te dépose sur la très belle Plaça d’espanya, depuis laquelle tu peux avoir un beau panorama sur le magnifique Palau Nacional. Petite ascension des marches, pour un bel effet. La nuit, la grande fontaine devient la fontaine lumineuse, et resplendit de mille couleurs. Le palais abrite le musée national d’art catalan, où se cotoient renaissance italienne et modernisme catalan, que je n’ai pu visiter par manque de temps.

Il faut dire que niveau art dans la région de Barcelone, parmi les enfants du pays, on compte quand même du lourd : Antoni Gaudi, Joan Miro, Salvador Dali et Pablo Picasso. Rien que ça.  

Déambuler dans les jardins de Montjuïc n’est qu’une vaste déception. A part croiser la fondation Joan Miro et une roulotte de vente de crêpes, il ne t’arrivera rien de bien et tu te feras ronger la peau par les moustiques. Aucun panorama, beaucoup de déception et de montées interminables. Tu ferais bien de quitter l’endroit par le téléphérique, si tu prévois de passer la soirée sur le port, sinon tu peux observer l’appréhension des passants lorsqu’ils pénètrent l’objet volant identifié.

Mais un peu de curiosité te vaudra une découverte franchement insolite : la piscine municipale de Montjuïc. Bien cachée derrière un grillage opaque et sous ses airs de vieil édifice datant des années franquistes, la piscine plein air de Montjuïc surplombe la ville et t’offre un panorama à couper le souffle. Tu la vois d’ici, la photo que tu aurais pu prendre de toi, suspendue dans le ciel en plongée sur la Sagrada Familia, pour 5,50€ de droit d’entrée… Kylie Minogue avait été moins conne, elle. Elle y avait tourné son clip “slow” en 2003.

Conclusion :  Je te déconseille les jardins de Montjuïc, à part si tu prévois d’aller tester la merveilleuse piscine municipale. Si tu veux du jardin, va faire un tour du côté de la Horta et de son labyrinthe, ou du côté du parc de la Ciutadella que je n’ai pas testés mais qui avaient l’air pittoresques d’après les photos.

LE POBLE SEC 

Pour manger, les rues adjacentes du Poble Sec offrent de larges possibilités. Nous on l’a fait à l’espagnole, on s’est enchainé les bars à tapas, un verre ici et deux tapas par ici, trois verres là et quatre tapas par là,  encore un verre chez lui et deux tapas parce qu’il fait encore faim, et dans le lot, on a retenu la cave à vin/ tapas de Celler del Marino (carrer de Margarit, 54) parce que le personnel était cool, la rue escarpée, les tapas authentiques et la deco vintage.

Pour ta dernière soirée, les possibilités sont multiples. Moi j’ai bavé d’envie d’aller faire un tour au Razzmatazz. Donc, meme si c’est un peu trop excentré, je te suggère d’aller faire un tour au Razzmatazz et de me decrire l’ambiance de fou dans les cinq salles du lieu que j’ai raté, histoire que je maronne bien fort et que ça te fasse bien tripper.

Mais rassure toi, le voyage n’est pas fini, que neni.





C’est le jour où tu fais de la route. Cinq petites heures pour rentrer au bercail. Aller, sur le chemin, on va s’arrêter plein de fois.

FIGUERAS 

Premier arrêt, je te le donne en mile : Figueras.
Pourquoi Figueras ? Parce que tu es fan de Dali. Et que même si en vrai tu détestes Dali, faut quand même aller voir le musée qui lui est consacré, juste par amour de l’absurde.
12€ l’entrée, et ta carte bleue est débitée à l’ancienne, sans besoin d’entrer le code. Moi, j’aime pas trop ça.

A seulement 11h du matin, le musée Dali est déjà surchargé de touristes, dont la plupart ne comprennent rien à l’art et restent totalement dubitatifs devant les facéties de Dali. En même temps, on peut les comprendre. La collection Dali du musée Dali c’est… Fouilli, farfelu, mal éclairé, ça n’a pas de sens, pas de fil conducteur, c’est posé là, comme ça, un peu n’importe comment et on se dit souvent, “mais pourquoi ?”
Certes.
Mais faut aller plus loin, mec. Joue avec ta culture, avec ses codes, réfléchis. Pourquoi un homard sur le téléphone ? Pourquoi des tiroirs dans le ventre de la Venus de Milo ?

Dali plus que tout autre artiste, porte à réfléchir. Provocateur, impulsif et sans queue ni tête, impossible de s’ennuyer devant ses délires picturaux.

Alors pourquoi mec, explique moi pourquoi ton regard bovin de cinquentenaire bedonnant se plante un demi heure devant le tableau que je veux voir, pendant que rien ne t’atteint et que tu penses à autre chose ? Parce que tu t’en fous, si, si, si, ne fais pas genre, tu t’en fous, et à cause de tous les mecs comme toi (et vous êtes nombreux), il faut attendre au bout d’une file de minimum 30 min pour pouvoir monter sur le panorama six secondes prendre une photo de Mae West. A bas le tourisme de masse. A bas les regards bovins et les commentaires affligeants qu’on entend dans toutes les langues.

Néanmoins,

A ne pas manquer dans le musée :  
-       Mae West (mais pour la photo, c’est peine perdue)
-       Leda atomica (oh, Gala complètement à poil !)
-       Le lit dans la foret observable depuis le trou derrière l’oeil droit de Mae West
-       Dali de dos peignant Gala de dos
-       Galatée aux spheres
-       Autoportrait mou avec lard grillé
-       Galarina (oh, Gala encore à poil !)


Ne pas oublier de faire le tour du batiment pour visiter la galerie consacrée aux bijoux de Dali. Multi-tâche, l’homme s’est improvisé designer, orfèvre, ingénieur et technicien, certains de ses bijoux étant articulés. (A ne rater sous aucun prétexte : Le Coeur battant de rubis, spectaculaire petite merveille à admirer.) Dans le genre touche à tout de génie…

DALI SUITE ET FIN

Si tu es un puriste de Dali, ou tout simplement si tu es curieux et que tu as du temps devant toi, tu peux faire un petit crochet de quelques heures vers le littoral pour te retrouver à Cadaquès et à Port Lligat.

Cadaquès c’était le petit village de plaisance, le St Trop des années 30 à 50, qui sous l’influence de Dali, était plutôt fréquemment fréquentée par l’élite intellectuelle de l’époque, comme Picasso, Garcia Lorca, Duchamp, Magritte. Rien que ça.
A deux kilomètres de là, tu tombes sur Port Lligat, un encore plus petit village, où Dali a élu domicile avec Gala dans les années 30. Tu peux visiter sa maison, la casa Dali, mais eh, toi même tu le sais, il faut sans doute réserver.

Bon, moi j’ai pas eu le temps de voir tout ça, mais j’y suis allée quand j’avais 5 ans. Et j’ai plein de photos et il paraît que c’était troooop bien !

SHOPPING A LA FRONTIERE 

Ensuite, tu peux dire adios à l’Espagne en passant par La Jonquera. Alors la Jonquera, c’est Le Perthus, mais côté Espagne. Progressivement, tu vas trouver sur ta route d’abord des maisons closes, avec les putes en train d’essayer de te racoler en plein jour sur le bas côté. Puis des magasins de plantes, d’alcool, et de produits régionaux. Puis ça s’épaissit et ça commence à ressembler à une zone industrielle. Et là des magasins, en veux-tu en voilà, tu vas en trouver. Nous on te conseille de rester select, et de mettre le cap sur la Tortuga, le magasin le plus retiré de l’agglutinement commercial.

La Tortuga c’est comme à côté, mais c’est un peu moins moins cher. Tu peux y trouver du Loreal à moitié prix, du ricard, de la redbull, de la vodka, du whisky soldés, des produits made in Spain et des cartouches de cig à ramener. 

Moi je me suis chargée en… olives. Aux amandes, aux poivrons, au roquefort, sans noyaux, avec noyaux, noires, vertes, rouges, avec des fèves, avec de l’ail, avec des câpres. C’est la folie.

Puis parce qu’il le faut bien, en quelques minutes, tu repasses en territoire français, personne ne te contrôle, la frontière ne possède même plus de douane, pas de péage, rien (contrairement à la côte atlantique). En fait tu peux y passer trois jours sans passeport ni pièce d’identité. Easy. C’est beau, l’espace Shengen.

Et tandis que l’Espagne s’éloigne dans ton dos, tu te sens bien chanceuse, mais tellement frustrée, de t’en être enivrée ces trois derniers jours, et d’avoir mis les pieds dans l’histoire d’une famille qui n’est pas la tienne, mais qui te tenait tant à cœur.

Gracias, Barcelona.
Dans pas longtemps, on remet ça.








Pimp my recyclage

Parce que je crois profondément en les vertus du recyclage (et que je roule pas sur l’or et que c’était les soldes chez Cultura), j’ai raclé mes fonds de tiroirs pour offrir une touche moderne à mon quotidien visuel.

Alors voilà, faire du neuf avec une bourse de pauvre de la vieille matière, c’est easy.
Il te faut :
  • du carton plume noir.
  • des bouts de formes en carton contreplaqué dans le rayon des trucs dont plus personne ne veut soldes, ici des chaises de bureau.
  • de la peinture acrylique si tu veux appliquer un fond uniforme sur tes formes.
  • trois Posca de couleurs différentes.
  • un vieux tableau offert en 2007 par tes copines, plus vraiment au gout du jour le tableau, mais les copines si, c’est pourquoi elles ne s’en apercevront même pas ne se froisseront pas de cet affront que je leur fais.
  • un Koutaro, à comprendre, un cutter. Le mien porte un surnom en souvenir des nombreuses  épreuves vécues ensemble en école d’art lors du péril de la Marie-Louise. 
  • une planche à découper, pour ne pas découper ton bureau, parce que Koutaro, il fait plutôt bien son travail.
  • un Té à dessin, pour tracer et couper des traits bien droits.
  • du scotch double face au cas où au bout de deux semaines tu veuilles de nouveau changer la déco.
La recette est genre très basique, et tient en trois lignes :
Tu prends tes poscas, tu dessines ce que tu veux sur tes chaises en prenant garde à ce qu’il y ait quand même une unité graphique (moi j’ai choisi l’axe géométrique) entre les trois, tu découpes la forme intérieure de ton cadre dans ton carton plume, tu la placardes au fond du cadre et tu scotches tes petites chaises dessus de manière harmonieuse, et tadaaaaa, en moins de deux heures et pour moins de 10€, t’as quelque chose de pas trop dégueu à te mettre sous les yeux dans les périodes les plus funky de ton vague à l’âme. Enjoy.
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